Le groupe Castel traverse actuellement une crise de gouvernance, déjà largement exposée dans l’espace médiatique » communique le groupe bordelais fondé en 1949 par Pierre Castel (99 ans), précisant qu’il n’y a pas de « remise en cause des activités, de la solidité ou de l’engagement industriel du groupe Castel ». Actif sur la filière vins (Castel-Vins, réunissant 23 châteaux et domaines, 6 négoces et 3 distributeurs*), des bières et boissons gazeuses (Castel Afrique) et de l’agroalimentaire (Somdia), le groupe Castel réagit aux articles se multipliant** sur le conflit opposant sa famille propriétaire à son directeur général, l’avocat fiscaliste Grégory Clerc (41 ans), qui se multiplient. Directeur général de Castel-Vins depuis 20 années, Alain Castel (65 ans) communique ce mardi 6 janvier « en accord avec Romy Castel [51 ans], fille du fondateur Pierre Castel » pour « rétablir certains faits ». Et ce juste avant l’assemblée générale extraordinaire du jeudi 8 janvier à Singapour d’Investment Beverage Business Fund (IBBF) « dont l’ordre du jour porte la proposition de révocation de Grégory Clerc, de son mandat au sein de cette structure ».
IBBF étant à la tête du groupe Castel, via les holdings Cassiopée et DF Holding, « cette révocation entrainerait de fait la révocation de ses [30] autres mandats, y compris de sa fonction de directeur général du groupe Castel » précisent les actionnaires, en faisant la conclusion d’« une rupture profonde de confiance envers Grégory Clerc ». Alain Castel ayant lui-même été révoqué de ses mandats de Cassiopée et DF Holding ce 9 décembre « sans explication ni débat » reproche le communiqué.
Autre grief évoqué par la famille Castel : « une concentration sans précédent des pouvoirs » de Grégory Clerc avec le cumul de 31 mandats, « dont une part significative avait été initialement confiée pour représenter les intérêts personnels de Romy Castel » indique le groupe qui relève le retrait de « la confiance de Romy Castel ». La stratégie du directeur du groupe étant remise en cause par « l’absence de collégialité » dans la gestion et de « profonds désaccords sur certaines orientations stratégiques, qui semblent privilégier une logique financière au détriment du développement industriel et entrepreneurial du groupe, notamment dans les métiers du vin et de l’agroalimentaire ». D’où le projet de nouvelle gouvernance porté par « Romy, Alain et l’ensemble de la famille Castel » indique le communiqué, préconisant que « la clarification et la rationalisation des structures du groupe nécessaires, vont être conduites dans un cadre impartial, au service exclusif de l’intérêt collectif, de l’ensemble de ses collaborateurs et de ses partenaires ».
Visant une conclusion rapide du conflit, le groupe Castel précise et répète que ces sujets de holding n'ont aucun impact sur son activité, notamment vin.
* : Soit 23 châteaux et domaines (dont des participations dans les châteaux Beychevelle et Beaumont), 6 négoces (Patriarche, Barton & Guestier, Listel S.A.S, Maison Barrière, Castel Frères, Champagne Malard) et 3 distributeurs (cavistes Maison Nicolas, e-commerçant Vinatis et Tannico).
** : Des États-Unis à l’Afrique, en passant par la France.




