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L'OCDE préconise les taxes pour lutter contre l'alcoolisme

Mercredi 13 mai 2015 par Marion IvaldiVitisphere - La Vigne

Le rapport de l'OCDE pour la lutte contre l'alcoolisme, présenté à Paris le 12 mai, préconise d'accentuer la lutte contre l'alcoolisation rapide des jeunes et la consommation chez les jeunes femmes éduquées. Pour cela, l'organisation propose, entre autres, d'augmenter les taxes sur les boissons alcoolisées.

« Il faut une fiscalité plus importante ou un prix minimum pour les boissons alcoolisées », a affirmé Angel Gurria, secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le 12 mai, à Paris, lors de la présentation du rapport « Combattre les consommations nocives d'alcool : politiques économiques et de santé publique ». Celui-ci met en avant le coût sociétal et économique de l'alcoolisme pour plaider en faveur d'une réduction de la consommation globale d'alcool. Et il répond à l'objectif posé par l'OMS de réduire de 10 % la consommation mondiale d'alcool à l'horizon 2025.

« DÉBAT POLÉMIQUE »

« Une hausse des taxes, ayant pour résultat l'augmentation de 10 % du prix des boissons alcoolisées et l'adoption d'une série de mesures réglementaires, pourrait produire des effets considérables », indique le rapport. Un peu plus loin, il estime que cette hausse « peut être bénéfique à la santé publique, notamment lorsqu'elle concerne les produits de moindre valeur, car elle permet alors de lutter contre la consommation dangereuse avec plus d'efficacité. La réglementation de la publicité pour les boissons alcoolisées peut produire des avantages complémentaires. »

Réagissant à l'idée de déterminer un prix minimum pour les boissons alcoolisées, Angel Gurria a reconnu qu'il s'agissait d'un débat « assez polémique », car cela revient « à élever le prix de tous les alcools », ce qui n'est pas forcément satisfaisant. Il s'est également interrogé sur les taxes et leur légitimité, car elles s'appliquent aussi aux consommateurs modérés. « Comment rééquilibrer les droits entre les consommateurs dangereux et les consommateurs modérés ? L'économie ne peut pas répondre à elle seule à cette question », a-t-il reconnu.

« Nous visons la consommation excessive d'alcool, pas la consommation modérée », a souligné Angel Gurria. Mais pour atteindre l'objectif fixé par l'OMS, les politiques actuelles ne seront pas suffisantes, même si elles sont strictement appliquées, comme le recommande le rapport. Il faut, en plus, cibler davantage la consommation « d'alcool défonce » (binge drinking) en croissance chez les jeunes et l'augmentation de la consommation chez les femmes éduquées.

« INITIATIVES DU SECTEUR »

Pour cela, l'OCDE propose d'ajouter aux politiques actuelles de lutte contre l'alcoolisme différentes approches réglementaires. L'organisation indique que ces approches peuvent être « des initiatives émanant des entreprises du secteur des boissons alcoolisées », tout en précisant qu'il « faut encore recueillir des preuves supplémentaires et indépendantes de l'impact de telles actions ». La terminologie confortera peut-être Vin et Société qui envisage de communiquer sur la consommation responsable.

Les États doivent faire leur choix en fonction de leur propre contexte, insiste le rapport, qui relève une curiosité : « Alors que l'impact d'une consommation excessive sur les salaires est très négatif, il apparaît qu'une consommation modérée peut avoir un impact positif, et notamment sur les salaires ». Peut-être est-ce pour cela que certains trinquent à la prospérité !

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