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Provence
Condamné pour avoir tiré sur un vigneron pendant un traitement

La justice condamne l'auteur des coups de feu lors d'un passage de pulvérisateur nocturne dans le Var, permettant au vigneron visé de tourner la page d'un été traumatisant.
Par Alexandre Abellan Le 21 décembre 2020
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Condamné pour avoir tiré sur un vigneron pendant un traitement
Après coup, le viticulteur a découvert les deux impacts de balle sur la cuve de son pulvérisateur. - crédit photo : DR
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« C’est fini, c’est jugé ! » souffle le vigneron Fabrice Brun, pouvant passer à autre chose à l’issue de l’audience et du délibéré ce 17 décembre du tribunal correctionnel de Draguignan (Var). Les magistrats condamnent Daniel Virelizier, le voisin ayant fait feu sur le tracteur et le pulvérisateur conduits par Fabrice Brun dans la nuit du 16 juillet, lors d’un traitement nocturne sur la commune de Gonfaron. Ayant indiqué être ivre au moment des faits, Daniel Virelizier reconnaît avoir tiré avec une carabine de chasse, 22 Long Rifle, mais a été incapable d’expliquer clairement son geste.

Le tribunal condamne « l’auteur de violences avec arme » à un an de prison avec sursis (avec un sursis probatoire de deux ans), à une peine complémentaire l'interdisant de détenir ou porter une arme pendant dix ans (entraînant de facto une interdiction de chasse), ainsi qu’à des sommes de 2 000 € au bénéfice du vigneron Fabrice Brun pour préjudice, de 800 € pour dégâts matériels au profit du domaine de Paris (dont Fabrice Brun est le directeur d’exploitation) et 1 € symbolique pour la Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants du Var (FDSEA 83, portée partie civile).

Cela aurait pu arriver à un autre

Père de 5 enfants, Fabrice Brun reste marqué par cette nuit d’été où des balles ont sifflé et percé son pulvé (voir encadré). « Cela aurait pu arriver à un autre, à un jeune. Toute ma famille a été choquée » reconnaît-il pudiquement. Pour le vigneron, l’essentiel est d’avoir reçu les excuses de son voisin de 20 ans : « il reconnaît ses torts. Il était essentiel de le faire réfléchir. Cela fait rire, mais je pensais que des travaux d’intérêt général, comme arracher des herbes, auraient pu l’aider. Il s’agit de grandir et pas seulement punir. »

Cette condamnation lui permet de tourner la page, alors qu’une Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité (CRPC) lui avait fait craindre une absence de procès. Ce 23 novembre, le procureur proposait 4 mois de prison avec sursis et 4 ans d’interdiction de tir. « Le président n’a pas homologué ces réquisitions, permettant d’avoir un procès digne de ce nom. La procédure de la CRPC était inadaptée, il s’agit d’une tentative de meurtre » explique maître Nicolas Perez, la défense de Fabrice Brun.

 

Contactée, la défense de Daniel Virelizier n'a pas donné suite à date de publication.

 

Fabrice Brun rappelle sa nuit de traitement :

« C’était mon dernier traitement de cuivre. A la fin de ma première cuve, à 2h50 du matin, j’étais devant la cuve de rinçage pour attendre qu’elle se vide quand j’ai entendu un bruit inconnu. Il n’y avait personne autour, il faisait nuit et je ne voyais rien. Je suis remonté dans le tracteur après avoir vidé ma cuve et suis passé dans la vigne. J’ai encore entendu un bruit bizarre. Quand je suis rentré à 3h15 sur l’aire de remplissage, j’ai vu des fuites d’eau. A 5 heures, les gars sont venus pour une plantation de piquets et je ne me suis pas arrêté. J’ai appelé la gendarmerie à 8 heures, à 11 heures je dormais et à 13 heures je me suis réveillé pour déposer aux gendarmes »




 

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