« L’idée, c’est de proposer un contenant réutilisable indéfiniment », affirme Quentin Joly, ingénieur céramique Biopythos. Le corps cylindrique en céramique de cette « cuve » peut être émaillé ou non, au choix du client, selon que l’on envisage de la micro-oxygénation ou non. Particularité supplémentaire de cette nouveauté : ses deux fonds en bois permettent d’obtenir un boisé plus léger qu’avec la barrique traditionnelle, et de préserver la pureté du fruit. « Nous proposons des modèles de 200 à 600 l, ou en cuve de vinification jusqu’à 16 hl. » Pour acquérir le modèle de 200 l, comptez aux alentours de 1 000 € HT, soit un peu plus cher qu’une barrique – à la différence près « qu’il n’y a que les fonds à changer par la suite », précise Quentin Joly.
Difficile, dans le hall A1, de passer à côté de cette cuve-fusée sans la remarquer. Avec cette originalité, Tec Inox a souhaité mettre en avant son savoir-faire. Pari réussi : « Beaucoup de gens se prennent en photo devant, raconte Nicolas Obeniche, président de l’entreprise. Mais c’est un vrai contenant de 16 hl muni d’une porte, de mireurs, d’un chapeau pivotant, d’un robinet dégustateur et deux vannes en fond de cuve. » Pour acquérir l’engin, qui mesure 4,5 m de haut et pèse 450 kg, comptez 19 500 € HT. Et aussi un espace dans votre chai de 2 mètres de large, où ses trains d’atterrissage puissent se poser.

Photo A. Bimont
À quelques mètres de là, le tonnelier Vicard mise sur l’esthétique et la transparence avec sa nouvelle gamme Vision. « Sur ce foudre ergonomique – une cuve tronçonique couchée qui facilite le travail de l’opérateur –, nous avons réalisé des incrustations de verre Securit de différentes formes, explique Émilie Faugère, responsable marketing. Le client peut choisir d’intégrer des inserts, des hublots ou des formes sur mesure. On peut ainsi voir le vin au travers et le mettre en valeur avec un éclairage. » Effet « waouh » assuré !

Photo C. Faimali/GFA
Autre surprise, dans le hall A1 cette fois : un œuf béton dont le matériau intègre des coquilles d’huîtres. À l’origine de cette idée, deux anciens rugbymen. Le premier, Clément Maynadier, désormais ostréiculteur, cherchait à valoriser ses coquilles d’huîtres. Il a alors contacté son ami Christopher Poulain Dauga, directeur général de CLC France, filiale du spécialiste italien de la cuve béton. Résultat : un œuf de 13 hl en béton et en poudre d’huître. Des essais sont en cours en collaboration avec le Clos de Lunes, à Sauternes, pour étudier l’impact de cet ajout.

Photo A. Bimont
Dans le but de réduire les risques d’accident au chai, les constructeurs modifient leurs pompes à vendange afin de se conformer à la nouvelle norme de sécurité Afnor instaurée en août dernier. Parmi ses principales exigences : rendre la vis et la sortie de la pompe inaccessibles, installer un arrêt d’urgence à portée immédiate de l’utilisateur… tout en préservant un passage optimal de la vendange.
Si certains constructeurs planchent toujours sur le sujet, d’autres ont déjà relevé le défi. À commencer par Socma. Ce fabricant propose désormais deux pompes à vendange « l’une pour la vendange égrenée, l’autre pour la vendange entière et le marc », indique Rémi Ferrandez, directeur commercial.

Photo C. Faimali/GFA
La première – la seule exposée au Sitevi – est équipée d’une grille vibrante qui facilite le passage des baies (voir la photo). La seconde, elle, dispose d’une trémie haute d’environ 1 m qui optimise le flux. La grille tubulaire est désormais fixée avec des vis imperdables de sécurité. « Pour la démonter, il faut un outil spécifique », explique le directeur. Un clapet en sortie empêche toute intrusion manuelle, et l’arrêt d’urgence, placé sur la trémie, est à portée de l’opérateur en cas de danger.
De son côté, PMH Vinicole a équipé sa pompe mobile Heli-X de grilles croisées et soudées en barreaux ronds. « Cela bloque l’accès, tout en laissant passer la vendange et sans compliquer nettoyage », indique Aymeric Muret, responsable commercial France PMH. Un arrêt d’urgence accessible sur le pupitre de la pompe, et un sectionneur électrique sur la trémie, complètent le dispositif, avec possibilité de déporter les commandes.

