LE FIL

Aides FranceAgriMer

Des devis en série pour les fournisseurs de pulvérisateurs et d’outils de travail du sol

Vendredi 23 octobre 2020 par Marion Bazireau

Malgré la crise les viticulteurs veulent renouveler leur matériel.
Malgré la crise les viticulteurs veulent renouveler leur matériel. - crédit photo : IFV
Les fabricants et distributeurs d’outils de travail du sol et de matériel de pulvérisation établissent un nombre record de devis depuis l’ouverture de la téléprocédure FranceAgriMer. Ils espèrent que les commandes suivront. Pour l'heure peu de viticulteurs ont obtenu leur subvention.

« C’est presque devenu pervers, nos interceps ne se vendent plus que par le biais des dossiers FranceAgriMer » pose Lilian Lespinasse, commercial France chez Braun. Les commandes arrivent par vagues depuis l’ouverture de la téléprocédure pour l’aide à l’achat de matériel permettant de réduire l’utilisation des produits phytosanitaires fin juillet, « en fonction des cycles de validation des dossiers dans les différents départements. »

"La situation va se tendre "

Pour l’heure, le fabricant d’interceps honore sans difficultés ces nouvelles commandes. Il livre son matériel en quinze jours. « Nous tenons la cadence car la période qui court de septembre à janvier est habituellement la plus creuse de l’année. Nous facturons autour de 40 000€ par mois alors qu’en mars ou en avril cela peut monter à 1,8 million » explique Lilian Lespinasse.

La situation va se tendre à partir de la mi-janvier, quand les commandes classiques vont venir s’ajouter à celles liées aux aides FranceAgriMer. « Et en mai, nos délais de production seront surement trop longs pour une livraison avant la fin de la campagne 2021. »

D’autant que Braun manque de visibilité sur les mois à venir pour établir un bon calendrier de production. « Nous ne savons pas comment les concessionnaires vont réagir à l’annulation des salons. Et nous ne savons pas non plus quand les viticulteurs pourront déposer des dossiers pour les projets d’investissement à enjeu environnemental (PVE). » Lilian Lespinasse espère que ce sera le cas avant la fin de l’année pour lisser son activité.

Dans le flou

Son confrère Jean-Baptiste Tournier est lui aussi dans le flou. « Nous recevons beaucoup de demandes de devis, essentiellement pour des outils de travail du sol. Les viticulteurs anticipent la baisse des doses de glyphosate. Mais pour l’instant nous ne faisons pas davantage de commerce » assure le responsable du développement commercial et marketing chez Chabas.

En effet, la plupart des viticulteurs attendent de connaître le montant de leur subvention pour investir. « Or, depuis le 10 août, FranceAgriMer ne valide plus de dossiers. Tout le monde se pose des questions. On ne sait pas si toute l’enveloppe a été consommée ou si les agents sont simplement débordés » regrette-t-il.

En Gironde, la concession Chambon a observé le phénomène inverse. « Après plusieurs mois d’attente, quelques vignerons commencent à obtenir le feu vert de FranceAgriMer » témoigne le chef des ventes Stéphane Coudriau.

"Les viticulteurs veulent investir "

Et contrairement au fabricant, c’est sur le matériel de pulvérisation que le concessionnaire voit vraiment l’effet de l’appel à projets. « Cela fait trois ans que les ventes d’outils de travail du sol explosent. Cette année ne fait pas exception. En revanche nous nous attendions à une baisse des commandes de pulvérisateurs après deux campagnes soutenues en 2018 et 2020 du fait de la forte pression phytosanitaire. Finalement, il semble que la subvention incite les viticulteurs à renouveler leur matériel » rapporte Stéphane Coudriau.

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