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Mardi 14 décembre 2021 share tweeter share facebook share linkedin

Les premiers résultats des expérimentations menées sur les vignobles innovants et éco-responsables dédiés à vin de France dévoilés au Sitevi

Communication rédigée par Anivin de France
Les premiers résultats des expérimentations menées sur les vignobles innovants et éco-responsables dédiés à vin de France dévoilés au Sitevi
Le 30 novembre 2021, l’Anivin de France et l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) ont organisé une conférence dans le cadre du Sitevi à destination des viticulteurs intéressés par un modèle de viticulture innovant et durable.
Intitulée « V.I.E. : de la fertirrigation à la pulvérisation, quelles optimisations techniques et agroécologiques ? », elle a été reçue très favorablement par une salle quasi pleine malgré un recul de fréquentation du salon. A travers les témoignages des Experts IFV, des Viticulteurs des V.I.E. pilotes et de l’Anivin de France, les premiers résultats expérimentaux ont été dévoilés au sujet de la mise en place d’une production dédiée à Vin De France.

Pour visionner l’ensemble des interventions de la conférence du 30 novembre 2021, rendez-vous sur :


Pour rappel, en avril 2018 l’Anivin de France annonçait le lancement du projet Vignobles Innovants et Éco-responsables (V.I.E.) en partenariat avec l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV).
Ce projet stratégique vise à favoriser la mise en place d’un modèle de viticulture innovant qui doit permettre, à terme, d’assurer des volumes suffisants au développement des marchés de Vin De France (VDF), tout en répondant aux attentes sociétales en matière de développement durable.
Véritable vitrine de l’innovation pour la filière vitivinicole, un Vignoble Innovant et Éco-responsable (V.I.E.) est une approche de culture de la vigne reposant sur 6 leviers d’optimisation - installation d’un vignoble dédié, choix des variétés de cépages, gestion de la fertirrigation, de l’entretien du sol, de la santé du végétal et développement de la mécanisation du vignoble - qui permet rentabilité et compétitivité tout en protégeant l’environnement.
Confronté au défi du changement climatique, les V.I.E. mettent en pratique des leviers permettant d’en atténuer l’impact et de limiter leur empreinte carbone. Des capteurs sont utilisés pour gérer les stress abiotiques de la vigne et assurer l’équilibre nécessaire de la plante pour une production annuelle élevée et constante. L’homogénéité du V.I.E. permet l’implantation de sondes capacitives pour une gestion intelligente de la fertirrigation. Une information quotidienne est transmise par réseau bas débit au chef d’exploitation lui indiquant l’état hydrique des sols, optimisant les apports d’eau et de fertilisants au cours de la campagne. Ces intrants sont distribués efficacement, localisés et pilotés en fonction du cycle végétatif de la plante. La taille mécanisée, autorisant une réalisation plus tardive en saison car plus rapide qu’une taille manuelle, permet de retarder le cycle phénologique de la plante au printemps limitant les risques liés au gel.

UNE CONFÉRENCE POUR FAVORISER LE DÉVELOPPEMENT DE VIGNOBLES DÉDIÉS À VIN DE FRANCE GRACE À LA DIFFUSION DES BONNES PRATIQUES

Dans le cadre du Sitevi, le 30 novembre, l’Anivin de France et l’IFV ont organisé la conférence « Vignoble Innovant et Éco-responsable dédié à Vin De France : de la fertirrigation à la pulvérisation, quelles optimisations techniques et agroécologiques ? ».
A cette occasion, les experts de l’IFV ont abordé différents points clefs et présenté en avant-première les résultats des expérimentations en cours sur les sites pilotes.
Après avoir exprimé l’enjeu de ce projet - assurer un sourcing durable et équitable nécessaire pour répondre à la demande croissante en Vin De France sur les marchés mondiaux (+11% en volume vs. 20201) mais également sur le marché français (+15% en volume vs. 20202) - Bruno Kessler, le Président de l’Anivin de France a rappelé les leviers sur lesquels repose le modèle de production d’un V.I.E. Il a ensuite évoqué la genèse du partenariat technique avec l’IFV pour accompagner deux sites pilotes afin de faire la preuve de ce modèle de production dont les grandes lignes ont été posées dans le livre sur la Viticulture Innovante publié par Dunod.
L’objectif derrière ce projet est de « construire ensemble la catégorie Vin De France à travers des vignobles dédiés ».

