LE FIL

Les jours sont-ils comptés pour les vignobles familiaux ?

Vendredi 30 juillet 2021 par Alexandre Abellan

Image d’Épinal du vignoble français, les domaines familiaux de petite à moyenne taille constituent-ils une espèce en voie de disparition ? Toujours plus contraints par la multiplication des aléas climatiques, la marche forcée des transitions environnementales, la difficulté des prospections commerciales, la surcharge administrative, la gestion du personnel et les difficultés de transmission intergénérationnelle, ces vignobles semblent cumuler les handicaps d’échelle pour répondre à ces défis (qui n’épargnent pas les plus grandes structures). De responsable technique au metteur en marché, en passant par représentant public et pilote de la logistique, les multiples métiers de l’exploitant vitivinicole tombent sur un nombre très limité de dirigeants, toujours plus épuisés.

Avec une crise sanitaire n’en finissant pas (avec son lot de trésoreries tendues, pour ne pas dire exsangues) et un millésime 2021 particulièrement éprouvant (gel, grêle, mildiou, oïdium, sécheresse…), les multiples pressions usent. Cette lassitude mène à la réflexion, et à une revue de solutions : de l’abandon (retraite anticipée, reconversion, etc.) à la coopération (rejoindre une cave pour se concentrer sur l’amont et déléguer l’aval), en passant par l’extension (accroître la propriété pour réaliser des économies d’échelle, y compris en lançant une activité de négoce), la spécialisation (réduction du domaine pour être plus indépendant et autonome, sur une niche plus valorisante), la diversification (d’autres cultures ou d’autres activités comme le solaire ou le tourisme)... Dans tous les cas de figure, les perspectives d’évolution existent. Et la période, certes trop brève, de vacances estivales que s’accordent actuellement les responsables d’exploitation est l’occasion de se pencher sur les leviers qui existent pour renforcer la pérennité d’une espèce certes menacée, mais ayant une qualité majeure : la réactivité.

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LULU71 Le 30 juillet 2021 à 13:05:37
Votre article représente l'évidence. Un "viticulteur" doit maintenant être gérant, informaticien, vinificateur, vendeur, exportateur, laboureur, vendangeur, employeur sous la pression toujours constante de la CAVB; du BIVB dont l'oxymore volontaire-obligatoire est toujours aussi contestable, de la distillerie, des douanes, des unions de producteurs, des obligations gouvernementales, des consommateurs qui en désirent toujours plus avec les informations sur étiquettes dont la liste s'allonge chaque jour. Bientôt nous serons tenus de préciser la taille de nos chaussures. Sans parler des opposants à l'alcoolisme, des écolos de tout bord. N'évoquons pas ici nos heures de travail ni les angoisses : faire du bon vin, en avoir assez mais pas trop, le vendre et...être payé... Bref je cesse ma diatribe mais si nous comparons notre multi activité aux grands groupes on observe que tous les travaux ici cités sont fait par de nombreux employés qui bien souvent ne sont pas concernés par la propriété familiale. Alors oui; trois fois oui la petite propriété familiale est en danger. Bon courage à tous ceux qui sont dans notre situation !
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