Accueil / Commerce/Gestion / Beaujolais : face aux transactions poussives, la méthode coué

Beaujolais : face aux transactions poussives, la méthode coué

Par D.B. Le 31 mars 2015
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Beaujolais : face aux transactions poussives, la méthode coué
L

es marchés semblent en panne en Beaujolais. La situation est telle que les organisations de la production et du négoce ont publié une tribune commune. Un fait exceptionnel.

Intitulée « une relative stabilité des marchés qui doit s’inscrire dans le temps », cette tribune est parue mi-mars dans la lettre électronique que l’Union des vignerons du Beaujolais adresse à ses adhérents. Elle est signée des deux ODG (beaujolais, beaujolais villages et crus), la fédération des négociants-éleveurs de grande Bourgogne (FNEB) et l’Union des maisons des vins Beaujolais Mâconnais (UMVBM). Elle enjoint les producteurs à ne pas paniquer car « des marchés avals seront sans doute plus dynamiques » dans les mois à venir.

Cette tribune intervient alors que la campagne de vente en vrac des vins de garde du Beaujolais débute plus que mollement. Les beaujolais se vendent autour de 155 €/hl et les beaujolais villages autour de 172 €/hl, contre respectivement 172 €/hl et 197 €/hl à la même époque l’an dernier. Surtout, les volumes échangés sont extrêmement faibles : 25 000 hl en total cumulé pour les deux appellations à fin février alors que l’an dernier à la même époque, 88000 hl s’étaient échangés.

La situation des crus est à peine plus florissante : les cours sont en retrait de 10 à 30 €/hl par rapport au millésime 2013 selon les appellations, et des échanges, là aussi, en recul.

« Il nous a paru normal que les opérateurs aient une vision claire de la situation, justifie Xavier Barbet de la Maison Loron adhérant de l’Union des maisons des vins Beaujolais Mâconnais. Après les années 2012 et 2013 de faibles récoltes, le disponible négoce est faible. Par ailleurs, la baisse de l’euro par rapport au dollar va favoriser les marchés anglais et américains. »

Une vision partagée par Sébastien Coquard, le président de l’ODG des beaujolais et des beaujolais-villages. « Avec 340 000 hl, le volume disponible est supérieur d’à peine 20 000 hl par rapport à l’an dernier, qui fut une année à faible rendement. Nous voulions intervenir face à une profession qui reste désorganisée avec 803 opérateurs enregistrés. Il est évident que ceux qui n’ont pas vendu tous leurs primeurs sont tentés de négocier à 120 €/hl comme on le voit dans certains contrats. »

Néanmoins, certains négociants n’ont pas vu la publication du texte d’un bon œil. « Le disponible à la propriété est faible, mais le disponible négoce est important, note un opérateur. Pour une raison simple : on paie 2012 et surtout 2013, où l’on a vu les volumes baisser de 25 %, les prix augmenter de 25 % et les marchés perdre 25 %. Aujourd’hui, il va être très difficile de reconquérir ces parts perdues face à des vins de cépages qualitatifs et peu chers. La baisse de l’euro va nous aider sur le marché américain, mais pas en France. »

 

 

Crédit photo : http://pixabay.com/

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé