LE FIL

Changement de braquet ?

Vendredi 13 mars 2020 par Marion Sepeau Ivaldi

Le vin est une boisson hydroalcoolique, plaisantent certains. Un petit trait d’humour bienvenu en cette période décidément troublée par le coronavirus. Reste que le vin est par nature un produit qui ne se passe pas de l’interaction humaine, de physique, de convivialité, d’échange. Il est bien mal adapté à cette période de combat contre un ennemi invisible qui invite au repli sur soi, à ériger des frontières entre les individus. Cette crise va modifier en profondeur nos rapports. C’est certain. L’allocution présidentielle montre, à ce titre, un changement de braquet. Emmanuel Macron a ainsi évoqué dans son discours du 12 mars, l'alimentation. Le président a estimé qu’elle se classait dans les «biens et les services qui doivent être placés en dehors des lois du marché». «Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner, notre cadre de vie au fond, à d'autres est une folie », a indiqué le chef de l'Etat. Quelle conséquence cela aura-t-il pour le vin français ? Son classement en tant que « patrimoine culturel, gastronomique et paysager de la France » en 2014 sera-t-il un argument pour le considérer en dehors des lois du marché ? Est-il fait pour cette logique économique ? Les débats, s’ils ont lieu, risquent d’être nourris.

 

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VOS RÉACTIONS
Anthony Taylor Le 13 mars 2020 à 17:32:47
Le virus est bien sûr un élément aggravant et va contribuer à la baisse importante de la consommation hors domicile dû aux restrictions de déplacement. Mais un autre aspect très grave c'est la baisse des revenus d'une grande partie de la population dû à la baisse brutale du commerce en général. Ca risque d'impacter de façon importante le pouvoir d'achat et donc les dépenses "non-essentielles" des ménages. Une catastrophe pour le secteur du vin.
Vigneron en colère Le 13 mars 2020 à 17:06:38
Manifestement cette "folie" à été entendue par les auditeurs de l'intervention de notre cher dirigeant. Mais qui est à l'origine de cette folie mondialisatrice ? La population a-t-elle contribué à la mise en place de cette décentralisation ? Notre façon de consommer et d’exercer notre métier a-t-elle été réfléchie ? Autant de questions qu'il est un peu tard de se poser, mais qui peut être vont éveiller les consciences et réactiver le bon sens paysan. Et pour faire suite à un récent article relatant du point de vue de Jacques DUPONT quant à la biodynamie, de nombreuses réactions de lecteurs ont ici même salué le point de vue de Jacques. Je pense notamment aux réactions de quelques responsables au sein de châteaux bordelais renommés ! Et si Steiner avait raison dans sa conception de l'organisme agricole, en tant qu'entité autonome !!! Autonome ne veut pas dire autarcie. Bonnes élections, et bon courage à toutes et tous pour les semaines, pour les mois à venir...
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