Photo C. Faimali/GFA
Enfin, le constructeur italien CMA a présenté une pompe conforme pour la vendange égrappée. Le principe est le même que chez Socma : grille et moteur vibrants pour fluidifier le passage, grille renforcée par des barreaux ronds et, en sortie de pompe, un système en étoile rend la vis inaccessible. Pour une pompe qui débite de 25 à 50 t/h, comptez 22 000 € HT.


Photos A. Bimont
Sur le stand d’Hanna Instruments, Michaël Sudrie, responsable commercial Sud-Ouest, présente la sonde portative HI98594. « C’est un commis du chai, se plaît-il à dire. Il mesure instantanément le pH, la conductivité, la turbidité, la température et l’oxygène dissous. Si bien que l’on peut s’en servir à différents stades : pour les contrôles de maturité, séparer les jus de goutte et des presses, débourber, ou encore suivre l’oxygène dissous pendant l’élevage. On peut aussi placer l’instrument à poste fixe afin d’effectuer des mesures à intervalles réguliers. » Les données sont transférées via Bluetooth vers l’application Hanna Lab qui offre le suivi et l’archivage. Prix : 3 600 € HT.

Photo C. Faimali/GFA
Dans le hall A2, le cluster Inno’vin regorge de créativité. Trois outils ont attiré notre attention. Le premier, dénommé Calix Primeur, est un nouveau dispositif de prélèvement d’échantillons sous inertage de l’entreprise D-Innovation. « Nous l’avons conçu pour un château Bordelais afin d’effectuer des prélèvements rapides et sous azote, explique Benjamin Thurin, président et responsable R & D. On branche l’appareil à une bouteille d’azote puis on le place sur le trou de bonde, on appuie à fond sur la gâchette pour faire pénétrer le gaz dans la barrique et on collecte l’échantillon par surpression d’azote. » De quoi prélever jusqu’à 1 litre toutes les 4 secondes.

Photo C. Faimali/GFA
À deux pas de là, la start-up Surus présente une autre idée ingénieuse : un Dispositif d’alarme pour travailleur isolé (Dati) adapté au monde viticole. « Il s’agit d’un boîtier portable connecté qui, en cas d’accident, lance des alertes SMS en cascade à tous les numéros d’urgence enregistrés, explique Eliot Dupré, fondateur de Surus. Soit le porteur déclenche l’alerte manuellement, soit le boîtier la déclenche automatiquement en cas de choc, ou d’absence prolongée de mouvement. Les zones blanches sont couvertes grâce aux relais radios. » Autre intérêt : en cas d’accident, ce boîtier stoppe aussi les machines équipées en ce sens ainsi que les tracteurs Isobus, là encore automatiquement ou manuellement. Un tel boîtier est loué au tarif de 29 €/mois l’unité.

Photo C. Faimali/GFA
Toujours au sein du cluster Inno’vin, Wine & Tools propose Oenocheck Color, un spectro-colorimètre qui, grâce à l’analyse de la couleur des rosés, permet de la reproduire précisément lors d’un assemblage. « Dès que l’on verse du vin dans l’appareil, il affiche les coordonnées colorimétriques (Delta E) du cru, calculées selon le référentiel CieLab utilisé par les professionnels de la couleur », explique Frédéric Planchon, directeur général de la société. Pour obtenir un assemblage d’une couleur recherchée, reste à mener des essais et mesurer leur couleur, jusqu’à trouver le bon profil. Un outil de précision vendu 3 000 € HT.

Photo C. Faimali/GFA
Cette année, les Laboratoires Dujardin-Salleron ont raflé une Médaille d’or de l’innovation avec Creawine. Développée en collaboration avec Dynawine, cette plateforme modulaire comprend un appareil de désalcoolisation, un gazéificateur, et l’Eco-Extractor – un appareil qui valorise les marcs ou les lies. Sur leur stand, un comptoir coloré attire l’œil : une ribambelle de fioles translucides soigneusement alignées, remplies de liquides aux teintes vives. « Ce sont des sirops Monin », précise Antoine Gruau, œnologue et technico-commercial de l’entreprise. Pêche blanche, bubble-gum, hibiscus, basilic… L’exposant proposait aux visiteurs de réaliser un cocktail avec l’un de ces sirops et une boisson gazéifiée titrant 2,6 %, obtenue en lessivant du marc de cabernet sauvignon et de merlot avec de l’eau dans l’Eco-Extractor. Le concept a séduit : au troisième jour du salon, Dujardin-Salleron avait écoulé plus de 130 litres de ce pétillant de marc.


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