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Stéphane Oudar : « nos bordeaux ne sont pas en Chine pour s'entasser dans des entrepôts »

Par Alexandre Abellan Le 05 mars 2015
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Stéphane Oudar : « nos bordeaux ne sont pas en Chine pour s'entasser dans des entrepôts »
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égoce familial, la maison Bouey s'enorgueillit d'une croissance de 5 % de son chiffre d’affaires sur l'année 2014, atteignant 35 millions d’euros (à 55 % réalisé à l'export). Cette performance va à contre-courant de l'ensemble de la place de Bordeaux, dont les marchés semblent atones après un millésime 2013 délicat à travailler et le repli de marchés clés (Chine évidemment, mais également Royaume-Uni). Ce n'est pas sans satisfaction que le directeur marketing de la maison Bouey, Stéphane Oudar (photo), souligne le développement continu sur le marché chinois, sa première destination export. « Depuis le début de notre présence en Chine, nous nous sommes appuyés sur des partenaires proposant de solides structures de distribution » explique-t-il. Précisant que les taux de croissance n'y sont plus exponentiels, il souligne qu'« il faut s'assurer que les vins que l'on vend au distributeur soient bien vendus aux consommateurs. Nous ne sommes pas là pour entasser des vins dans des entrepôts de stockage.... »

Et pour optimiser le pilotage du grand export, il n'y a pas de secret : rien ne vaut l'implantation de représentants locaux, pour ressentir et animer un marché. La maison Bouey dispose ainsi de deux ambassadeurs en Chine (à Pékin et Shanghai), ainsi qu'aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni. Avec la volonté d'être sur tous les fronts, ce négoce n'abandonne pas les marchés incertains, comme la Russie qui fait actuellement face à des risques géopolitiques (la crise en Ukraine) et économiques (la dévaluation du rouble). « Pour l'instant, le marché est en attente » rapporte Stéphane Oudar, « mais la consommation ne faiblit pas pour autant, c'est un problème ponctuel qui dépasse le marché du vin. Il faut mouiller la chemise pour se mettre en situation de développement sur le long terme. »

Premier marché du négoce Bouey, la France se résume à la grande distribution (90 % des ventes domestiques), avec un pic d'activité sur les foires aux vins (la moitié des commercialisations). Pour sortir de la bataille des prix, le négociant mise sur des concepts différenciants : cuvée ''La Vache'' en Bordeaux rosé, gamme des Parcelles signée par le consultant Stéphane Derenoncourt... « Pour s'approprier un territoire disputé, il faut sortir des clichés de Bordeaux et ses châteaux, proposer autre chose que du rouge et parler de terroirs. Des vins de marque dans un esprit » résume Stéphane Oudar. Maison familiale dirigée depuis 1991 par Patrick Bouey (petit-fils du fondateur Roger Bouey), le négoce Bouey possède deux crus bourgeois dans le nord Médoc (châteaux Maison Blanche et Lestruelle).

 

 

[Photo : Maison Bouey]

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