LE FIL

Nicolas Richarme

« Création d’une segmentation sur le marché des vins en vrac bio »

Jeudi 30 janvier 2020 par Marion Sepeau Ivaldi

Nicolas Richarme, président de SudVinBio : 'Ce n’est pas parce qu’il y a du vin bio en vrac qu’il faut que les prix baissent'
Nicolas Richarme, président de SudVinBio : 'Ce n’est pas parce qu’il y a du vin bio en vrac qu’il faut que les prix baissent' - crédit photo : SudVinBio
Rencontre avec le président de SudVinBio à propos des cours du vrac des AOC bio du Rhône et, plus largement, des AOC vrac bio.

A-t-on atteint un prix plafond sur le marché des cours du vrac de Côtes-du-rhône bio ?

Nicolas Richarme : L’an dernier, les cours du vrac bio en Côtes-du-Rhône ont progressé de manière sensible du fait d’un manque de volume. Cette année, les prix se stabilisent autour de 225 euros/hl alors que les volumes sont en hausse de 30 à 40 % par rapport à l’année dernière. C’est un prix raisonnable à la fois pour l’acheteur et convenable pour les vignerons. A ce cours, nous estimons que le revenu brut de l’exploitant oscille entre 10 000 et 12 000 euros/ha. C’est le revenu nécessaire pour investir et maintenir un vignoble en l’état.

 

En quoi cette stabilité des cours concomitante à une hausse de l’offre permet-elle de réguler le marché ?

Nicolas Richarme : Nous prônons la stabilité. Ce n’est pas parce qu’il y a du vin bio en vrac qu’il faut que les prix baissent. Ne reproduisons pas les erreurs du passé. Pour rappel, en 2010, les prix ont connu une tendance haussière en Côtes-du-rhône, ce qui a stimulé les conversions. Puis, en 2014, les prix se sont effondrés pour rejoindre ceux des vins conventionnels. Résultat : en 2015, l’offre en Côtes-du-Rhône bio avait diminué de moitié, à 100 000 hl.

 

Comment, dans ces conditions, gérer l’offre qui s’annonce en croissance ?

Nicolas Richarme : Pour construire un marché, il faut éviter que les prix ne fassent le yoyo. Avec des prix stables, les volumes seront stables, ce qui assure une vision à long terme pour le négoce. Au cours de cette campagne, le marché du vrac est en train de construire une segmentation. Les vins qualitatifs seront bien valorisés tandis que les entrées de gamme seront sur des créneaux de prix inférieurs. Cela rompt avec les années antérieures où les vins en vrac bio n'avaient qu'un seul prix quelque soit leur niveau qualitatif. C’est une bonne chose pour le consommateur car cette segmentation va permettre une montée en gamme de l’offre. Par ailleurs, le négoce a désormais une palette de choix ce qui est important pour répondre aux attentes des marchés qui peuvent être différentes.

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