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La Chine va détrôner le Royaume-Uni d’ici 2020
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Prévisions Vinexpo/IWSR
La Chine va détrôner le Royaume-Uni d’ici 2020

Rien ne va plus au Royaume-Uni. Une étude publiée par The IWSR pour le compte de Vinexpo montre que d’ici 2020, le marché britannique des vins cèdera à la Chine sa deuxième place dans le classement mondial.
Par Sharon Nagel Le 24 mars 2017
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La Chine va détrôner le Royaume-Uni d’ici 2020
The IWSR prévoit en 2020 des ventes de vins tranquilles et d’effervescents d’une valeur de 21 milliards $ en Chine, contre 16 milliards $ outre-Manche. - crédit photo : DR
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ne deuxième place amplement acquise

La physionomie du marché mondial du vin est en train de subir une mutation profonde se traduisant par un remaniement du classement des pays consommateurs, et un changement des habitudes de consommation. A la demande de Vinexpo, The IWSR a dressé le portrait du marché à horizon 2020. Premier enseignement, et non des moindres, la montée en puissance de la Chine se culminera par une réorganisation au sein des tous premiers marchés mondiaux du vin en valeur. Le Royaume-Uni perdra ainsi sa deuxième place au profit de l’Empire du Milieu. Et l’écart sera significatif : The IWSR prévoit des ventes de vins tranquilles et d’effervescents d’une valeur de 21 milliards $ en Chine, contre 16 milliards $ outre-Manche.

 

Le Champagne surfe sur la vague du Prosecco

Entre 2015 et 2020, une évolution des habitudes de consommation, notamment parmi les buveurs de vins tranquilles, devrait se solder par une baisse des importations britanniques. A en croire l’étude, celles-ci passeront de 120,9 millions de caisses de 9 litres en 2015 à 117,4 millions en 2020. Malgré ce déclin, le grand gagnant – qui l’eût cru – sera encore et toujours, le Prosecco. Le Royaume-Uni se positionne comme le principal moteur mondial de croissance de l’effervescent italien, avec une hausse en volume de 10,8 % entre 2016-2020. D’ici la fin de la période en question, la consommation de Prosecco sur ce marché devrait atteindre 8,2 millions de caisses de 9 litres, prédit The IWSR. Le Champagne ne sera pas en reste et devrait profiter de l’augmentation globale de la consommation d’effervescents par les Britanniques. La consommation par habitant devrait ainsi passer de 12 litres par an en 2015 à plus de 15 litres d’ici 2020. En revanche, si le Champagne en profite, le Cava quant à lui risque de poursuivre son déclin, déficit d’image oblige.

 

Avancée des vins allégés en alcool

Le succès du Prosecco tient à de multiples raisons, mais les bulles italiennes ont réussi, entre autres, à s’imposer au moment de l’apéritif. Y a-t-il un lien, toujours est-il que l’étude prévoit une régression concomitante des ventes de rosés au Royaume-Uni : celles-ci devraient passer de 13,8 millions de caisses en 2015 à 12,9 millions en 2020. Cette tendance tranche avec ce que The IWSR prévoit dans le reste du monde : parmi les trois couleurs, le rosé devrait connaître le plus fort taux de croissance avec +5,9% à horizon 2020, contre 1% pour les vins blancs et +0,6% pour les rouges. Pour le seul marché britannique, les blancs – tout en restant en tête des trois couleurs – verraient leur consommation passer de 54,9 millions de caisses en 2015 à 53,5 millions d’ici 2020. Pour les rouges, une baisse est également annoncée, la consommation devant se situer à 52,5 millions de caisses en 2020. Dans le même temps, l’étude Vinexpo/IWSR évoque la montée en puissance des vins allégés en alcool dont la consommation se justifie de plus en plus pour des raisons de santé, de conduite automobile suite à la baisse du taux d’alcoolémie autorisé en Ecosse, voire même de prix attractifs (-1,50-2 £ sur une bouteille de 75cl). Le phénomène « Dry January », le mois de janvier sans alcool, commence à s’implanter comme une vraie tendance de fond, provoquant une prise de conscience globale des dangers de la consommation excessive.

