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Jean-Benoit Cavalier, président des Coteaux du Languedoc : « A partir de l’AOC Languedoc, construisons enfin une vraie relation interprofessionnelle»
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Jean-Benoit Cavalier, président des Coteaux du Languedoc : « A partir de l’AOC Languedoc, construisons enfin une vraie relation interprofessionnelle»

Par Vitisphere Le 10 juillet 2007
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Jean-Benoit Cavalier, président des Coteaux du Languedoc : « A partir de  l’AOC Languedoc, construisons enfin une vraie relation interprofessionnelle»
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ortée sur les fonds baptismaux en mai dernier après des années de gestation, l’AOC régionale Languedoc est, selon Jean-Benoit Cavalier, une opportunité unique de bâtir dans la région de Languedoc-Roussillon une vraie relation interprofessionnelle où producteurs et metteurs en marché défendent un intérêt commun.

Quelle était la nécessité de créer cette nouvelle appellation régionale ?

Cela tient au contexte de la production viticole régionale. Les AOC ne représentent que 15% de la production du Languedoc-Roussillon. Il y avait donc un risque de marginalisation de nos produits AOC. Le désintérêt des metteurs en marché pour les AOC illustre bien cet état de fait. D’où l’idée de créer un produit AOC référent, pour l’ensemble de la région afin d’offrir aux metteurs en marché un volume conséquent d’AOC d’une qualité maîtrisée.

Comment positionnerez-vous cette AOC régionale sur les marchés ?

Pour lancer cette nouvelle appellation, nous avons mis en place deux groupes de travail : l’un avec les œnologues, afin de définir le profil organoleptique idéal de l’AOC Languedoc. Sur la base des produits déjà existants, quatre profils de vin ont été sélectionnés et testés sur nos marchés export (Royaume-Uni, Etats-Unis, Japon..). L’idée était de cerner la façon dont nos produits étaient percus par les consommateurs sur ces différents marchés. Globalement, les quatre styles de vin proposés ont reçu un bon accueil avec un attrait un peu plus marqué pour deux des profils testés. L’autre groupe de travail était composé des responsables marketing des principaux metteurs en marché pour définir les éléments de communication de l’AOC Languedoc. Il y avait Castel, Val d’Orbieu, les Vignerons Catalans, Jeanjean… Il en ressort que nos points forts sont tout à la fois l’histoire viticole de cette région, son savoir-faire vigneron et sa récente modernité, sans oublier les valeurs de notre culture méditerranéenne. C’est sur ce registre que l’AOC Languedoc est attendue, avec pour autre impératif une implication de la production : toutes ces valeurs doivent être portées haut et fort par les producteurs.

La création de cette AOC régionale dont on parle depuis des années n’arrive-t-elle pas un peu tard ?

Je crois au contraire que plusieurs conditions sont aujourd’hui réunies pour réussir ce lancement. L’AOC Languedoc va démarrer au moment où la réforme des agréments va responsabiliser l’ensemble des acteurs de la filière. C’est une garantie supplémentaire pour le niveau qualitatif de cette appellation. Elle correspond également à une attente des metteurs en marché, ce qui n’était pas forcément le cas quand nous avons initié le projet. Enfin ce lancement survient alors que le Languedoc a acquis une certaine maturité en termes d’image. Nous sommes aujourd’hui une région viticole qui compte dans le monde. Enfin je pense qu’à travers cette appellation, nous pouvons arriver à construire cette relation interprofessionnelle qui fait encore défaut dans notre région. Sur ce projet très concret, où production et négoce ont des intérêts communs, on peut initier un véritable dialogue interprofessionnel.

La mise en place d’Intersud de France ne va-t-elle pas justement dans le sens du renforcement des relations interprofessionnelles ?

Malheureusement, la réalité de la discussion interprofessionnelle n’existe pas encore. Il faut que la filière apprenne à travailler ensemble. Comment justifier le financement de campagnes de promotion pour des produits achetés à un prix inférieur au coût de production ? C’est la négation même du fonctionnement interprofessionnel où les deux parties doivent trouver un intérêt commun. Si nous ne changeons pas, Intersud court à l'échec, car les esprits ne sont pas mûrs. Il ne sert à rien d’accélérer les choses quand ce n’est pas mûr. Commençons par fusionner le CIVL et le CIVR pour n’avoir qu’une seule interprofession pour les AOC de la région. L’AOC Languedoc est une bonne opportunité pour réussir cette fusion.

Le lancement de l’AOC Languedoc ne risque-t-il pas de se télescoper avec le déploiement de la marque ombrelle Sud de France, pour lequel un budget de 15M€ est prévu l’année prochaine ?

Aujourd’hui la marque Sud de France porte les couleurs d’une très grande diversité de produits régionaux : du tourisme à l’olive en passant par la sardine et le cassoulet. C’est une communication générale sur l’économie de la région, pour laquelle le vin est certainement un bon vecteur. Mais cela n’aura jamais la même efficacité qu’une communication ciblée sur nos vins. C'est la filière qui doit choisir ses cibles et qui doit déterminer ses priorités.

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