LE FIL

Meilleur Sommelier du Monde 2019

Les sommeliers français ont la défaite amère

Mardi 21 juin 2016 par Alexandre Abellan

Accompagné de Guillaume Deglise (le directeur géénral de Vinexpo, à droite), Pierre Hermet a défendu en vain la candidature bordelaise ce 5 juin à Belgrade, devant les quarante délégués de l’Association de la Sommellerie Internationale
Accompagné de Guillaume Deglise (le directeur géénral de Vinexpo, à droite), Pierre Hermet a défendu en vain la candidature bordelaise ce 5 juin à Belgrade, devant les quarante délégués de l’Association de la Sommellerie Internationale - crédit photo : UDSF
Dans un édito acerbe, le président Michel Hermé règle ses comptes avec le vote international qui a préféré la candidature d’Anvers à celle de Bordeaux. En Belgique, on reste beau joueur.

Président de l’Union des Sommeliers Français, Michel Hermet semble à deux doigts d’entonner le Mal Aimé de Claude François. S’étant déjà projeté dans l’organisation du Concours du Meilleur Sommelier au Monde à Bordeaux, le sommelier nîmois digère mal d’avoir été disqualifié, au profit du projet belge, à Anvers. A lire Michel Hermet, si le vote des délégués de l’Association de Sommellerie Internationale, réunis ce 5 juin en République Tchèque, n’a pas couronné le projet de l’UDSF, ce serait pour cause de French bashing. Pour ne pas dire par volonté de prendre une revanche à l’égard du salon Vinexpo, qui était partenaire du projet (souhaitant accueillir la finale lors de son salon 2019).

Victoire à l’Anvers ?

« Le Concours du Meilleur sommelier du monde 2019 échappe à la France » pose l’édito de Michel Hermet, « c'est l'ensemble des sommeliers professionnels, auquel vous appartenez, qui est touché. Je me dois donc de vous faire part des conditions dans lesquelles tout cela s'est déroulé, car ce n'est pas le projet qui est sanctionné. » S’il prend soin de féliciter à nouveau les vainqueurs belges, il estime clairement que leur projet était moins étoffé et sérieux : « manque de consistance du programme, absence de budget et de repères financiers ». En somme, tout l'inverse du programme proposé par l’UDSF (voir l'encadré pour le détail du projet français).

"Nous avons été témoins de virulentes attaques contre Vinexpo"

Pour expliquer ce qu’il voit donc comme un carton rouge illégitime, Michel Hermet rapporte avoir essuyé à Belgrade « de virulentes attaques contre Vinexpo, coupable de n'avoir pas accueilli les présidents de pays dans des conditions optimales, lors du dernier salon de Bordeaux et de l'Assemblée générale ». Des attaques qu’il digère d’autant moins que, selon lui, la « Belgique construit son futur programme par rapport à Prowein […]. On atteint le summum d'une irrespectueuse galéjade à l'égard de Vinexpo, partenaire qui attribue pourtant 20 000 € par an à l’ASI. »

Décidé à régler ses comptes avec l'arbitre qu’aura été le bureau de l’ASI, Michel Hermet tacle dans les prolongations « cette assemblée où se côtoient aujourd'hui davantage de spécialistes de la commercialisation et de la communication que de sommeliers en activité ».

Diables Rouges

Rejetant toujours la thèse d’une candidature surprise et décidée en cheville avec le salon Prowein, la Gilde des Sommeliers Belges joue l’apaisement de la troisième mi-temps. Et rappelle l’émotion sur laquelle se base leur projet : la célébration belge du cinquantième anniversaire de la création du Concours (lancé en 1969 à Bruxelles). « Nous comprenons que l’association des sommeliers français soit déçue de ne pas pouvoir organiser le Concours en 2019 » précise William Wouters, le président de la Gilde belge. « Je suis sûr que nos amis français changeront d’avis et soutiendront le prochain championnat à Anvers » conclut le sommelier, qui se trouve actuellement à Bordeaux en tant que cuisinier de l’équipe belge de football, les Diables Rouges.

Le programme que les sommeliers ont refusé

Présentée à Belgrade, cette esquisse de programme donne l’idée de finition du projet français, et des sponsors apparemment mobilisés.

Le mercredi 15 juin 2017, les délégations devaient être accueillies dans les hôtels de Bordeaux Lac avant de participer à la cérémonie officielle de lancement du Concours (au Grand Théâtre de Bordeaux). La journée se terminait sur un dîner au Palais de la Bourse  (pour les 50 ans de l’ASI).
 Le jeudi 16 juin, les quarts de final devaient se tenir à l'Hôtel Pullman, avant des visites des châteaux médocains. La journée se serait achevée sur un dîner organisé par les champagnes Moët et Chandon.

Le vendredi 16 juin, les demi-finales étaient prévues au Palais des Congrès, suivies par des visites dans les Graves. La journée se serait achevée sur une soirée gastronomique sur les quais bordelais, au Hangar 14.

Le samedi 17 juin, la matinée était placée sous le signe de la Cité du Vin (avec « un tour de France des appellations »), et l’après-midi sur des visites à Saint-Emilion (où la Jurade aurait accueilli la soirée).

Le dimanche 18 juin, l’inauguration du salon Vinexpo devait être suive par la finale du Meilleur Sommelier du Monde dans le salon. Le dîner de gala étaient placé sous le parrainage du Conseil des Grands Crus Classés en 1855 (le cadeau de départ était déjà choisi : une carafe gravée au nom du convive).

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé