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Du jamais vu

« La plus petite récolte depuis 1945 »

Vendredi 25 août 2017 par Bertrand Collard

Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer (archive)Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer (archive) - crédit photo : B. Collard
Le président du conseil des vins de FranceAgriMer prévoit une récolte inférieure à 37 millions d’hl, alors que le ministère de l’Agriculture annonce 37,2 millions d’hl. Pour Jérôme Despey les prix des IGP et des vins sans IG doivent remonter.

« Nous sommes dans l'exceptionnalité en tous points, annonce Jérôme Despey. D'abord en raison de la précocité des vendanges qui ont démarré avec 15 jours à trois semaines d'avance. C'est une précocité inégalée. Ca fait 30 ans que je suis vigneron. J'avais déjà commencé à vendanger autour du 15 août, mais jamais le 10 août, comme cette année. »

"Moins que le ministère"

« Ensuite, la récolte sera exceptionnellement basse à cause du gel de printemps et de la sécheresse cet été. Je crains malheureusement qu’elle soit inférieure à 37 millions d'hl ».

Une heure avant que Jérôme Despey prenne la parole devant la presse, ce 25 août au siège de FranceAgriMer, le ministère de l'Agriculture avait publié des prévisions annonçant 37,2 millions d'hl (contre 37,6 millions d’hl, mi-juillet).

Jérôme Despey n'y croit pas en raison de la sécheresse qui règne dans son bassin, le Languedoc-Roussillon, où le ministère annonce 11,4 millions d'hl alors que les producteurs pensent qu'ils rentreront moins de 11 millions d'hl.

« Ce sera la plus petit récolte depuis 1945 », annonce le président du conseil des vins de FranceAgriMer. Rappelons qu'en 2016, la récolte s'était élevée à 45,5 millions d'hl.

"Beaucoup de stocks"

Malgré cela, les marchés à la consommation devraient être normalement approvisionnés car il reste des stocks, notamment en Languedoc-Roussillon. FranceAgriMer n’est pas encore en mesure de les chiffrer mais Jérôme Despey assure qu’il suffit de se rendre dans les caves pour constater qu’ils sont « importants ». Les négociants trouveront de quoi approvisionner leurs marques, y compris celles qu’ils ont basculées en vin d’Espagne.

Compte tenu de la faible récolte, « il n’y a aucune raison que l’on ne retrouve pas les prix d’il y a deux ou trois ans pour les IGP et les Vins sans IG. Il n’y a aucune raison que l’on ne regagne pas 5 à 15 €/hl », estime Jérôme Despey.

Puis le responsable professionnel est revenu sur l’un de ses sujets de prédilection : l’assurance récolte. Il a déploré être sans nouvelles du ministre de l’Agriculture à propos de deux revendications de la filière : abaisser de 30 à 20 % de pertes, le seuil de déclenchement de l’assurance récolte et remplacer la moyenne olympique par les rendements butoirs.

"Donnant-donnant"

Jérôme Despey a aussi redit son idée d’utiliser les aides OCM pour inciter les viticulteurs à la prudence. Mais sur ce sujet sa position a évolué. Alors qu’il militait pour que ces aides soient versées aux seuls signataires d’un contrat d’assurance récolte, il suggère désormais qu’elles soient versées à condition que le demandeur ait souscrit un « outil de prévention » : l’assurance, mais aussi l’épargne de précaution ou le VCI.

 

Petite récolte en Europe

« Selon les informations que nous avons récoltées auprès de nos collègues, la vendange s'élèverait à 148 millions d'hl pour l'Union européenne contre 165,6 millions d'hl l'an dernier », a annoncé Jérôme Despey. L'Espagne, l'Italie et l'Allemagne ont également souffert du gel et de la sécheresse. Si ce chiffre devait se confirmer, la récolte 2017 serait inférieure de 12 % à la moyenne quinquennale qui s'élève à 167,8 millions d'hl pour l'UE.

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