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Sima 2011
Isobus : enfin des solutions concr?tes !

Par Juliette Cassagnes Le 10 février 2011
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Isobus : enfin des solutions concr?tes !
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e nombreux constructeurs proposent la norme internationale de communication ? Isobus ? sur leurs derniers mat?riels. Celle-ci permet un ?change d?informations ? double sens entre deux machines, tracteur et outil par exemple, devenues compatibles entre elles. L?Isobus permet une optimisation de leur utilisation qui aboutit ? une plus grande pr?cision des travaux. Exemples concrets sur les mat?riels prim?s au Sima 2011.
L’une des tendances fortes cette année au Sima est le développement des systèmes de communications Bus Can ou « Isobus ». Pas moins de six matériels utilisant cette technologie ont en effet été récompensés dans le cadre du concours « Sima innovation awards », dont deux médailles d’or et deux médailles d’argent. « Ces premières réalisations sont bien dans l’esprit de la normalisation de l’Isobus de communication, entre machines indifférenciées, qu’elles soient motrices ou outils», précise Jean-Bernard Montalescot, conseiller technologique du Sima.« Communiquer dans les deux sens »

Généralement, ce système de communication est utilisé entre un tracteur et l’outil qui lui est attelé ou tracté, mais il peut également l’être entre un tracteur et une autre machine motrice. Le constructeur Case IH a par exemple été récompensé d’une médaille d’or pour son système de « synchronisation de conduite entre un tracteur muni de sa remorque et une automotrice de récolte ». Le système d’information à double sens Isobus permet aux deux engins de circuler côte à côte, leur vitesse d’avancement et leur direction étant pilotées pour la première fois par la machine. Le fabricant John Deere, également récompensé d’une médaille d’or, a utilisé l’Isobus entre le tracteur et une presse : il permet à celle-ci de déclencher automatiquement et au moment voulu diverses actions répétitives telles que l’immobilisation du tracteur, le liage de la balle et l’éjection de celle-ci. « Pour la première fois, la notion de tracteur prédominant dans les commandes des outils attelés est mise à mal, commente Jean-Bernard Montalescot. Il s’agit de communiquer dans les deux sens et pour la première fois c’est bien l’outil qui décide de l’arrêt du tracteur, de son mode d’enroulage-liage, de l’éjection de la balle et qui donne l’ordre automatique au tracteur de repartir… ». 


Les matériels agricoles communiquent entre eux grâce à une liaison de type Isobus (© Isagri)

Un autre exemple, en viticulture : Same Deutz Fahr commercialisera prochainement un « système intégré de gestion pour la viticulture de précision ». Les composants du système Isobus, terminal virtuel et contrôleur de tâches notamment, ont été embarqués sur le tracteur viticole, permettant ainsi une action modulée de tous les outils dotés du système de communication Isobus. L’une des applications concrètes actuellement proposée par le constructeur et pour laquelle il a été récompensé d’une « citation » au Sima, concerne l’effeuillage. La première étape consiste à disposer de cartographies de la vigueur de sa parcelle avec l’identification de plusieurs zones de densité homogènes. Ces cartes sont transférées sur le terminal du tracteur, également équipé d’un système Gps. Au fur et à mesure de l’avancée du tracteur, l’effeuilleuse, montée à l’avant du tracteur et reliée par connexion Isobus au tracteur, règle sa vitesse d’effeuillage en fonction des informations enregistrées sur la carte et des zones de densité. L'utilisation d'une connexion Isobus entre deux matériels apporte donc une grande précision dans ses travaux, en les automatisant, avec à la clé, des économies de fioul, de temps, d’intrants, ou encore moins de pertes de produits, d'où une productivité accrue et une meilleure qualité des travaux réalisés.

Collecter toutes les données machines

Outre des prises normalisées Isobus, l’utilisateur doit aussi s’équiper d’un boitier monté dans la cabine du tracteur pour assurer la liaison entre les deux appareils. La société d’informatique agricole Isagri, qui a également été récompensée d’une médaille d’argent au Sima, propose un nouvel ordinateur embarqué, baptisé « Isa360 ». Il intègre sur un même boitier les applications de gestion parcellaire, prévision météo, guidage du tracteur et le pilotage des outils Isobus, remplaçant de fait les autres boitiers Isobus, « évitant au chauffeur la multiplication des écrans dans la cabine ». Une fois connecté via Isobus aux outils: épandeur, pulvérisateur, etc, l’ordinateur de bord permet de les piloter en ouvrant leur logiciel directement dans l’interface. L’application Isobus a donc également une utilité en aval des travaux, puisqu’il permet de collecter toutes les données machines (durée d’intervention, consommation de carburant, quantités épandues, lignes de guidage empruntées par le tracteur, etc.) utiles aux résultats technico-économiques du système d’informations central.

Isobus, « késako » ? 

Selon Wikipédia, Le « bus Can » (Controller Area Network) est une application qui consiste à raccorder à un même câble, ou « bus », un grand nombre de calculateurs qui communiquent à tour de rôle. Cette technique élimine le besoin de câbler des lignes dédiées pour chaque information à faire transiter (connexion point-à-point). Dès qu'un système (voiture, avion, réseau téléphonique…) atteint un certain niveau de complexité, l'approche point-à-point devient impossible du fait de l'immense quantité de câblage à installer et de son coût (en masse, matériaux, main d'œuvre) ». Pour utiliser ce « bus Can » de la même façon, les constructeurs de matériels agricoles ont donc dû définir une norme commune, baptisée norme « Iso 11783 ». « Celle-ci permet de décrire les données et de définir comment on les fait passer dans ce câble, le vecteur de l’information », explique Charles-Henry Colin, responsable R&D chez Satplan (Isagri). Cette norme de communication, démarrée en 1990, est donc le fruit d’un consortium entre les principaux constructeurs et qui l’ont fait évoluer depuis cette date. Aujourd’hui, elle permet « l’échange de données entre l’outil et le tracteur afin d’adapter leurs conditions de travail, sans intervention de l’utilisateur ».

Les outils agréés de la norme Isobus sont donc tous compatibles entre eux quelque soit la marque : « Avec l’Isobus, il n’y a plus de problème de compatibilité ; le matériel est Isobus ou il ne l’est pas ; s’il l’est, il sera forcément compatible », indique Marc Vancoillie, directeur de Satplan. Mais pour Charles-Henry Colin, cette norme devrait atteindre prochainement ses limites : « Le bus Can est un réseau très limitant en termes de quantités d’informations échangeables. 250 kilobits par seconde, c’est très peu, notamment pour échanger de la vidéo, des flux ethernet avec des pages html. Ce sera possible, mais il faudra utiliser d’autres vecteurs que le bus Can, avec des passerelles pour faire co-exister les deux systèmes ».

 

Pour en savoir plus, cliquez sur :

Sia et Sima

 


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