LE FIL

Droit dans sa marque

Champagne Jayne : 1 - Comité Champagne : 0

Mardi 30 mai 2017 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 02/06/2017 16:31:07

 Tournée de Champagne pour tous ! » célèbre avec humour la blogueuse sur les réseaux sociaux, remerciant ses nombreux soutiens. Tournée de Champagne pour tous ! » célèbre avec humour la blogueuse sur les réseaux sociaux, remerciant ses nombreux soutiens. - crédit photo : Champagne Jayne
De son vrai nom Jayne Powell, la critique australienne vient de gagner le droit d’utiliser sa marque effervescente, après cinq années de procès contre le CIVC.

« Après quasiment 30 ans à l’utiliser comme un surnom* et 14 ans comme le nom de mon entreprise, c’est officiellement une marque déposée » se réjouit sur les réseaux sociaux la critique australienne Jayne Powell, qui vient de recevoir le certificat d’enregistrement de Champagne Jayne. Ce simple papier de l’autorité australienne de la protection intellectuelle met un terme à cinq ans de procès contre le Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne (CIVC). « C’est une victoire légale significative, qui rétablit ma réputation professionnelle et signifie que je suis enfin libre de continuer le travail de ma vie : éduquer et divertir le public sur les vins de Champagne et les autres vins effervescents du monde entier » confie Jayne Powell à la revue Meininger.

Si le travail de pédagogie de la journaliste et présentatrice télé a toujours été apprécié par le Comité Champagne (qui l’a d’ailleurs décoré du titre de dame chevalier de l’Ordre des Coteaux en 2012), c’est bien la promotion d’autres vins effervescents sous la bannière « Champagne Jayne » qui a lancé les hostilités. Sous la forme de poursuites judiciaires jugées disproportionnées par ses soutiens. Qualifiant la procédure de « combat de David contre Goliath », cette communauté a appuyé Jayne Powell avec une levée de fonds, pour lui permettre de financer ses avocats et ne pas perdre sa passion des vins effervescents (cliquer ici pour en savoir plus).

3 ans de procédure

Démarrée en décembre 2014, la requête du CIVC pour utilisation frauduleuse et trompeuse du terme « champagne » a été déboutée en octobre 2015 par la cour fédérale de Melbourne. L’autorité australienne de la protection intellectuelle a ensuite été saisie par le Comité Champagne, comme le rappelle Harper’s. Reconnaissant la marque de Jayne Powell, son avis vient d’être rendu définitif à l’expiration du délai d’appel.

« Je suis toujours aussi mordue de Champagne. Je l’adore toujours, même si je ne peux pas comprendre que le CIVC m’ait poursuivie pendant des années, en gâchant des centaines de milliers de dollars en procédures légales, après avoir passé des décennies à promouvoir leurs produits » déclare Jayne Powell au site The Drinks Business. Elle confie désormais attendre des excuses du Comité Champagne, sans avoir perçu le moindre signe allant dans ce sens pour l’instant. Prompt à se féliciter de son intransigeante défense de sa marque collective, le Comité Champagne communiqué du bout des lèvres. Soulignant « prendre acte de la décision rendue le 23 décembre 2015 par la cour fédérale de Melbourne qui autorise l'utilisation du nom commercial Champagne Jayne, mais a condamné son utilisation trompeuse pour désigner des vins mousseux », le CIVC précise que ses actions « visent à défendre ce bien commun des vignerons et maisons de Champagne afin que nul ne puisse s'en arroger le bénéfice à titre personnel ».

* : Elle aurait été affublée du sobriquet « Champagne Jayne » à la fin des années 1980, lors de ses études de Français à l’université anglaise de Reading. Passionnée depuis son enfance par les bulles champenoises, elle s’est lancée en 2003 avec sa propre agence d’éducation.

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VOS RÉACTIONS
Norbert Le 02 juin 2017 à 20:21:56
"Elle aurait été affublée du sobriquet « Champagne Jayne » à la fin des années 1980, lors de ses études de Français à l’université anglaise de Reading". Si encore elle était venue étudier en France, on aurait peut-être un peu de responsabilité dans son arrogance. Mais là? On se demande ce qu'elle a pu boire à Reading dans les années 80 pour mériter cette distinction. En tout cas, ma profonde sympathie au CIVC pour cette déconvenue, mais qui ne sera, je le crois, qu'une petite affaire épidermique
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