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Innovation

Contre les maladies, ton laser tu utiliseras

Mercredi 19 avril 2017 par Aude Lutun

François-Gabriel Feugier, PDG de la start up Green Shield Technology, utilise l'analyse spectrale pour détecter, notamment sur les feuilles, la présence de maladies avant même l'apparition de symptômes.
François-Gabriel Feugier, PDG de la start up Green Shield Technology, utilise l'analyse spectrale pour détecter, notamment sur les feuilles, la présence de maladies avant même l'apparition de symptômes.
La start up Green Shield Technology a présenté son projet « 100 % techno, 0 % phyto » en Champagne devant un public de jeunes vignerons très intéressés.

Et si le laser devenait une alternative à l’usage des produits phytosanitaires ? Si cette perspective peut faire penser à un remake de Star Wars, cette question a été abordée avec sérieux lors de l’assemblée générale du Groupe des Jeunes Vignerons de Champagne le 24 mars dernier. François-Gabriel Feugier, PDG de la start up Green Shield Technology, y a exposé le procédé breveté sur lequel il travaille. Avec le slogan « 100 % techno, 0 % phyto », ce jeune chercheur utilise l’analyse spectrale pour détecter la présence de « peste », c’est-à-dire des ravageurs ou autres maladies fongiques ou bactériennes des cultures, puis le laser pour les détruire.

Le spectre de la peste

Le fonctionnement de ce projet repose donc sur deux actions consécutives. Dans un premier temps, la machine repèrera la maladie ou le ravageur par une analyse spectrale, chaque peste ayant une signature spectrale spécifique. « On scannera les cultures sous tous les angles, notamment sous les feuilles, détaille François-Gabriel Feugier. Une fois la détection réalisée, le laser interviendra uniquement sur la peste et de manière très précise avec un spot d’1 mm de diamètre et une chaleur de 60 à 70 °C. La feuille de vigne ne sera pas abimée ». L’un des objectifs de cette technique sera également de détecter les maladies au stade asymptomatique, c’est-à-dire avant qu’elles ne montrent des symptômes.

Une machine autonome

Ce projet a été lauréat de plusieurs concours dont I-Lab 2015 et Green Tech Verte en 2016, organisé par le ministère de l’Environnement. Ces différents prix ont permis au chercheur d’avancer dans ses travaux et de collaborer avec trois laboratoires de l’Insa de Lyon. Son objectif est de construire, au premier semestre 2018, une maquette d’une machine pouvant être fixée sur un tracteur ou sur un enjambeur. Puis de passer au prototype permettant d’effectuer des tests dans des serres, des champs et des vignes au second semestre 2018. « A terme, l’objectif serait que cette machine fonctionne de manière autonome 24 h sur 24 h et qu’elle puisse passer tous les deux ou trois jours au même endroit », précise François-Gabriel Feugier. Dans le contexte tendu des applications phytosanitaires, ce concept a reçu un très bon accueil auprès des jeunes viticulteurs de Champagne, qui lui ont proposé leur collaboration lors de la phase de tests. Même intérêt à Cognac où ce projet a également été présenté auprès de quelques vignerons. 

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VOS RÉACTIONS
Sphéridus Le 26 avril 2017 à 21:28:05
Superbe invention. Il y a de l'avenir pour des solutions propres qui protégeront la terre et la nature. Bonne rigolade au sujet du commentaire d'un internaute : " tout specialiste de la spectrometrie sait qu'il est impossible de detecter les pesticides avec un spectro" L'auteur de ce commentaire a-t-il compris qu'il était question de détecter des pestes et non pas des pesticides ? Il doit lire trop vite et écrire plus vite encore qu'il ne réfléchit :-)
Pierre-François Le 26 avril 2017 à 21:19:09
Bravo pour cette innovation dont l'intelligence ébouriffe . Combiner le meilleur de technologies modernes mais déjà existantes donc faciles d'accès, pour lutter contre la plaie environnementale et sanitaire des pesticides est une idée géniale, car comme l'oeuf de Colomb, elle prend par surprise un problème en apparence insoluble. Ce jeune entrepreneur doit maintenant faire face aux trois grands ennemis des projets innovants : une minorité de jaloux qui regrettent de ne pas avoir eu l'idée ou la volonté de faire et qui vont s'opposer , une autre minorité d'envieux qui vont essayer de lui rafler la mise et l'immense majorité de ceux qui veulent que surtout rien ne change, par lâcheté, bêtise ou intérêt. Bravo Monsieur Feugier, accrochez-vous , votre invention répond à un vrai besoin, à un moment où les urgences sont enfin perçues. Enthousiasmant !
François Gabriel Feugier Le 26 avril 2017 à 17:09:04
Bonjour Monsieur Dubitatif, Merci pour votre intérêt sur ce sujet ! Le brevet dont vous parlez est pour détruire des insectes en plein vol et initialement pour lutter contre le paludisme. Dans le cas de notre projet nous nous concentrons sur des zones de feuilles portant des maladies ou des invertébrés nuisibles. Les deux brevets sont bien différents. Quant au fait que les feuilles sont mobiles/inclinées, et que le temps de scan peut être long, nous avons déjà des réponses dans les tiroirs... Depuis 2003 (date de publication du brevet US que vous citez) la techno a déjà beaucoup évolué. Gardons à l'esprit que c'est une date à laquelle les smartphones n'existaient pas encore, alors que maintenant il est possible de regarder n'importe où de la vidéo HD sur un téléphone ! Tout va très vite! A l'échelle de l'histoire du vin, la naissance d'une nouvelle techno se fait en un clin d'oeil. Enfin, le doute n'est pas une raison pour laisser tomber, bien au contraire, c'est ce qui motive à obtenir une réponse sans équivoque ! Donc, confiance, travail, persévérance et optimisme ! ^_^ Bien à vous, FGF
dubitatif Le 25 avril 2017 à 19:06:45
le brevet est copieusement anteriorisé par un brevet US de 2003 je suis toujours inquiet qu'un procédé breveté depuis longtemps ne soit pas encore apparu sur le marché c'est en general mauvais signe sur la faisabilité un probleme majeur sera le fait que les feuilles bougent et ne sont pas plates le temps d'analyse et de traitement par feuille va etre tres long, il faudra donc des mois pour analyser et traiter un hectare comme d'habitude le ministere de l'environnement n'a aucun expert technique fiable : voir le projet scan eat qui a reçu 140 000€ alors que tout specialiste de la spectrometrie sait qu'il est impossible de detecter les pesticides avec un spectro
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