LE FIL

Michel Chapoutier

« Le négoce ne souhaite pas la baisse des cours, ce serait stupide »

Mardi 16 février 2016 par Alexandre Abellan

Pétulant sur son stand Vinisud, le président-négociant du Rhône réserve ses SCUDS pour le président-viticulteur de Bordeaux.
Pétulant sur son stand Vinisud, le président-négociant du Rhône réserve ses SCUDS pour le président-viticulteur de Bordeaux. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Toujours pas la langue dans sa poche, le président de l’interprofession des vins du Rhône (Inter Rhône) continue de secouer les positions en se plaçant là où ne l’attend pas.
Oubliez les dérives malthusiennes, Michel Chapoutier ne craint plus une baisse volontaire de l’offre, mais un déclin du potentiel de production. « Il y a incontestablement une tendance à des rendements plus faibles, parce que le vignoble est vieillissant. Ce qui va naturellement vers une hausse des prix », explique-t-il. S’il regrette que la croissance des cours ne cesse pas depuis cinq campagnes dans la vallée du Rhône, il y voit une chance pour le vignoble de se renouveler à défaut de planter. « Là où mon ami Bernard Farges [NDLR : viticulteur girondin et président du Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux*] a tort, c’est quand il dit que le négoce veut acheter moins cher », s’amuse-t-il, précisant que « ce serait sous-entendre que nous sommes des benêts. Le négoce ne souhaite pas la baisse des cours, ce serait stupide. On empêcherait le renouvellement et le maintien de la productivité du vignoble ».
 
Plateau rhodanien
 
Si Michel Chapoutier ne veut pas d’une baisse des cours, il ne souhaite non plus leur hausse continue. Logiquement, il prédit une stabilisation des prix pour le millésime 2016. « On arrive au dernier palier cette année. De facto, la qualité des vins 2015 va permettre de faire accepter la hausse des prix. Mais sur le 2016, on va digérer la hausse et cela va se tasser. » Il ne s’inquiète pas des défections sur les entrées de gamme et voit dans les IGP d’évidents substituts aux AOC régionales.
 
*Bernard Farges est également le président de la Confédération nationale des vins à AOC (la Cnaoc, représentant le vignoble AOC), quand Michel Chapoutier préside l’Union des maison de marques de vins (UMVin, représentant le négoce national).
Le contentieux VCI se dessine au Conseil d’Etat
Si le président d’Inter Rhône sait être taquin, celui de l’UMVIN n’hésite pas à trancher. Ayant déposé un recours gracieux auprès du premier ministre pour demander une gestion interprofessionnelle des Volumes Complémentaires Individuels, Michel Chapoutier annonce qu’il compte bien passer au contentieux devant le Conseil d’Etat pour que sa demande aboutisse. Pour lui, c’est un appel à l’arbitrage-vidéo « pour gérer à deux la production ». Il précise d’ailleurs que concernant les rendements, son souhait d’une gestion interprofessionnelle ne se ferait pas sans le Syndicat Viticole. « Quand on parle d’un rendement fixé en dessous de celui de base, c’est de l’économie et de la gestion interprofessionnelle. Mais pour des rendements supérieurs, il faut une possibilité de veto qualitatif de l’Organisme de Défense et de Gestion », précise-t-il.
Tags : Vinisud

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