ne contrainte monumentale ! L’an prochain, tous les antimildious contenant du folpel ne pourront plus être mélangés aux antioïdiums, ni avec tout autre produit phytosanitaire. Car le folpel, matière active multisites très utilisée contre le mildiou sera classée H372 (Risque avéré d'effets graves pour les organes à la suite d'expositions répétées ou d'une exposition prolongée) au 1er février 2027. Une information que la firme Adama (détentrice du folpel) nous a confirmée. Or selon une réglementation franco-française à savoir l’arrêté du 7 avril 2010 modifié par celui du 12 juin 2015, ce classement empêchera de le mélanger avec n’importe lequel des autres produits phytopharmaceutiques. Impossible alors de lutter en un seul passage contre le mildiou et l’oïdium avec du folpel dans la bouillie. A moins que les firmes ne déposent des dossiers pour maintenir tel ou tel mélange.
Sans compter qu’avec ce classement, les produits contenant du folpel ne pourront plus être appliqués à moins de 20 m des habitations, des zones d’activités avec présence de riverains ou de travailleurs ou des bâtiments accueillants des personnes vulnérables (voir les modalités de l’arrêté du 27 décembre 2019 modifié par l’arrêté du 25 janvier 2022 et du 14/02/23 et le décret n°2019-1500 modifié par le décret n°2022-62 du 25 janvier 2022 relatif aux mesures de protection des personnes lors de l’utilisation de produits phytosanitaires). Sauf peut-être pour les plus récents qui ont déjà une DSPPR de 10 m dans leur AMM. « Mais ce n’est pas clair », déplore Tristan Roze des Ordons, conseiller viticole indépendant chez Phloème en Gironde.
Pour le technicien, ce changement de classement est « une catastrophe » pour la filière qui n’en mesure pas les conséquences à ce jour. « Le risque d’impasse technique dès 2027 est énorme », insiste-t-il. Car les antimildious qui contiennent du folpel sont nombreux (pas loin d’une trentaine selon le coût des fournitures en viticulture 2026, ndlr) et depuis deux à trois ans en raison du nombre restreints de matières actives et des risques du développement du mildiou plus élevés, ils sont davantage utilisés. Si les vignerons qui travaillent en conventionnel ne peuvent plus les mélanger avec les antioïdiums, soit ils se tourneront vers d’autres antimildious, ce qui provoquera « une explosion des résistances », soit ils feront plus de passages, ce qui est « un non-sens pour le respect de l’environnement et de la santé des travailleurs ».
« S’il faut multiplier par deux le nombre de passages, ce n’est pas possible », dénonce le conseiller, le risque étant que certains soient tentés de ne pas respecter ces règles craint-il. « Le folpel est un produit qui vient d’être réhomologué. Il faut défendre son usage », insiste-t-il appelant les responsables professionnels à se mobiliser sur le sujet. Le technicien est d’autant plus inquiet, qu’en parallèle, l’Anses continue d’évaluer les produits contenant du cuivre, notamment ceux qui associent le cuivre à une matière active conventionnelle. Et au vu des décisions qu’elle a prise l’été dernier, Tristan Roze des Ordons craint de nouveaux retraits et de nouvelles contraintes pour ceux dont l’AMM serait renouvelée…




