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Le bilan de Wine Paris : un rebond salon dans l’espoir de rebonds de commandes
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Pour les exposants
Le bilan de Wine Paris : un rebond salon dans l’espoir de rebonds de commandes

Faisant sortir la tête de la filière vin du seau de la morosité, l’effervescence du rendez-vous commercial parisien remet du baume au cœur. L'esprit viticole restant évidemment prudent, tant qu'il n'y a pas de signature ferme, il est rassuré pour se lancer dans une nouvelle année clé.
Par Alexandre Abellan Le 11 février 2026
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Le bilan de Wine Paris : un rebond salon dans l’espoir de rebonds de commandes
Répartis sur les trois niveaux du hall 7, les vins français dominaient l'offre du salon Wine Paris 2026. - crédit photo : Vinexposium/Philippe Labeguerie
A

près trois jours de salon Wine Paris, les allées et stands du parc des expositions de la porte de Versailles se vident, laissant planer un sentiment de satisfaction que tous souhaitent voir persister. Les gens du vin l’ont affirmé : nous sommes là pour faire du commerce et pas nous plaindre, c’est le moment de travailler, et il y a eu du travail du lundi 9 au mercredi 11 février ! Avec de l’enthousiasme, du monde et des affaires.

« Les visiteurs sont plus qualifiés, ils ne viennent pas pour demander du vin Bourgogne, mais cherche du Pommard. Il y a un vrai intérêt des visiteurs qui expriment le souhait de passer à l’acte d’achat. C’est encourageant dans la sinistrose ambiante, on ressort avec de l’espoir » rapporte la vigneronne bourguignonne Constance Fages-Parent, du domaine Parent (10 hectares en bio à Pommard), qui reste prudente à l’heure du bilan à chaud, même si le salon lui semble avoir été excellent : « il est difficile d’en mesurer encore l’impact. Il faut qu’à l’envoi des tarifs il y ait des commandes passées dans les prochaines semaines. Ça a remis de l’espoir. »

Plus de sérénité

Ce qui n’était pas forcément acquis souligne le vigneron languedocien Jean-Marie Fabre, qui préside les Vignerons Indépendants de France : « certains craignaient avant l’ouverture qu’il y ait un point de bascule, mais ça n’a pas été le cas. L’état d’esprit est bon, il y a plus de sérénité grâce à la stabilité politique en France (finançant l’arrachage définitif et les prêts de restructuration bancaire), l’ouverture par le président Emmanuel Macron (affirmant qu’en géopolitique le consensus est meilleur que le combat, mais que s’il y combat il ne faut pas s’échapper et défendre nos intérêts stratégiques), le retour d’acheteurs américains (prêts à recommander après des mois d’incertitudes) et les perspectives de nouvelles opportunités commerciales (avec les accords avec le Mercosur et l’Inde*, mais il faut aussi des ouvertures en Asie et Afrique). Maintenant, il ne faut pas se relâcher. »

Si le succès d’affluence se confirme, la prudence reste aussi de mise : « ce n’est pas une hirondelle qui fait le printemps, ce n’est pas Wine Paris qui fait un avenir radieux aux vins en 2026, mais cela donne des signaux positifs. C’est une promesse, maintenant il faut passer aux actes et aux commandes fermes » prévient le vigneron de Fitou (Aude), notant qu’« alors que des vignerons sont dans une situation de trésorerie compliquée, ils font l’effort d’être présents dans ce qui est définitivement le premier événement professionnel dédié aux vins au monde. » Avec 6 500 exposants annoncés pour 61 000 visiteurs attendus, Wine Paris 2026 bat les records et assoit son titre de « plus gros salon jamais organisé dans les vins et les spiritueux » résume Nicolas Cuissard, le directeur de l’évènement (Vinexposium) pointant que « ce n'était pas le but premier du salon d'être le plus gros », mais « de mettre en place un outil qui accompagne au mieux la filière »

Ça rebooste

Et dans l’immédiat, « ce Wine Paris fait du bien. Ça rebooste le vignoble et le collectif » confirme Caroline Franchi, la directrice du Conseil Interprofessionnel du Vin Corse. Son stand collectif fédérait 50 vignerons : un nombre doublé en quelques années : « les vignerons qui étaient les plus présents sur le marché local ont besoin de se diversifier dans leurs commercialisations. On sent la baisse de consommation comme tout le monde », les marchés se tendant alors que la production corse augmente (360 000 hectolitres en 2025, contre 300 000 hl/an par le passé). Face à l’adversité, « il faut bosser plus pour obtenir le même résultat » résume Caroline Franchi.

