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Vers un retour à l'équilibre ?

Après plusieurs années de surproduction, d'exportations en baisse et d'expéditions en vrac orientées à la hausse au détriment des bouteilles, la filière vitivinicole australienne commence à percevoir une lumière au bout du tunnel. Même s'il y a encore des efforts à faire pour atteindre l'équilibre. Au moment où les vendanges battent leur plein, un certain climat d'optimisme commence désormais à poindre.
Par Sharon Nagel Le 18 mars 2016
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Vers un retour à l'équilibre ?
- crédit photo : Australia.com
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aisse du nombre de producteurs

Après maintes exhortations dans ce sens de la part des responsables professionnels pendant plusieurs années, le secteur vitivinicole australien semble s’être décidé à réduire la voilure, avec quelques résultats tangibles désormais à la clé et notamment une belle performance à l’export en 2015. D’après l’annuaire « Australian & New Zealand Wine Industry Directory » qui vient de paraître, le nombre de producteurs de vins en Australie a diminué pour la deuxième année consécutive. En 2016, il passe à 2 468, soit 13 de moins qu’en 2015 et 105 de moins que le record absolu atteint en 2014 (2 573). « Il faut remonter à 1987 pour constater une baisse du nombre de producteurs sur deux années consécutives », note Elizabeth Bouzoudis, rédactrice en chef de l’annuaire. « Nous observons désormais l’impact de la faible rentabilité du secteur du vin et nous pensons que le nombre de producteurs baissera encore au cours de l’année à venir sous l’effet de fermetures et de fusions ».

 

Et de la superficie du vignoble

Dans le même temps, la superficie du vignoble a également régressé : selon un rapport publié en fin d’année dernière par la WGGA, le vignoble australien a perdu environ 17% de ses superficies – soit près de 30 000 hectares – depuis son niveau record de 2007-2008. Par ailleurs, le rapport note que le nombre d’hectares non encore en production en 2014-2015 était à son niveau le plus bas. D’après l’Australian Bureau of Statistics, le vignoble s’étendait en 2014-2015 sur 135 178 ha contre 148 507 ha en 2011-2012. Pour le directeur de la WGGA, Lawrie Stanford, ce sont des évolutions qui vont dans le bon sens et qui tendent vers l’équilibre du secteur, mais « il n’y a pas encore de certitudes pour les entreprises qui entament leurs actifs afin de survivre en attendant des jours meilleurs. Il est peu probable que ces jours meilleurs arrivent dans l’immédiat ».

 

Bond en avant des vins australiens en Chine, et ailleurs

Il n’en reste pas moins qu’une embellie se profile bel et bien à l’export. Après six années consécutives de baisses en valeur, les exportations ont entamé un revirement en 2014, consolidé très nettement en 2015. Sous l’impulsion d’une progression des exportations conditionnées, les valeurs ont progressé de 14% pour une hausse en volume de 6,4%. La Chine, avec une hausse de 66% de ses importations australiennes, constitue le fer de lance de la reprise et les professionnels sont bien décidés à capitaliser sur ces gains. Wine Australia vient d’ailleurs de lancer une nouvelle ‘Carte des saveurs’ destinée à aider les consommateurs chinois à mieux comprendre la terminologie occidentale autour des arômes. Ainsi, des notes de confiture de mûre perçues par les Occidentaux deviennent de l’aubépine pinnatifide séchée pour les Chinois, par exemple. La reprise à l’export ne se limite pas à la Chine, cependant, elle caractérise bon nombre d’autres marchés clés aussi. Les principales raisons de cette relance résident moins dans un meilleur équilibre au niveau de la production que dans le taux de change favorable – le dollar australien se trouve à son niveau le plus bas actuellement contre les monnaies des 5 principaux marchés export – et dans les accords de libre-échange signés avec la Corée du Sud, le Japon et la Chine dont les effets commencent véritablement à se faire sentir.

 

Amélioration des prix à la production

Ce rebondissement à l’export commence à avoir un impact tangible sur les prix des raisins cette année, d’autant plus que les prévisions actuelles font état d’une récolte moyenne – ni abondante, ni catastrophique, note la société de courtage Austwine. « Une année chaude et sèche avec des précipitations tardives en janvier provoquant la survenue de maladies », se sont conjugués pour restreindre les volumes, note le directeur Jim Moularadellis. Pour celui-ci, une augmentation des prix des raisins devrait entraîner une hausse de 10 à 15 cts le litre de vins en vrac provenant des régions intérieures irriguées. « Des prix fermes devraient se maintenir pour les régions non irriguées célèbres, comme Barossa et McLaren Vale », note-t-il, tandis qu’une stabilité voire une légère baisse des prix devrait caractériser d’autres régions moins connues. Quant aux stocks, ils sont qualifiés de « tendus » pour les vins blancs, notamment pour le pinot gris, le chardonnay et le sauvignon blanc, ce dernier ayant profité d’une faible récolte en Nouvelle-Zélande en 2015. Pour les rouges, les perspectives pour le shiraz sont incertaines, à la fois en raison de l’impact de la sécheresse et des risques liés aux précipitations et aux maladies. Les stocks de cabernet-sauvignon sont qualifiés par Austwine d’équilibrés tandis que le merlot est excédentaire.

Les perspectives d’une reprise semblent se profiler à l’horizon mais, de l’avis des professionnels, les indicateurs positifs à l’export doivent encore se traduire dans les faits au niveau du vignoble. A moins de 500 AUD la tonne de raisin en moyenne, on est encore loin, en effet, de la barre des 1 000 AUD frôlée au début des années 2000.

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