alidée par l’interprofession, mais pas cofinancée par le négoce comme souhaité par le vignoble : la surprime de 6 000 €/ha pour les surfaces de cépages AOC Cognac éligibles au plan national d’arrachage de FranceAgriMer à 4 000 €/ha vient d’être adoptée ce mercredi 21 janvier par le comité permanent du Bureau National Interprofessionnel du Cognac (BNIC), mais son financement se fera sur la seule contribution du vignoble (via la Cotisation Volontaire Obligatoire, CVO). Ce qui n’était pas le cadre convenu entre le négoce et la production dans le groupe de travail du BNIC, ayant acté le « principe d’un financement conjoint viticulture/négoce à hauteur de 50/50 » rapporte ce 22 janvier un communiqué de l’Union Générale des Viticulteurs pour l'AOC Cognac (UGVC), regrettant qu’« à l’heure des décisions concrètes, la viticulture se retrouve contrainte d’agir seule », car les représentants du négoce ont déclaré au BNIC « ne pas être en mesure, à ce stade, de s’engager financièrement ».
Concernant la surprime à l’arrachage national et son financement par la viticulture, « la décision de filière est actée pour la campagne en cours » explique à Vitisphere le Syndicat des Maisons de Cognac (SMC), pointant que « cela étant, les travaux de l’interprofession se poursuivent afin de prolonger la réflexion et d’examiner, pour la suite, des dispositifs cohérents, soutenables et articulés avec le cadre public d’accompagnement. » Tout en précisant bien que « la question d’un éventuel cofinancement ne s’inscrit pas dans le périmètre de la campagne actuelle », la décision du comité permanent ce 21 janvier étant définitive en la matière.
Au sein du BNIC, « on travaille la boîte à outils* depuis des semaines, elle aurait dû être validée hier. La position était unanime en groupe de travail, mais le négoce n’a pas pu la valider » note Anthony Brun, le président de l’UGVC, qui explique que « dans l’urgence de la situation » (l’ouverture au plus tard le 6 février de la téléprocédure nationale FranceAgriMer pour les candidatures à l’arrachage), la viticulture « a pris ses responsabilités » en s’engageant sur un financement sur ses CVO. Auprès du négoce, on entend qu’il était demandé un délai pour s’accorder début février sur le cofinancement, ce qui était trop tardif pour le vignoble voulant de la visibilité dès maintenant. « La viticulture a, de son côté, souhaité avancer rapidement, en finançant seule un dispositif d’arrachage » indique un communiqué du SMC, notant que « les maisons comprennent cette urgence, tout en rappelant les contraintes économiques majeures auxquelles elles font face ». Dans un cadre géopolitique particulièrement incertain et chahuté. Les stocks de cognacs s'élèvent désormais à 11 années de production dans la région, le négoce en portant financièrement 80 % pour 350 millions d’euros par an rapporte le SMC.
10 000 ha à arracher
L’UGVC demande désormais aux négociants de répondre présents pour qu’il y ait un cofinancement à parts égales des futurs arrachages, avec un engagement en ce sens pris lors du prochain comité permanent du BNIC (prévu le 4 février). Sur les bases d’aides à 6 000 €/ha, « les discussions doivent continuer pour permettre de déployer l’intégralité des mesures pour accompagner les exploitations viticoles et le négoce » plaide Anthony Brun, ajoutant qu’à l’UGVC « on ne se satisfait pas de n’avoir franchi qu’une partie de l’étape d’hier. D’autres outils nécessitent des investissements plus importants, nous ne pourrons pas être seuls à les financer, nous en avons bien conscience. » Le sujet de l’arrachage temporaire primé étant aussi à l’étude à Cognac, ainsi que l’arrachage des vignes qui ne sont pas éligibles au dispositif FranceAgriMer (imposant une déclaration de récolte sur les trois dernières années, ce que certains propriétaires fonciers n’ont pas, des baux ayant été dénoncés depuis plus longtemps). En 2026 et 2027, le BNIC estime qu’il faudrait arracher 10 000 ha de vignes de manières temporaires et définitives. « Un plan de neutralisation de cette ampleur ne peut reposer sur les seules épaules des viticulteurs » indique le communiqué de l’UGVC. Sachant que le financement européen du fonds de gestion de crise restant demandé par Cognac, en compensation des taxes chinoises prises en mesures de rétorsion par Pékin en réponse aux taxes de Bruxelles sur les voitures électriques.
Validé en groupe de travail cet hiver, le plan de gestion de crise de Cognac doit être appliqué à l’avenir selon les termes prévus milite Anthony Brun, pointant que le dispositif s’équilibre entre mesures d’arrachage, de cofinancement et rendement. Ce dernier ayant été maintenu à 7,65 hectolitres d’alcool pur par hectare, comme en 2025. Et ce « alors même que les besoins économiques immédiats [du négoce] sont inférieurs, afin de préserver la continuité économique des exploitations viticoles » indique un communiqué du SMC, pointant que « les expéditions de Cognac ont reculé d’environ 15 % en volume et 25 % en valeur en 2025, et que les niveaux de stocks atteignent des niveaux historiquement élevés ». Les négociants répétant à cette occasion « leur engagement économique constant aux côtés de la viticulture et leur attachement à un dialogue direct et constructif, avec une priorité inchangée : préserver la valeur du Cognac et la capacité collective à traverser cette période de transition ».
* : Un autre dispositif travaillé par le BNIC est le Volume Complémentaire Cognac individuel (VCCI), qui permet depuis 2025 l’augmentation des rendements individuels en contrepartie de l'arrachage volontaire de surface de vignes.



