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Jouer collectif pour maintenir la valorisation

La part de marché des vignerons et coopératives s'effrite depuis 2009. Le SGV va renforcer son accompagnement commercial et communiquer sur l'AOC pour conforter les ventes des viticulteurs.
Par Aude Lutun Le 02 mai 2016
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Jouer collectif pour maintenir la valorisation
Pour sa première assemblée générale, Maxime Toubart, nouveau président du syndicat des vignerons de Champagne a choisi la thématique du 'collectif' pour inciter chacun à faire face aux pertes de marché. - crédit photo : SGV/Alain Julien
C

’est avec le mot d’ordre « Jouer collectif, c’est conquérir », que Maxime Toubart, nouveau président du syndicat général des vignerons (SGV) de la Champagne a mené sa première assemblée générale le 26 avril à Epernay. « Le collectif et l’unité sont les clés de notre réussite. Celle d’hier et celle de demain ». Maxime Toubart appelle à l’unité et à la responsabilité face à l’érosion des ventes de bouteilles des viticulteurs.

Baisse du volume des ventes

Entre 2015, les vignerons ont vendu 60,9 millions de bouteilles, soit 17,6 millions de cols en moins qu’en 2008. La part de marché des vignerons et des coopératives est passée de 34 % en 2009 à 28,5 % en 2015, ce qui fragilise leur position lors des négociations au sein de l’interprofession. La morosité du marché français, qui représente 90 % des débouchés des vignerons et seulement 40 % des ventes du négoce, est la principale cause de cette chute. L’attractivité du prix du raisin, qui progresse chaque année de quelques pourcents, en est une autre, d’autant que la part des doubles-actifs progresse à la faveur des successions. « Attention à ce que les négociants restent nos partenaires et non nos patrons » a mis en garde Maxime Toubart. Pour consolider les ventes des vignerons, le SGV va être plus présent sur l’accompagnement commercial.

Manque de sens collectif du négoce

Le syndicat souhaite également communiquer sur l’AOC Champagne et le fera seul si le négoce maintient son opposition à communiquer collectivement. Même si le SGV a rappelé son attachement à l’importance de l’interprofession dans la bonne marche de la Champagne, le président des Vignerons Indépendants, Michel Loriot, a néanmoins souligné le manque de « sens collectif » du négoce sur le dossier du logement des vendangeurs : « le décret de 1995 impose à tous d’avoir 9 m2 par vendangeur et 7 m2 par vendangeur supplémentaire. Nous venons d’apprendre qu’il existait une dérogation pour les négociants. Cette dérogation, ni vous, ni moi, n’en avions connaissance car l’union des maisons de Champagne s’était bien gardée d’en parler. Ce n’est pas très collectif… ». Le SGV, qui se bat depuis 1995 pour obtenir un assouplissement de cette réglementation, va toutefois s’associer au négoce pour tenter de faire bouger les lignes rapidement.

Baisse des phytos de 50 %
Interrogé sur l’objectif de Bernard Farges que le vignoble bordelais de tendre vers le « zéro phyto », Maxime Toubart a rappelé que la Champagne travaille à la réduction des intrants depuis plus l’an 2000. « Nous avons réduit de 50 % l’usage des produits phytosanitaires depuis 15 ans. Nous avons encore à progresser. L’objectif du SGV est d’emmener tous les viticulteurs ». Sur le dossier du port permanent des EPI dans les vignes, le président du SGV estime « que les vignerons sont dans une impasse. Le SGV communiquera sur le fait que les salariés permanents et les saisonniers doivent porter des EPI, mais il va falloir rapidement travailler sur les EPI car en porter toute une journée en pleine chaleur, ce n’est pas possible… ».
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