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Peur sur la vigne ?
Des craintes aux fantasmes sur les autorisations nouvelles de plantation

Déjà peu lisible pour les acteurs viticoles, la transition des droits aux autorisations de plantation a viré à la couverture alarmiste dans les médias grands-publics. 

Par Alexandre Abellan Le 06 janvier 2016
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Des craintes aux fantasmes sur les autorisations nouvelles de plantation
La Grappe de raisin, huile sur toile de Fernand Léger (1928). - crédit photo : Centre Pompidou (en dépôt depuis 2001 au Musée national Fernand Léger)
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aisant office de sonnette d’alarme, une dépêche AFP a vu s’embraser la presse française, craignant l’avènement de l’anarchie dans le vignoble. Parue pendant la trêve des confiseurs, cette réaction conservatrice à la fin des droits de plantation a fait traînée de poudre. « A partir du 1er janvier 2016, une déréglementation du secteur viticole autorise la plantation de nouvelles vignes partout en France » avance RFI, qui annonce un grand chambardement dans la carte des vins de France. Puisque « n'importe qui pourra planter en France de nouvelles vignes, sans aucune indication géographique » alerte France 3 Champagne Ardenne. « Les viticulteurs autorisés à planter de la vigne où bon leur semble » renchérit BFM TV, qui annonce que « les Cht'is pourront se lancer dans la viticulture ».

Sur fond de réchauffement climatique, le développement viticole de l'Île de France et de la Picardie semble en effet avoir marqué les imaginations. Cette émotion a traversé la Manche, jusqu’aux colonnes de la respectable revue Decanter. Se faisant également l’écho de craintes sur l’avenir viticole français, le site rappelle cependant les garde-fous fixés au niveau européen : le plafond annuel de 1 % d’accroissement viticole par Etat-Membre, le maintien des catégories AOP, IGP et VSIG et des critères d’étanchéité entre elles.

Car les craintes hexagonales semblent encore bien improbables. Elles font d'abord fi de la prudence des conseils de bassins viticoles, qui ont demandé des contingents plus défensifs que permissifs (repris dans le décret tout juste publié). Elles font surtout l’impasse sur des années de mobilisation du vignoble pour obtenir ce système d’autorisations âprement négocié, et éviter une libéralisation pure et dure de la gestion du vignoble (à notre connaissance, seul un article du Monde est revenu en détail sur cette épopée lobbyiste).

La révolution viticole promise par la revue Harper's semble donc peu plausible. Au regret d'ailleurs des opérateurs qui appelaient de leur voeux une plus grande flexibilité. Quoiqu'il en soit, le vignoble a jusqu'en 2030 pour se familiariser avec ce nouveau système. Pour le pire et le meilleur, les droits de plantation sont morts, vive les autorisations de plantation !

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