ring dingue, qu’il sonne tôt le réveil viticole ! Vignes qui pleurent, bourgeons gonflés, premières pointes vertes et parfois des feuilles étalés : les signes d’un début de millésime précoce se propagent dans le vignoble français. De quoi bousculer la fin de la taille face à l’emballement qui se profile, de quoi alimenter les craintes de gel pour les vignobles qui y sont exposés dès maintenant, de quoi mobiliser les équipes pour veiller à l’enherbement et anticiper la pression mildiou… Et inévitablement de quoi lancer précocement les dépenses alors que l’activité du marché du vin n’a pas vraiment permis de reconstituer les trésoreries vidées par la non-rentabilité actuelle de la production de vin : l’effet ciseau restant violent entre difficile valorisation sur les marchés et coûts fixes à la vigne de moins en moins divisés par des rendements en chute libre.
Imposant des arbitrages économiques, le manque de moyen dans la viticulture se voit dans les vignes : leur déficit chronique de productivité s’expliquant récemment par les aléas climatiques (gelées printanière, trombes d’eau mettant sous pression mildiou, sécheresse estivale, orages de grêle jusqu’aux vendanges…), mais aussi par les réductions d’investissements dans les parcelles : moins voire plus d’engrais, travaux réduits au strict minimum voire aux seules urgences… Le vignoble se réveille, mais il reste dans le coton de son potentiel de production. Les moyennes décennales s’effondrent et posent la question des rendements viables. Des réponses se trouvent dans la restructuration raisonnée des parcelles trop peu valorisées par leurs marchés et leurs rendements, avec ce que cela implique d’arrachage anticipé pour réduire la voilure sans passer par-dessus bord. C’est même un conseil de grand cru pour freiner l'emballement des dépenses à fonds perdu.




