La signature de ce décret représente une étape importante pour le secteur vitivinicole italien car elle offre des garanties réglementaires à un segment en pleine évolution, apte à répondre aux évolutions des attentes des consommateurs, notamment sur les marchés étrangers », confirme Gabriele Castelli, directeur général de l’organisme professionnel Federvini. Son avis sur ce « résultat important et attendu de longue date par le secteur » est unanimement partagé. « Il s’agit d’une étape fondamentale qui permettra aux entreprises italiennes – à commencer par les coopératives viticoles qui représentent une part importante de la production nationale – de pouvoir enfin rivaliser avec les autres producteurs européens qui dominent ce segment depuis longtemps », abonde Luca Rigotti, président de la branche vitivinicole au sein de la fédération des coopératives italiennes Confcooperative.
Un cadre réglementaire précisConcrètement, le décret fournit un cadre réglementaire clair pour la production de vins désalcoolisés, partiellement ou totalement, définissant le régime fiscal applicable aux droits d’accise. Entré en vigueur dès sa publication au Journal officiel le 5 janvier 2026, ce décret ministériel lève le dernier obstacle qui empêchait encore formellement la production de vins désalcoolisés en Italie, une possibilité qui, jusqu'à présent, était réservée aux seules distilleries. La nouvelle mesure « autorise les établissements exploitant des entrepôts fiscaux pour les produits alcoolisés intermédiaires et le vin à procéder, sous certaines conditions et dans certaines limites quantitatives, à la désalcoolisation du vin », note le ministère italien de l’Agriculture dans un communiqué. Le décret introduit des définitions précises, distinguant les établissements en fonction des quantités produites (plus ou moins de 1 000 hectolitres par an). Il réglemente également la délivrance de l’autorisation de production et de stockage des produits et comporte des exigences administratives et des règles relatives à la circulation des produits.
Pour Federvini, la nouvelle réglementation offre aux entreprises « un cadre précis pour opérer et innover, conformément à la réglementation européenne ». De son côté, l’organisme professionnel Coldiretti salue un décret qui « autorise désormais les entreprises à opérer dans un périmètre défini, mettant ainsi fin à une situation qui, jusqu'à présent, contraignait de nombreuses productions à être réalisées à l'étranger ». L’absence d’encadrement en Italie avait, en effet, freiné bon nombre d’opérateurs désireux de tirer profit de ce segment porteur. Selon l’observatoire de l’Unione Italiana Vini, le marché mondial actuel des « No-Low », dont les vins désalcoolisés, devrait atteindre un chiffre d’affaires de 3 milliards $ d’ici 2028, contre 2,4 milliards actuellement. « Nous demandons depuis longtemps au gouvernement de nous permettre d'opérer sur un pied d'égalité avec les autres producteurs européens qui bénéficient depuis quatre ans de l'avantage introduit par le règlement (UE) publié en décembre 2021 », a déclaré Paolo Castelletti, secrétaire général de l'UIV. « De plus en plus d'entreprises italiennes sont prêtes à investir dans la production de vins désalcoolisés et cette mesure représente un tournant décisif pour une concurrence équitable avec les autres producteurs européens. Nous espérons le soutien de l'administration lors de la première phase de mise en œuvre de la loi, notamment pour l'obtention des licences et autorisations nécessaires ».



