LE FIL

Menacé d’un fusil

Un vigneron agressé alors qu’il traitait ses vignes

Mercredi 27 juin 2018 par Chantal Sarrazin

Vincent Burle devant son pulvérisateur
Vincent Burle devant son pulvérisateur
Coopérateur à la cave de Trets dans les Bouches-du-Rhône, Vincent Burle a été mis en joue par un voisin équipé d’un fusil de chasse alors qu’il traitait ses vignes contre le mildiou. Aujourd'hui, il milite pour mieux expliquer le métier de viticulteur et ses contraintes.

Vincent Burle a eu très peur. Dans la nuit du 30 au 31 mai sous les coups de minuit, un individu l’a agressé avec son fusil de chasse alors qu’il traitait l’une de ses parcelles de vignes contre le mildiou sur la commune de Peynier où il exploite 48 ha en côtes-de-Provence et en IGP.

"Tir de sommation"

« Cette parcelle d’un hectare est entourée de maisons, explique-t-il. J’effectuais mon dernier passage, lorsque j’ai aperçu une lampe torche au bout de la rangée où je me trouvais. »

À une cinquantaine de mètres de lui, un homme effectue un tir de sommation. Très remonté, il reproche à Vincent Burle de causer du bruit avec son tracteur et d’empêcher sa famille de dormir. « J’ai tenté des explications, mais il n’a rien voulu savoir, poursuit le vigneron. Il a menacé d’appeler les gendarmes. Je lui ai dit que nous allions le faire ensemble. »

"Tenu en joue"

Vincent s’est alors dirigé vers son tracteur pour aller chercher son téléphone portable. « Quand, je suis revenu près de mon agresseur, il me tenait en joue avec son arme », enchaîne le vigneron. « Si tu bouges, je tire », lui a intimé l’homme avant de baisser finalement son arme et de repartir chez lui.

Dès le lendemain, Vincent Burle a déposé plainte à la gendarmerie de Trets (13). Auditionné, son agresseur a été placé en garde à vue. Il sera jugé en août prochain.

"Eviter le pire"

Jusqu’alors Vincent Burle n’avait jamais eu de problème avec ses riverains. Aujourd’hui, il tient à témoigner pour sensibiliser ses collègues et le grand public aux problèmes que rencontrent les agriculteurs dans son département pour éviter que le pire ne se produise.

Il envisage d’organiser une réunion avec les riverains de ses parcelles. « Nous devons expliquer notre travail et trouver des solutions pour vivre en bon entente », souligne-t-il. Un geste d'ouverture qui est soutenu par la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs des Bouches du Rhône : "il est nécessaire de trouver des compromis. Il faut que les citoyens habitant à proximité des exploitations agricoles comprennent les contraintes des agriculteurs" expliquent les deux syndicats dans un communiqué daté du 19 juin. Ils dénoncent également : des "agressions [...] disproportionnées et de plus en plus fréquentes. Le climat ambiant d'agri bashing, relayé par les médias, conduit dans les cas les plus extrêmes à des suicides d'agriculteurs". 

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