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Interview de Peter Hayes, Président de l'OIV

Par Vitisphere Le 22 octobre 2007
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Interview de Peter Hayes, Président de l'OIV
I

nvité d’honneur de la 9ème édition du Viteff (Biennale Internationale des techniques champenoises et effervescentes, Epernay, 17-20 octobre 2007), Peter Hayes a salué le statut de leader et l’ouverture internationale du salon champenois. Peter Hayes a notamment collaboré au groupe de reflexion sur le développement durable au sein de l’OIV avant d’être élu à la tête de l’organisation. Ses travaux sur l’Australian Wine Industry Stewardship ont fait l’objet d’une présentation remarquée dans le cadre de la conférence sur la Biodiversité au Viteff.

Lors de votre discours d’ouverture au Viteff, vous avez signalé le manque de données disponibles sur la production et la consommation de vins effervescents à l’échelle mondiale. Quelles en sont les causes et les solutions possibles selon vous ?

Il manque aux vins effervescents une catégorie statistique car ce ne sont pas des vins blancs ou rosés comme les autres. Ils répondent le plus souvent à une demande haut de de gamme qui les place dans une catégorie de produit totalement à part dont les nomenclatures existantes n’ont pas pris la mesure. Etant donné le poids économique croissant des vins effervescents au sein de la filière, ces nomenclatures vont devoir s'adapter; l'appui des professionnels ne peut qu'accélérer le mouvement.

Vous avez mis en avant la nécessité de faire coopérer le Nouveau Monde et l’Ancien dans un contexte global. Votre nomination à la tête de l’OIV introduit-elle une nouvelle donne en la matière ?

C’est évident. Le message de la nomination d’un Australien à la tête de l’OIV est adressé autant aux uns qu’aux autres. Pour le Nouveau Monde, qui ne comprend pas, parfois même ne conçoit pas, toute la complexité des reglementations viti-vinicoles européennes, c’est l’opportunité d’avoir un ambassadeur au fait de ces complexités, qui saura comment les expliquer et comment se diriger vers un système résolument coopératif. Pour les autorités et les producteurs européens en général et Français en particulier, c’est l’occasion d’initier un dialogue durable sur des bases saines. L’OIV est une instance mondialement reconnue et respectée qui se prète parfaitement à ce double exercice.

On constate une récolte mondiale en baisse en 2007. D’aucuns s’inquiètent ou se félicitent d’un recul de la crise de surpoduction et d’une hausse prévisible des prix et du cours du vin. Comment percevez-vous l’évolution de la filière face à ce changement de fondamentaux ?

Je suis d’accord avec votre constat ; la formulation d’hypothèses sur la réaction des marchés me semble logique mais peut-être prématurée. J’aimerais en tout cas pouvoir compter sur une réaction qui intégrera la nécessité de respecter un équilibre global et durable entre les différents niveaux d’acteurs de la filière : producteurs, prestataires, négociants et consommateurs intermédiaires et finaux. La notion d’équilibres durables est à l’honneur de toutes les communications institutionnelles, il serait sain qu’elle intègre les différents circuits économiques qui irriguent la filière-vin. Il y a là un enjeu de responsabilité des acteurs qui doivent montrer qu’ils ont compris qu’on atteint un développement économique durable par l’équilibre des gains de chacun et non par la quête de l’optimisation à tout prix sur son point de la chaîne.

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