LE FIL

Lissage et dose à négocier

La réhomologation du cuivre à un tournant européen

Jeudi 24 mai 2018 par Alexandre Abellan

Sur ces nouvelles bases de négociations, tout l'enjeu est d'obtenir un lissage et une augmentation des doses.Sur ces nouvelles bases de négociations, tout l'enjeu est d'obtenir un lissage et une augmentation des doses. - crédit photo : INRA
Bruxelles semble sensible aux appels, notamment viticoles, sur la nécessité de maintenir l’autorisation de traitements cupriques.

Même si d’âpres négociations sont encore à mener, c’est un premier soulagement pour l’ensemble du vignoble communautaire, bio mais pas que, qui craignait une interdiction pure et simple du cuivre. Des échos précis de la Commission Européenne font savoir que les négociations sur la réhomologation du cuivre ne se baseraient par sur les conclusions de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA). Rendu en janvier 2018, ce rapport préconise l'arrêt de la commercialisation du cuivre. Les vives critiques sur ses inexactitudes méthodologiques (notamment par la filière bio) semblent conduire à sa mise en retrait.

Alors que les discussions des experts santé du comité permanent des plantes se tiennent ces 24 et 25 mai, elles se baseraient plutôt sur les conclusions d’un rapport français de 2016, réalisé par l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES). Concrètement, cette étude propose un renouvellement du cuivre à une dose de 4 kg par hectare et par an avec une révision à 5 ans. Alors qu’actuellement, le cadre est de 6 kg/ha/an lissé et révisé tous les 7 ans.

"Dynamique positive"

Venant de la Commission Européenne, ce changement de référentiel serait une reconnaissance que le cuivre n’est pas un produit phytosanitaire comme les autres. « En se détachant des conclusions de l’EFSA, la dynamique de la Commission est positive. Il y a un danger majeur pour tout le vignoble européen de se retrouver sans cuivre. Ce qui mettrait un coup d’arrêt à la bio, mais pas que » souligne Thomas Montagne, le président de la Confédération Européenne des Vignerons Indépendants (CEVI).

Particulièrement vigilant, le vigneron du Luberon se mobilise désormais pour réintroduire le lissage des doses (« un outil intelligent qui incite à "économiser" le cuivre les bonnes années en prévision des mauvaises »). Sans oublier une hausse de la dose, les études de l’Institut Technique de l’Agriculture Biologique concluant à « l’impossibilité actuelle de respecter 4 kg/ha.an de cuivre, selon les années et les vignobles » français (notamment en Aquitaine, Bourgogne, Champagne…).

Suite au vote des Etats membres, la décision de la Commission sur la réautorisation du cuivre est attendue septembre prochain. Le délai étant serré, l’homologation actuelle arrivant à son terme en janvier 2019.
 

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