 

Jolie performance pour les vins vendus à 6£ et plus

Autre grande tendance de fond, la premiumisation se vérifie sur la période étudiée : si la consommation britannique de vins tranquilles par habitant et par an devrait passer de 24,3 à 20,3 litres, chute significative, ce sont les vins positionnés à moins de 5£ qui seront les plus affectés avec une régression estimée par The IWSR à près de 4%. Cette tendance est déjà confirmée par la Wine & Spirit Association, qui vient de publier son rapport annuel. En effet, l’association montre une régression de 7% en volume des ventes de vins commercialisés entre 4 et 5£ pour la consommation à domicile, sur les douze mois se terminant au 31 décembre 2016. La baisse se limite à 1% pour la tranche des 5-6£ puis se transforme en évolution positive dès celle des 6-7£ (+7%). Outre les vins positionnés entre 8-9£, qui reculent de 8%, les autres catégories premium affichent de jolies performances pour 2016.

 

Le Nouveau Monde, grand gagnant du Brexit ?

Dans ce contexte, les vins français auraient a priori une carte à jouer. Après la Nouvelle-Zélande (7,12 £), la France affiche le prix moyen à la bouteille le plus élevé (6,66 £) parmi les principaux pays fournisseurs du marché britannique, selon les chiffres de la WSTA. Mais si l’on se réfère aux prévisions de Vinexpo/IWSR, ce seul positionnement prix risque d’être insuffisant pour contrer la montée de certains pays fournisseurs, notamment les Etats-Unis. A horizon 2020, parmi les cinq premiers fournisseurs, l’Australie devrait conserver sa première place (25,1 millions de caisses en 2017), tandis que la France et l’Italie se verraient dépasser par les Etats-Unis (17,8 millions de caisses en 2020). Les USA passeraient ainsi cette année à la deuxième place pendant que la France et l’Italie seraient reléguées en troisième et quatrième position respectivement. L’Espagne, quant à elle, se classerait cinquième. A l’issue du référendum sur la sortie de l’Union européenne, les pays du Nouveau Monde ressortent comme les grands gagnants, notamment aux positionnements prix élevés (+8£). « La Nouvelle-Zélande et l’Argentine en particulier devraient enregistrer de bonnes performances en raison de l’évolution de la consommation vers la qualité au détriment de la quantité », note l’étude. L’impact d’une plus grande prudence des consommateurs, des incertitudes économiques et de l’augmentation des prix commence déjà à se profiler…

Le marché régresse en volume en 2016

Selon la WSTA, les ventes de vins tranquilles pour la consommation à domicile ont régressé de 2% en volume et en valeur au cours de l’année 2016, malgré une hausse de 1% du prix moyen au litre (7,23£). Au total, 7,272 millions d’hectolitres de vins tranquilles ont été commercialisés l’année dernière dans le « off-trade » pour une valeur de près de 5,3 milliards de livres. Dans le même temps, les effervescents ont fait un bond de 13%, en volume et en valeur, le Champagne étant stable en volume pour -1% en valeur. Dans le secteur CHR, la baisse atteint -4% en volume pour les vins tranquilles (1,623 Mhl) pour une stabilité en valeur. Si les effervescents gagnent 34% en volume, le Champagne est en chute libre avec -13% en volume et -6% en valeur (contre +24% pour les effervescents). Notons que si le Champagne a vu son prix moyen augmenter de 8% en 2016 dans le secteur CHR (89,46£ au litre), celui des effervescents a régressé de 7% (32,39£). La France suit la tendance générale du marché dans le « off-trade » avec une baisse de 2% en volume et de 1% en valeur, malgré une hausse de 1% de son prix moyen au litre (8,88£). Elle se classe quatrième pays fournisseur en volume, derrière l’Australie, l’Italie et les USA, et devant l’Afrique du Sud. 

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