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Les vignerons qui vendent en bouteille augmentent leurs tarifs pour s'en sortir... et ça passe
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Hausse des coûts de production
Les vignerons qui vendent en bouteille augmentent leurs tarifs pour s'en sortir... et ça passe

Pour les vignerons qui vendent en bouteilles, l’heure de passer des hausses a sonné. Pour certains, plutôt deux fois qu’une.
Par Mathilde Hulot Le 16 novembre 2022
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Jean Christophe Granier domaine Les Grandes Costes à Vacquières dans l'Hérault prévoit d'augmenter ses tarifs de 10 % en mars prochain - crédit photo : DR
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artons, bouteilles, capsules, bouchons, engrais, GNR, électricité… jusqu’aux pièces de rechange des tracteurs : la liste des factures qui explosent est longue, trop longue. Pour Jean-Christophe Granier, propriétaire du domaine des Grandes Costes, à Vacquières, dans l'Hérault, impossible de ne pas répercuter ces hausses vers ses clients. En janvier dernier déjà, il a augmenté ses tarifs de 10 %, alors qu'il se contente habituellement de 1,5 à 2,5 %. « Heureusement, dit-il, sinon je serais en déficit. »

Les clients suivent pour le moment

Jusqu’à maintenant, ses clients l’ont suivi. Lors d’un récent salon, son chiffre d’affaires réalisé sur place a même grimpé de 12 %. Mais il va devoir en remettre une couche : probablement de 10 % à nouveau, en mars 2023. « Idéalement, il faudrait que j’augmente mes tarifs de 20 % vu nos petites récoltes – la grêle cette année, le gel l’an dernier –, mais c’est impossible », établit-il.

Jean-Christophe Granier vend son entrée de gamme – un languedoc rouge – à 12,50 €, et son pic-saint-loup 17,50 €. Il compte passer ce dernier à 19 ou 19,50 €, prix public. Il l’annoncera à ses clients en début d’année dans un courrier, où il leur proposera de commander avant que la hausse n'entre en vigueur.

Abandon des cuvées peu rentables

Autre décision, cette année : il ne produit pas son vin soif appelé "Le blanc Canaille", vendu à 8,95 €. Pas assez rentable, compte tenu du rendement, 20 hl/ha. A la place, il va lancer Contraste, qu’il positionnera bien haut. Jean-Christophe Granier sait qu’il marche sur des œufs. « Lorsque les vins deviennent trop chers, les cavistes ne bronchent pas mais ils deviennent vite injoignables », remarque-t-il.

Carine Dalmasso gère avec son frère le domaine de la Source, à Nice, dans l’appellation Bellet. Ils exploitent 7 ha et produisent 20 000 bouteilles par an. Elle est aussi très préoccupée par la hausse des coûts de production. Début 2023, elle devra réajuster ses prix, sans doute de 50 cts pour ses vins qui démarrent à 19,50 €/col. Comme ça ne suffira pas, elle pense par ailleurs réduire ses investissements. Carine Dalmasso réalise 80 % de son chiffre d’affaires au caveau et compte sur la compréhension de ses clients pour faire passer cette hausse.

Des hausses "raisonnables"

Bernard Bohn, lui, a augmenté son tarif de 10 % au 1er septembre. Mais il va devoir remettre le couvert début janvier : « Nous ne toucherons pas aux cinq premiers vins de notre gamme, mais nous augmenterons nos cuvées haut de gamme de 2 à 8 % », prévient-il. Situé à Reichsfeld, en Alsace, son domaine fait 10 hectares en agriculture bio sur des coteaux abrupts. Même s’il a grêlé en 2022 et si la demande pour ses vins est forte, il tient à rester « raisonnable », surtout pour ses ventes en Europe « où tout flambe ». En revanche, il pense que ses clients outre-Atlantique ne sentiront pas trop passer la nouvelle hausse qu’il prépare, du fait de la chute de l’euro. Début novembre, c’est surtout l’incertitude des temps actuels qui le tracassait.

 

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Tous les commentaires (1)
Rock Le 19 novembre 2022 à 00:55:06
Article pas très crédible. A 12,5 ? la bouteille la moins cher et à 19 ? pour l'autre exemple, c'est ridicule de se plaindre. La marge de manoeuvre n'est pas la même pour les propriétés qui vendent beaucoup moins cher et qui ont les mêmes coûts de production.
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