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Quand la première machine à vendanger débarquait en Anjou
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Déjà un demi-siècle
Quand la première machine à vendanger débarquait en Anjou

En 1972, la vendange se mécanise pour la première fois en Anjou. Bruno Brault se souvient des premiers pas de la machine dans ses vignes.
Par Patrick Touchais Le 21 septembre 2022
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Quand la première machine à vendanger débarquait en Anjou
La première machine à vendanger en Anjou a tourné pendant près de 30 ans. - crédit photo : DR
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ouvenirs, souvenirs… Les vendanges 2022 résonnent comme un anniversaire pour l’exploitation Brault Frères à Brissac en Anjou. Il y a 50 ans, arrivant tout droit des Etats-Unis, la toute première machine à vendanger, de marque Chisholm, était lancée dans le vignoble angevin.

“A l’époque, on avait 70 ha de vignes et il était compliqué de recruter des vendangeurs pour cette surface. Il fallait les loger et les nourrir. On cherchait aussi toujours les meilleurs outils pour améliorer la productivité. Avec les conseils de l’IFV et du GDDV, on était allé voir cette machine tourner dans le Sud”, raconte Bruno Brault, aujourd’hui retraité, associé à son frère Bernard, décédé en 2013. Convaincus par la démonstration et les arguments techniques, les frères Brault ont investi 180 000 Francs de l’époque pour s’équiper (soit l'équivalent actuel de 182 111 euros d'après les outils de l'INSEE).

La première récolte ne fut pourtant pas des plus concluantes. “En 1972, il y avait une très grosse récolte et ça mûrissait mal. On avait gelé l’année d’avant. Il fallait taper fort. On a eu des doutes, mais en 1973, avec une vendange normale, on s’est rendu compte que ça fonctionnait très bien. Honnêtement, il nous a fallu 7 ou 8 millésimes pour parvenir à la régler parfaitement. On avait formé un ouvrier pour la manœuvrer. Mais hormis le fait que c’était haut et que ça paraissait impressionnant, ensuite c’était assez facile à conduire”. La machine utilisait le même système de battage qu’aujourd’hui, quoique plus rigide, mais ne comportait pas d’espace de stockage ; il fallait donc qu’une benne tractée suive en parallèle.

Machine vitrine

En tout cas, l’engin a suscité la curiosité. De nombreux vignerons voisins sont passés la voir. “Jusqu’à 100 personnes en une journée !”, se souvient Bruno. En 1974, un deuxième domaine s’est équipé. Chez les Brault, ça a accéléré la restructuration du vignoble, pour arracher les vignes en gobelet.

La machine est désormais remisée au fond d’un hangar aujourd’hui, comme souvenir d’une époque… mais elle a été largement amortie. Elle a tourné près de 30 ans dans le domaine, repris à la fin des années 1990 par le fils de Bruno, Sylvain, et celui de Bernard, Olivier. Les deux cousins comme leur père sont adhérents à 100 % de la coopérative Les Caves de la Loire. L’exploitation compte aujourd’hui 140 ha.

 


 

Bruno Brault, devant la machine de 1972, remisée au fond d’un hangar à Brissac. Photo P.Touchais

 

 

 


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