LE FIL

Cavas y movida

En cas d'indépendance, Codorníu et Freixenet quitteront la Catalogne

Vendredi 20 octobre 2017 par Alexandre Abellan

L’annonce de Codorníu est un symbole fort, l’entreprise familiale revendiquant le titre de société la plus grande ancienne d’Espagne, ayant été fondée en 1511.L’annonce de Codorníu est un symbole fort, l’entreprise familiale revendiquant le titre de société la plus grande ancienne d’Espagne, ayant été fondée en 1511. - crédit photo : Codorníu Raventós
Situés à Barcelone, les sièges sociaux de producteur d’effervescents pourraient être rapidement transférés, alors que les positions politiques sur l’autonomie catalane s’enveniment.

Revendiquant, comme tous les cavas, leurs enracinements barcelonais, les groupes Codorníu et Freixenet envisagent de couper le cordon face aux tensions et incertitudes entourant l’indépendance de la Catalogne. Ce 16 octobre, le conseil d’administration du conglomérat Unideco a décidé que le siège social de son entreprise Codorníu Raventós changerait de siège social en cas d’indépendance catalane. Codorníu quitterait ainsi Barcelone (Catalogne) pour Haro (La Rioja). Faisant état « d’incertitudes politiques et juridiques », le communiqué d’Unideco annonce « garantir ainsi les intérêts de ses employés et clients » rapporte El País. Cette délocalisation serait cependant limitée au seul siège social, les bodegas et autres outils de production n’étant évidemment pas concernés.

Ce même 16 octobre, José Luis Bonet, le président du groupe Freixenet, a réalisé ce qu’il a annoncé précédemment : demander à son conseil d’administration de déménager le siège social en cas de déclaration unilatérale d’indépendance, comme le rapporte El Periódico.

150 départs/jour

Alors que l’ultimatum du 19 octobre fixé par le premier ministre espagnol Mariano Rajoy a expiré, l’article 155 de la Constitution ibérique doit désormais être appliqué, levant l’autonomie de la province catalane sans que ses modalités concrètes soient encore connues. Certifiant avoir suspendu le vote parlementaire de la déclaration d’indépendance du 10 octobre (ayant suivi le référendum du premier octobre dernier), Carles Puigdemont, le président de la Catalogne, continue pour sa part d’accuser le gouvernement espagnol de répression et d’obstruction au dialogue.

Persistantes, ces tensions maintiennent l’incertitude, pour ne pas dire l'incompréhension, ce qui entraîne logiquement un mouvement de fuite dans les cercles économiques. « L’inquiétude du monde économique sur la situation politique en Catalogne provoque depuis le sept octobre (et le changement localisation des sièges des Banco Sabadell et Caixabank) un départ quotidien de 150 entreprises ayant leurs sièges dans la communauté » souligne El Mundo.
 

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