Accueil / Viticulture / Des vignerons tentent la géobiologie face aux impasses inexpliquées
Des vignerons tentent la géobiologie face aux impasses inexpliquées
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin

"Truc de fou"
Des vignerons tentent la géobiologie face aux impasses inexpliquées

Philippe Cissé est géobiologue en Touraine. Il intervient chez des vignerons à court de solutions face à des vignes atteintes d’esca, de court-noué ou des problèmes de fermentation. Retours d’expériences de ces producteurs qui se sont ouverts à cette pratique, où le mystère n’exclut pas un certain pragmatisme.
Par Ingrid Proust Le 20 septembre 2022
article payant Article réservé aux abonnés
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Des vignerons tentent la géobiologie face aux impasses inexpliquées
Philippe Cissé (à gauche) est intervenu dans les vignes d’Eric Pasquier à Château Gaudrelle à Vouvray. - crédit photo : Ingrid Proust
«

 Il ressent des choses, il travaille comme un sourcier. Dans nos vignes il nous a dit avoir perçu un manque d’échanges entre le sol et le ciel, des problèmes de circulation d’énergie, de respiration de la terre ». Patrick Olivier, vigneron à Saint-Nicolas-de-Bourgueil et président de l’Organisme de Défense et de Gestion (ODG), a récemment fait intervenir un géobiologue tourangeau, Philippe Cissé. Comme d’autres vignerons de la commune, ce producteur est confronté depuis des années à un étrange phénomène. « Dans certains îlots, la vigne ne pousse que sur 20 à 30 cm et a très peu de grappes. Nous avons tout essayé, des apports d’engrais azoté, de fumier, nous avons arraché et replanté, explique Patrick Olivier. Pour l’instant, l’intervention de M. Cissé n’a pas donné de résultat, il va revenir en septembre, je vais faire de nouveaux essais. Peut-être que cela marchera, ou pas ». 

Philippe Cissé a travaillé dans l’industrie avant de découvrir sa « sensibilité », et de se former à la géobiologie dans l’habitat, puis en viticulture et dans les chais. Il traque les cours d’eau souterrains, les failles, « les cheminées cosmo telluriques » négatives, qui peuvent selon lui avoir une influence nocive sur les vins, la vigne et tout être vivant. « Comme un magnétiseur, je libère des points de congestion pour mieux faire circuler l’énergie. Mon travail est finalement très pragmatique. J’enlève la mémoire négative des lieux pour la remplacer par des intentions positives », expose-t-il.

Un truc de fou

« C’est étonnant au début de le voir travailler avec sa baguette. Cela peut sembler un truc de fou, mais contrairement à nous il peut percevoir les sources des problèmes dont nous subissons les conséquences », confie Eric Pasquier. A la tête du château Gaudrelle à Vouvray, ce vigneron bio a fait appel à Philippe Cissé en 2021. « Nos vins et ceux d’autres domaines ne s’exprimaient pas pleinement dans notre espace dégustation, tout comme les groupes que l’on y recevait. Depuis son intervention, mes vins s’expriment mieux et les dégustations se sont améliorées ». Le géobiologue a aussi travaillé sur des vignes du domaine, en manque de vigueur ou posant des problèmes de maturité. « En 2021 la récolte a été mauvaise en raison du mildiou mais je poursuis ma démarche avec lui », indique Eric Pasquier.  

Dans le Loir-et-Cher, Thierry Puzelat, un autre vigneron bio, travaille avec Philippe Cissé depuis trois ans. « J’ai une parcelle très atteinte par l’esca. Il m’a expliqué qu’elle était très chargée négativement, qu’il s’agissait d’un ancien champ de bataille. Sur 1,5 ha, il a détecté 24 cheminées négatives, il en a enlevé et ma vigne est un peu mieux. J’avais aussi une cuve où la fermentation ne se faisait pas, sans raison apparente. C’était semble-t-il également lié à une cheminée négative. Après le passage du géobiologue, l’an dernier la cuve a fermenté comme une balle ».

500 € HT

Cela fait près de 10 ans que Philippe Cissé fait de la géobiologie en viticulture. « J’ai commencé à Sancerre sur le court-noué, puis mon activité s’est développée, j’ai de plus de plus de demandes ». Il intervient à la demi-journée, tarifée 500 € H.T, sans garantie de résultat.

« Il est essentiel pour moi de travailler avec les ressentis des vignerons qui me sollicitent, souligne Philippe Cissé. Je les revois une fois par an pour réajuster si besoin mes interventions. Ma démarche est très complémentaire à la viticulture bio et biodynamique, je suis en fait un consultant environnemental ».

 

 

 

 

 

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2022 - Tout droit réservé