vec l’édition 2026 de Millésime Bio en décorum, « l’accélération du réemploi des bouteilles de vin » était placé en priorité de ce début d’année 2026 par France Consigne (la fédération nationale des industriels du réemploi du verre) et sa co-présidente Anne-Claire Degail, « face à l'objectif réglementaire fixé par la loi AGEC de 10 % d'emballages réemployés d'ici 2027 pour les metteurs en marché de plus de 10 000 unités d’emballage ». C’est en ce sens qu’un partenariat avec Adelphe, société de services agréée par l’État, filiale de Citeo, et éco-organisme dont la mission est de réduire l’impact environnemental des emballages, a été signé sur le salon.
Estimant qu’en 2025, ce sont environ 2,5 à 3 millions de bouteilles de vin qui ont suivi le circuit du réemploi en France, pour 810 producteurs enregistrés par France Consigne, la co-présidente de la fédération souligne l’intérêt de ce partenariat avec Adelphe qui va « permettre de multiplier la sensibilisation de la production viticole au réemploi, et massifier son utilisation ». Webinaires, guides, sensibilisation sur les salons, et surtout accès à tous les financements existants, ce partenariat vise à amplifier le réflexe du réemploi au sein de la profession.
Très engagé sur le sujet alors que son domaine du Pech d’André utilise déjà « 80 à 90% de bouteilles lavées », le vigneron du Minervois Philippe Lelong, par ailleurs co-président d’Oc Consigne, vante les avantages de cette voie du réemploi. « Le réemploi ouvre aujourd’hui des marchés, tels que ceux des chaînes de distribution bio, d’autant plus que tous les formats standards produits par plusieurs verriers sont aujourd’hui éligibles à ce circuit du lavage et du réemploi », appuie-t-il. Le réemploi a donc un intérêt certain pour les débouchés français des vignerons bio. Philippe Lelong souligne en outre le rôle joué par France Consigne dans son accompagnement dans la mise en place de cette approche. « Il n’y a plus que pour quelques références très spécifiques et limitées que nous ne faisons pas appel au réemploi pour nos bouteilles », enchaîne Philippe Lelong.
« Ce partenariat permet de renforcer cet accompagnement que nous proposons aux producteurs, et leur faciliter la construction des dossiers d’accès aux subventions reversés par Adelphe », pose Anne-Claire Degail. Philippe Lelong rappelle en effet que si les bouteilles éligibles au réemploi sont plus chères à l’achat, « leur utilisation fait baisser d’autant le coût de l’écocontribution qu’on verse, si bien que ça devient plus avantageux une fois le cycle de réemploi enclenché ». 1700 points de collecte sont aujourd’hui référencés dans le pays par France Consigne, un chiffre en développement notamment auprès de la grande distribution.
Présent dans les allées du salon, le plus important opérateur viticole français de bouteilles réemployables Jacques Frelin confirme « l’équilibrage des coûts à moyen terme une fois le cycle de réemploi commencé ». Brassant autour d’un million de bouteilles en réemploi, il ne néglige pas l’inconvénient d’une destination exclusivement sur le marché français de ces gammes en réemploi. « On nous demande à l’export des bouteilles allégées avec capsules, c’est la seule limite actuelle au réemploi », note-t-il. Il est en effet encore difficile pour beaucoup de vignerons de produire spécifiquement des gammes pour la France et pour l'étranger. Si rien n’est pour l’heure officialisé, l’idée d’une expansion à l’échelle du continent européen fait doucement son chemin, de même que la finalisation d’une bouteille universelle estampillée et productible indifféremment par tous les verriers, et accélérer encore l’utilisation de ces bouteilles lavables dans la filière vigneronne.




