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Côtes de Beaune

L'orage de grêle douche les espoirs d'un millésime 2014 à plein

Lundi 30 juin 2014 par Alexandre Abellan

Côtes de Beaune : l'orage de grêle douche les espoirs d'un millésime 2014 à plein

« A quand une récolte normale ? » C'est l'exaspérante question qui secoue aujourd'hui le vignoble de Bourgogne, dont la Côte de Beaune a essuyé ce 28 juin un orage de grêle ravageur. Pour le plus grand désespoir des vignerons bourguignons, les millésimes se suivent et se ressemblent. En 2013 déjà les professionnels attendaient un millésime à plein pour reconstituer leurs stocks, et faire face à la demande des marchés qu'ils ne peuvent plus honorer, les inondations et les orages de juillet avaient violemment mis à bas ces espoirs. Rebelote en 2014, où l'orage qui a parcouru une axe Pyrénées-Alsace s'est concrétisé par un déluge de grêlons « jusqu'à 3 cm de diamètre, aussi bien en Auvergne qu'en Rhône-Alpes et Bourgogne » rapportait ce samedi à 17h l'Observatoire Français des Tornades et des Orages Violents (Keraunos).

Les dégâts se sont concentrés sur les côtes de Beaune, touchant notamment les appellations (et les premiers crus) de Meursault, Pommard, Santenay et Volnay. On déplore également des dégâts dans le Nord Mâconnais, la Côte Chalonnaise et la Vallée de la Grosne (et dans une moindre proportion en Côtes de Nuits et au sud de la Côte Chalonnaise précise la Chambre d'Agriculture). Une déception d'autant plus brutale que le millésime 2014 s'annonçait jusqu'à présent sous de bons auspices, le stade de fermeture de la grappe était déjà atteint dans les terroirs précoces (la météo étant chaude et sèche, sauf lors des pluies orageuses du 17 au 22 juin) et l'état sanitaire était globalement bon rapporte le dernier Bulletin de Santé du Végétal de la DRAAF. Depuis le petit millésime 2011, la Bourgogne n'arrive pas à renouer avec une production normale (et enchaîne au contraire les records de petites vendanges), son potentiel de production étant constamment rabaissé par les événements climatiques (grêle, mais aussi coulure et millerandage) et un les maladies du bois (notamment l'esca).

Si le vignoble est sous le choc (les estimations de perte de production sont en cours), le négoce s'inquiète déjà d'une nouvelle hausse des cours, alors que les parts de marché s'amenuisent mécaniquement à l'export (cliquer ici pour en savoir plus).  Ce mois de juin aura plus globalement vu le vignoble français essuyer d'importants dégâts de grêle (en Médoc, Cognac et la Clape), relançant la question des assurances récoltes. Reçus ce 26 juin par le ministre de l'Agriculture, les représentants de la filière vin ont notamment évoqué les discussions sur la mise en place d'un contrat socle (gel, grêle, coulure...), dont la mise en place est notamment liée à un soutien financier de l'Etat.

 

 

[Illustration : grappes bourguignonnes avant l'orage du 28 juin]

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