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La protection contre la grêle du vignoble bordelais est jugée insuffisante

Vendredi 31 juillet 2015 par Alexandre Abellan

La protection contre la grêle du vignoble bordelais est jugée insuffisante

Dans leur répartition actuelle, les 110 générateurs anti-grêle de GIronde ne permettraient pas une protection optimale du vignoble bordelais. Présentée il y a un mois au sein de la Chambre d’Agriculture, il s’agit de la principale conclusion de l’audit financé par le Conseil Général de Gironde, le Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux et la Région Aquitaine. Les experts relèvent à la fois des zones surprotégées et d’autres à découvert. « Ce rapport n’a pas été voulu pour tester l’efficacité de la technique elle-même, mais pour juger des forces et faiblesse du dispositif tel qu’il est aujourd’hui. Et l’audit montre des faiblesses » résume Bernard Farges, le président du CIVB. « Essentiellement le fruit de personnes volontaires et bénévoles (qui ne sont pas remises en cause dans leur implication), ce maillage délaisse des zones qui mériteraient d’être couvertes. »

Le quart sud-ouest du département apparaît être en sous-effectif, avec des trous de couverture à proximité du bassin d’Arcachon et des Landes (qui présentent les zones d’entrée des orages). L’amélioration de la protection de l’ensemble du vignoble pourrait passer par la mise en place de générateurs automatisés car les lacunes concernent des zones rurales peu habitées. Cette piste n’est pas à privilégier pour Claude Berthet, la directrice de l'Association Nationale d'Etude et de Lutte contre les Fléaux Atmosphériques (ANELFA). Partisane des générateurs manuels pour l’ensemencement d'iodure d’argent, elle explique que « l’automatisation ne doit être privilégiée que s’il n’y a pas d’autre solution. Elle présente les défauts de déresponsabiliser les membres du réseau et d’être bien plus coûteuse. »

Si à Bordeaux le coût d’entretien annuel du réseau de 110 générateurs manuels est estimé à 220 000 euros (pour 18 alertes en moyenne), celui automatique de Saragosse (Espagne) serait en effet son double, pour trois fois moins d’appareils. La question du coût n’est pas négligeable au vu des difficultés chroniques de financement de l’association bordelaise  (l’ADELFA 33). Son président en a appelé au financement des syndicats viticoles (actuellement absents de l'ADLEFA 33), leur proposant une cotisation d'un euro par hectare protégé. La position de la filière sur la question n'est pas encore arrêtée, les représentants du vignoble s’étant donné le temps de la réflexion avec cet audit.

« Il faut que les financiers se mettent autour de la table et se positionnent » conclut Bernard Farges, qui souligne que « la protection à 100 % du vignoble n’existe pas. Les générateurs anti-grêle doivent être complétés par l’assurance récolte » (cliquer ici pour en savoir plus sur le contrat socle, qui sera disponible à la rentrée 2015). Il précise que la participation de la filière viticole à la stratégie de l’ADELFA 33 sera indissociable de toute participation financière.

 

 

(Illustration : Carte du réseau girondin de générateurs anti-grêle ; ANELFA)

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