Sources : 1- Business France en CC à fin août 2021, Vin De France Cépage tous formats confondus ; 2- IRI en CAM à P8 2021, Vin De France tous formats confondus

Comment raisonner la fertirrigation pour un objectif de production dédié à Vin De France ?
Les leviers pour nourrir la vigne et le sol sont nombreux et il est primordial de connaître son sol, sa composition mais surtout ses limites pour adapter sa conduite. Dans un V.I.E., les éléments minéraux sont apportés par la fertirrigation, mais l’apport de matière organique reste indispensable afin de préserver le statut organique du sol, assurer le stockage et la mise à disposition pour la plante des éléments dont elle a besoin et stimuler l’activité biologique du sol. La fertirrigation, permet un apport précis tant en quantité qu’en localisation, il s’agit d’apporter au bon moment, au bon endroit la quantité nécessaire de minéraux à la plante afin de répondre notamment aux objectifs de production mais aussi d’optimiser le potentiel aromatique des vins.
Un premier essai a été mis en place en 2020 sur du Colombard implanté sur un sol limitant (réserve en eau faible), avec 3 modalités :

  • Un témoin, avec un apport de fertilisant minéral au sol au printemps sans irrigation
  • Une stratégie mixte couplant apport azoté au sol et fertirrigation
  • Une stratégie 100% fertirrigation avec un apport en 3 fois entre nouaison et véraison

Il ressort des résultats que les apports d’eau ont permis de maintenir la vigne sans contrainte hydrique jusqu’à véraison. Les stratégies avec fertirrigation totale ou mixte ont permis de produire 25% de récolte en plus par augmentation du poids moyen de la grappe. La stratégie de fertirrigation totale présente le meilleur compromis rendement vs. maturité sachant qu’elle permet une économie de 30% de fertilisant. Le même niveau de thiols variétaux a été retrouvé dans les 3 modalités.
Un second essai a été mis en place en 2020 sur du Colombard implanté cette fois-ci sur un sol non limitant et selon les mêmes modalités que le premier essai. Les résultats indiquent cette fois-ci que la fertirrigation a modifié la composition des raisins. L’azote a été significativement augmenté que ce soit par rapport à la stratégie mixte ou à la stratégie sans irrigation. Les acidités des vins sont supérieures et le potentiel aromatique du moût issu de la modalité 100% fertirrigation est amélioré.
Enfin un troisième essai a été réalisé en 2021 en situation critique, sur un millésime très pluvieux. Il en ressort que la stratégie mixte s’est révélée être le meilleur compromis dans ce contexte.

En résumé, la fertirrigation présente un intérêt majeur en termes d’efficience (rendement et qualité des moûts) au service de l’économie d’intrants. La souplesse de la technique favorise les apports correctifs en oligoéléments ou tardif pour optimiser la composition des moûts.

Quel système d’irrigation en goutte-à-goutte installer ?
La viticulture, face à des contraintes hydriques de plus en plus fortes et des recharges hivernales en eau de plus en plus faibles, a recourt à l’irrigation de manière presque systématique chaque année. Face à ce constat, se pose la question de l’optimisation du système d’irrigation en goutte-à-goutte. L’étude a comparé pendant trois millésimes un système classique aérien sous le rang à un système original encore peu répandu au vignoble basé sur la mise en place du réseau de goutteurs en enterré au milieu de l’inter-rang de vigne.
La méthodologie s’appuie sur 3 modalités :

  • un témoin sans irrigation
  • un système d’irrigation en goutte-à-goutte disposé sous le rang en aérien
  • un système d’irrigation en goutte-à-goutte enterré au milieu de l’inter-rang à 40 cm de profondeur

Enterrées dans le sol à différentes profondeurs sous et autour de la vigne, des sondes capacitives permettent de mesurer l’eau provenant d’une irrigation. Le suivi de ces sondes révèle que l’emplacement des tuyaux d’irrigation en goutte-à-goutte a des conséquences majeures sur la formation du bulbe d’irrigation et la diffusion de l’eau dans le sol.
Ainsi, un système aérien dans le rang produit un bulbe peu large mais profond, à l’image d’une colonne d’eau sous le goutteur sur un rayon de 30 cm. Un système enterré dans l’inter-rang permet une percolation du bulbe plus importante dans le sol au niveau de l’inter-rang sur un rayon de 60cm. Les résultats montrent que l’installation d’une irrigation enterrée sur vigne adulte n’impacte pas le comportement hydrique de la vigne ou sa charge en production dès la première année de mise en place.