« Comme tout salon, ça se prépare. Il y a beaucoup de monde, mais si vous n’avez pas de rendez-vous, vous ne voyez personne. On ne va pas à un salon pour pêcher dans les allées » analyse Jean-Martin Dutour, président de l’AOC Chinon. Ayant fait partie des fondateurs de Wine Paris, le vigneron-négociant ligérien pointe que « le critère important dans un salon, c’est le ratio entre le nombre de visiteurs et d’exposants : 10 visiteurs pour un exposant est une bonne masse, on s’en approche. Les deux doivent progresser ensemble. » L’enjeu étant de ne pas casser la dynamique de Wine Paris à l’avenir, ce qui passe aussi par la structuration du salon en trois pôles cette édition : les vins (Wine Paris), les spiritueux (Be Spirits) et le sans alcool (Be No).

On a fait de la prospection, ce qui n’arrivait plus

« Historiquement on vient du vin, on était au hall 7 comme les autres maisons. C’est un vrai pivotement de passer à Be No : on vend plus de vin sans alcool que de vin » rapporte la négociante languedocienne Mathilde Bouchalin, dirigeante de Chavin, qui partage sa « satisfaction totale : on a vu beaucoup de nos clients et on a fait de la prospection, ce qui n’arrivait plus. C’est le but d’un salon rencontrer de nouvelles personnes. C’est un succès. Nous préparons bien nos salons, mais il y a aussi une tendance et la volonté de découvrir le vin sans alcool pour répondre à une demande grandissante. On a le vent en poupe ! » Comme en témoigne la zone de dégustation libre de Be No où les bouteilles se vident à grande vitesse. Conquise par Be No, Mathilde Bouchalin ne compte pourtant pas se limiter à Wine Paris pour l’avenir : ayant participé aux salons Millésime Bio (à Montpellier) et Degré Zéro (salon off la veille de Wine Paris), elle ira à ProWein (à Düsseldorf) et se projette sur Vinexpo Hong Kong pour multiplier les moments et occasions de contact avec les acheteurs potentiels.

Mais cette accumulation de salons professionnels n’est ni attractive ni lisible pour tous les opérateurs. En témoigne Ludovic Rocand responsable de chai du domaine Vadé (certifié bio en AOC Saumur et Saumur Champigny), qui a décidé de se concentrer en 2026 sur les évènements de la Levée de la Loire (à Angers et Paris), et était présent ce dimanche 8 février au salon off de la Levée de la Loire avec Demeter. Ayant participé pendant 4 années sur le stand collectif Food Loire du salon Wine Paris, le domaine a été séduit par le bon bilan du salon Millésime Bio de janvier 2024 à Montpellier : mais le bilan mitigé de janvier 2025 a refroidi cet esprit aventureux : « comme on n’est pas bon dans les prévisions, on a décidé de prendre du recul » explique Ludovic Rocand qui attend désormais la fin de la saison 2026 pour se projeter : « on verra comment le vent tournera pour les grands salons qui ont un coût conséquent. Leur prix est important, mais c’est normal vu tout ce qui est mis en place. Et c’est un impact financier fort pour le domaine, de partir 3 à 4 jours à Paris ou Montpellier pour 2 personnes. »

 

* : Jean-Marie Fabre précisant qu'il faut que les accords commerciaux concernent les vins et spiritueux (comme l'accord entre l'Europe et l'Inde), mais écartent des négociations les autres produits agricoles pour ne pas les mettre en difficulté (ce qui n'est pas le cas avec le Mercosur).

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