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Vendredi 03 décembre 2021 share tweeter share facebook share linkedin

Utiliser tous les modes d’action fongicides face au mildiou

Communication rédigée par SYNGENTA
Utiliser tous les modes d’action fongicides face au mildiou
Tous les modes d’action fongicides sont nécessaires pour maîtriser le mildiou mais les résistances sont là et la palette des multisites se restreint.

 

Un large panel de familles chimiques et de modes d’action mais toujours plus de résistances
« La panoplie des familles chimiques disponibles pour lutter contre le mildiou est encore large mais un grand nombre d’entre elles sont dotées d’un mode d’action unisite et sont concernées par des phénomènes de résistance. Cette problématique nécessite à la fois la limitation du nombre d’applications et l’association avec des modes d’action » observe Jean-Baptiste Drouillard, Expert technique national vigne chez Syngenta.

Sur 9 familles chimiques avec un mode d’action unisite autorisées dans la lutte contre le mildiou, la Note Nationale sur les résistances précise que ce sont en effet 7 d’entre elles qui sont concernées par des phénomènes de résistances :

  • les QoI-P (ex : azoxystrobine) ne sont d’ailleurs plus recommandées contre le mildiou,
  • les cyanooximes (cymoxanil), les anilides (ex : métalaxyl-M) et les CAA sont des familles chimiques concernées depuis plusieurs années par des phénomènes de résistance
  • les acylpicolides (fluopicolide), les QiI (amisulbrom et cyazofamide) et les QioI (amétoctradine) sont sous surveillance compte tenu de la progression de la résistance observée dans certains vignobles,

Pour toutes ces familles, cette Note Nationale fixe des recommandations de limitation à 1 ou 2 applications par an, en privilégiant à la fois l’association avec des modes d’action suffisamment efficaces. Elle insiste sur la nécessité de ne pas utiliser ces solutions fongicides en situation à risque élevé dans les secteurs où la résistance est confirmée.

Deux familles chimiques à action unisite sont à ce jour préservées des phénomènes de résistance :

  • les OSBPI (oxathiapiproline)
  • les benzamides (zoxamide)

Pour protéger l’efficacité de ces familles, il est malgré tout recommandé de limiter leurs nombres d’application par an et de les utiliser en association.

La palette des fongicides multisites se restreint
Cinq substances actives à action multisite étaient jusqu’à ce jour autorisées contre le mildiou : les composés du cuivre, le dithianon, le folpel, le mancozèbe et le métirame. Selon la Note Nationale ces substances actives ne sont pas concernées par les phénomènes de résistance et sont utilisées dans de nombreuses associations fongicides.

Pour la campagne 2022, le mancozèbe qui entrait dans la composition d’une trentaine de spécialités fongicides anti-mildiou sera retiré.

« Ce retrait va conduire à une utilisation accrue de spécialités contenant du cuivre y compris dans des programmes conventionnels dans la mesure où certains vignerons s’interdisent des matières actives classées CMR » remarque Jean-Baptiste Drouillard.

L’intérêt des biocontrôles en programme
Dans ce contexte à la fois de gestion des résistances pour certaines familles chimiques et d’une pharmacopée plus limitée en substances actives à action multisite, les solutions de biocontrôle s’invitent de plus en plus dans les programmes. « C’est déjà le cas des fongicides à base de phosphonates qui ont été largement utilisés et appréciés pour leur systémie dans une campagne 2021 marquée par une très forte pression mildiou » observe Jean-Baptiste Drouillard. Les phosphonates ne sont pas concernés par les phénomènes de résistance, mais il faut noter qu’ils ne sont pas autorisés en agriculture biologique. En revanche, les stimulateurs de défense naturelle (ex : COS-OGA), tout comme les produits à base de microorganismes (ex : Bacillus amyloliquefaciens) ou encore l’huile essentielle d’orange douce sont des produits de biocontrôles autorisés en agriculture biologique et ne sont pas concernés par la résistance. « Ce sont de précieux alliés de solutions conventionnelles et/ou cupriques pour renforcer l’efficacité des programmes en particulier en début et en fin de programme » souligne l’expert.


Quelle stratégie anti-mildiou demain ?
Avec moins de solutions fongicides, des résistances qui évoluent, le développement des biocontrôles et de nouvelles exigences sociétales environnementales, quelle stratégie anti-mildiou les vignerons pourront-ils mettre en œuvre dans les campagnes à venir ? Les pistes proposées par Gilles Robert et Ludovic Bonnard, Ingénieurs Solutions Agroécologie chez Syngenta dans le Sud-ouest et en Champagne, deux régions viticoles régulièrement impactées par le mildiou.

Les cœurs de programme à reconstruire 


La dernière campagne avec une pression mildiou exceptionnelle a réaffirmé l’importance d’une protection sans faille à la période la plus sensible entre floraison et fermeture de la grappe. Les fongicides les plus robustes en termes d’efficacité et de tenue au lessivage sont à réserver pour cette période à haut risque. Les vignerons doivent avoir en mémoire que des molécules comme la zoxamide ou l’oxathiapiproline offrent une tenue au lessivage de 60 mm, que la plupart des translaminaires résistent à 40/60 mm de pluie alors que la résistance au lessivage est de 30 mm pour le folpel et de 20 mm pour le cuivre.  Pour une protection durable contre le mildiou, la limitation du nombre d’applications fongicides par famille recommandée par la Note nationale doit être respectée en intégrant dans les programmes les fongicides à action multisite encore disponibles. Une équation parfois complexe à mettre en œuvre, car les vignerons doivent également prendre en compte les ZNT, les DVP, les DSR, les DRE et les exigences de certains cahiers des charges qui excluent certaines molécules. Dans ce contexte, l’intégration de solutions de biocontrôle dans les programmes est un atout pour mieux gérer les solutions fongicides encore disponibles et répondre aux nouvelles attentes environnementales et sociétales.

Gilles Robert, Ingénieur Solutions Agroécologie chez Syngenta dans le Sud-Ouest
 

Bien positionner les fongicides, intégrer les biocontrôles
La campagne 2021 a confirmé l’importance de bien positionner les fongicides en fonction de leur mode d’action mais aussi du risque de résistance. Les fongicides concernés par la résistance ne doivent pas être écartés mais en revanche, il est préférable d’éviter de les positionner au plus fort des contaminations. L’encadrement de floraison est la période la plus sensible et les fongicides systémiques sont les plus appropriés pour cette période en prenant en compte leur tenue au lessivage, un critère qui a souvent fait la différence en 2021. Les phosphonates associés à d’autres solutions fongicides ont également montré tout leur intérêt lors de cette campagne en apportant de la systémie ascendante et descendante. Plus généralement, l’intégration de solutions de biocontrôles en début et en fin de programme devrait se développer que ce soit en conventionnel ou en bio afin de protéger la vigne tout en limitant l’usage des fongicides.

Ludovic Bonnard, Ingénieur Solutions Agroécologie chez Syngenta en Champagne

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