Quel pulvérisateur privilégier pour traiter efficacement et limiter les intrants dans le cadre d’un V.I.E. ?
Le système de conduite d’un V.I.E. est basé sur la taille mécanisée en cordon libre. Il génère une disposition de la surface foliaire différente des systèmes de conduite traditionnels, en étant souvent plus large que haut. La question se posait de l’efficacité des différents types de pulvérisation et de l’importance de la vitesse d’avancement sur cette efficacité. Un essai d’envergure a été mis en place en 2021 pour répondre à ces deux interrogations. Une bonne pulvérisation correspond à une bonne répartition des produits au sein du feuillage de la plante, qui est dense pour un V.I.E. L’évaluation des pulvérisateurs s’est appuyée sur la mesure de la quantité de produit qui se dépose par unité de surface, soit la dose effective. Des cibles artificielles ont été posées dans la végétation tous les 20 cm de large et tous les 40 cm de haut. L’analyse des cibles a été réalisée une à une afin d’évaluer la dose effective mais également la distribution de produits. Cinq pulvérisateurs et deux vitesses d’avancement ont été étudiées : 5km/h et 8km/h.

Les résultats des différents pulvérisateurs ont été projetés sur un graphique à deux axes, avec en abscisse la quantité de dépôt et en ordonnée la répartition du produit (écart type par rapport à la moyenne). Ils ont montré qu’il existait de réelles différences entre les divers types de pulvérisateurs. La vitesse d’avancement n’est pas un critère primordial, elle a une influence moindre par rapport au choix du type d’appareil. Les appareils face par face sont ceux qui offrent la meilleure qualité de pulvérisation, les appareils à bi-turbine sont ceux les moins bien positionnés. Au vu de la densité de feuillage des vignes en V.I.E., les panneaux récupérateurs ne présentent pas forcément un gain.
Cette expérimentation montre qu’à partir du choix d’un pulvérisateur, il est possible de concilier qualité d’application, réduction des coûts et préservation de l’environnement.

De la plantation d’un V.I.E. à la taille : une somme de choix à raisonner
La conférence s’est clos sur le témoignage du site pilote d’Arterris/Cordier by Invivo, qui a présenté les do’s et dont’s des premières années de mise en place, cruciales pour la longévité du vignoble. Parmi les sujets abordés, l’identification des parcelles pour la plantation et la connaissance de ces dernières via des profils de sol est primordiale, des parcelles fertiles sont à choisir. De plus, ces analyses permettent de calibrer la fumure de fond, d’éventuellement installer un drainage du sol, de redresser en phosphate et en potassium le sol en fonction de ses besoins. Le sol est à préparer avant la plantation, un ripage par exemple va fissurer le sol donc faciliter l’enracinement de la vigne sans le retourner. Il convient également de choisir la manière dont le vignoble sera planté : manuellement ou mécaniquement, cela dépend notamment de sa composition. Concernant la taille mécanique, un des leviers du V.I.E., une des difficultés relevées est de transmettre les bonnes consignes aux équipes. Une des clefs pour faire de l’installation d’un tel vignoble un succès est également le choix du matériel pour le palissage qui doit permettre la mécanisation de la parcelle tout en supportant des rendements élevés.

Un retour d’expérience riche pour tous les viticulteurs intéressés par ce modèle de production venus assister à la conférence !

Le Président de l’Anivin de France, Bruno Kessler a conclu en indiquant que cette conférence représentait un véritable point d’étape pour les prochaines années à venir. L’approche décomplexée permise par la liberté offerte par Vin De France fait de ces vignobles un véritable laboratoire d’innovation collaboratif favorisant la diffusion et le partage des bonnes pratiques.


Pour visionner l’ensemble des interventions de la conférence du 30 novembre 2021, rendez-vous sur :


 

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