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Marché du vrac
La campagne se présente plutôt bien pour les opérateurs italiens

Avec une dizaine de jours de retard, les vendanges italiennes donnent encore lieu à des incertitudes sur le plan des volumes. Luigino Lazzaretto de la maison de courtage éponyme à Padoue livre son analyse de la situation.
Par Sharon Nagel Le 23 septembre 2016
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La campagne se présente plutôt bien pour les opérateurs italiens
Le vignoble de Soave où la coopérative est un acteur important du marché du vrac
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ne récolte potentiellement en baisse de 5%

Au début du mois de septembre, et pour la première fois, l’Osservatorio del Vino publiait les premières prévisions de récolte officielles pour 2016 en Italie, sous l’égide de l’UIV et d’Ismea. Ces prévisions faisaient état d’une production de 48,5 millions d’hectolitres, chiffre très proche des 49 Mhl annoncés au même moment par l’Union italienne des œnologues, Assoenologi. Mais les estimations avancées jusqu’à présent ne font pas encore l’unanimité. Le courtier international Ciatti évoque des incertitudes sur les volumes, parlant même d’une baisse de 15% pour le pinot grigio et de 10 à 15% en Sicile, tandis que Luigino Lazzaretto de la société padouane de courtage Intermediazioni Lazzaretto affirme que la récolte ne dépassera pas 46 à 47 Mhl. « Nous n’avons récolté qu’environ 30% des raisins pour l’instant et je pense qu’il est ainsi impossible de prévoir précisément les volumes. De mon point de vue, la production 2016 risque de s’inscrire en baisse de 5% par rapport à celle de 2015 ». Pour rappel, selon l’OIV l’Italie a produit 49,5 Mhl en 2015, en hausse de 5,3 Mhl par rapport à 2014.

L’Hémisphère sud pourrait céder des parts à l’Italie

Malgré cela, la récolte italienne devrait dépasser en volume celle de la France et de l’Espagne et les professionnels italiens entendent bien profiter de cette situation. Les faibles récoltes au Chile, en Argentine et en Afrique du Sud ne sont pas pour leur déplaire non plus. « Il y a des chances pour que les acheteurs qui s’intéressent habituellement aux vins d’entrée de gamme au Chili et en Argentine attendent les prix italiens et espagnols avant de se positionner. Mais pour l’instant, nous n’avons pas constaté de nouvelles ouvertures pour les vins italiens en vrac du fait de la faible récolte dans l’Hémisphère sud ». Une régression de 6,5% des volumes produits cette année en Afrique du Sud pourrait néanmoins se solder par des opportunités sur certains marchés comme la Russie. « Pour un pays comme la Russie, tout dépendra du contexte pour les vins effervescents car les Russes achètent beaucoup de vins de base pour leurs effervescents. Si nous sommes suffisamment compétitifs, ils s’orienteront plutôt vers les vins italiens, au détriment des vins espagnols ou sud-africains, l’Afrique du Sud étant l’un de nos principaux concurrents sur le marché russe », affirme Luigino Lazzaretto.

Des opportunités en perspective sur certains marchés

Globalement, le niveau quantitatif et qualitatif de la récolte italienne cette année est de bon augure pour les entreprises italiennes, qui pourraient bien tenter de récupérer des parts de marché en France, perdues au profit de leurs homologues espagnols. « Je pense que l’Italie sera plus compétitive que l’Espagne cette année. Je crois que nous allons voir des acheteurs français prospecter en Italie pour pouvoir comparer les prix avec ceux de l’Espagne ». Le duel portera également sur l’Allemagne, « le marché le plus intéressant et le plus important pour nous ». Le courtier italien ne sous-estime pas non plus le potentiel du marché américain. En revanche, la Chine paraît plus compliquée pour le vrac italien, en raison notamment des accords commerciaux conclus avec des pays comme l’Australie qui, de ce fait, n’y versent pas de droits de douane.

Augmentation des prix des vins de base pour le Prosecco

Il reste à savoir si les volumes italiens seront suffisants pour répondre à une demande potentiellement en hausse. « Les stocks sont globalement faibles », reconnaît Luigino Lazzaretto, « et il n’y a pas stocks de vins d’entrée de gamme. Pour d’autres catégories, même s’il en reste encore, il est difficile d’évaluer la quantité déjà sous contrat qui doit être retirée d’ici la fin de l’année ». La demande en ce début de campagne porte, notamment, sur le primitivo et les vins de base pour effervescents, le Prosecco en tête. « Le prix actuel des vins de base pour le Prosecco tourne autour de 2 euros le litre, ce qui est plus cher que l’an dernier, mais peu de contrats ont été signés à ce prix-là. Il est donc encore trop tôt pour savoir si les tarifs seront orientés à la hausse ou à la baisse ». Etant donné l’engouement mondial en faveur du Prosecco et les nouvelles, fortement médiatisées, d’un manque de vins, il semble peu probable que les prix accusent une baisse cette année. Selon les chiffres de Gomberg-Fredrickson, cités par Ciatti, les Etats-Unis ont importé 3,13 millions de caisses d’effervescents italiens entre janvier et juin de cette année, soit 19% de plus qu’au cours du premier semestre 2015. Une hausse qui représente tout de même plus de 500 000 caisses…

Des précisions sur les prix des génériques début octobre

La success-story du Prosecco suscite des convoitises dans bon nombre de pays producteurs. Mais pour l’Italie, cette dépendance excessive sur une seule catégorie de produits doit soulever des interrogations. « Le défi pour nous sera de reproduire le succès du Prosecco avec d’autres catégories de vins. Nous devons faire connaître d’autres cépages et styles de vins à travers le monde. Nous nous focalisons trop sur le Prosecco et pas assez sur d’autres catégories ». Pour l’heure, ce sont bien les bulles italiennes qui limitent la régression globale des exportations italiennes. D’après les données publiées par Intermediazioni Lazzaretto, l’Italie a vu ses exportations totales diminuer de 1,4% en volume l’an dernier par rapport à 2014 pour des valeurs en hausse de 5,4%. Dans le même temps, le vrac italien a accusé une baisse de près de 12% pour s’élever à environ 5,1 Mhl, note la société de courtage. « Notre challenge sera d’augmenter les volumes vendus en vrac cette année à des positionnements prix en progression. Il est toujours facile d’augmenter les seuls volumes », rappelle Luigino Lazzaretto, qui se refuse à tout commentaire en matière tarifaire pour les génériques italiens. « Nous aurons une meilleure idée des prix début octobre », affirme-t-il.

Tags : Vin en vrac
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