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Vignes : les générateurs anti-grêle essaiment en Bourgogne, questionnent à Bordeaux
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Le point sur la campagne 2015 de protection du vignoble avec Claude Berthier (directrice de l'ANELFA
Vignes : les générateurs anti-grêle essaiment en Bourgogne, questionnent à Bordeaux

Par Alexandre Abellan Le 21 juillet 2015
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Vignes : les générateurs anti-grêle essaiment en Bourgogne, questionnent à Bordeaux
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vec 840 générateurs de noyaux d’iodure d’argent répartis en France, l'Association Nationale d'Etude et de Lutte contre les Fléaux Atmosphériques (ANELFA)  affiche une hausse de 17 % de son nombre de diffuseurs par rapport à 2013. Un développement en urgence qui s'est clairement fait en réponse aux orages de grêles qui ont secoué le vignoble en 2013 et 2014

 

Touchée de manière répétée, la Bourgogne a rapidement monté son association départementale, partie de la Saône-et-Loire et désormais étendue à la Côte d'Or. « On y est passé de 0 générateur en 2013, à 53 en 2015. C'est assez rapide en terme de délai ! » souligne Claude Berthet, la directrice de l'ANELFA. Visiblement impressionnée par la motivation du vignoble bourguignon, elle l'est encore par sa facilité à trouver un modèle de financement. Porté par la Confédération des Appellations et des Vignerons de Bourgogne (soit l'ensemble des syndicats viticoles), le projet a pu être monté en un temps record.

Une prouesse qui n'est pas insignifiante, tant il apparaît que l'enjeu du financement reste une limite à l'extension du réseau de protection dans les vignobles d'Indre-et-Loire (Vouvray avait été ravagé en juin 2013), du Lot-et-Garonne (la Dordogne vient juste de lancer son réseau), de Savoie... Voire une source de tension et d'incompréhension pour des réseaux établis, comme en Gironde. Utilisant 110 générateurs, le réseau bordelais fait face à des difficultés budgétaires depuis 4 ans, son principal financeur, le Conseil Général, ayant refusé d'augmenter sa subvention suite à la hausse des matières premières nécessaire à la solution (notamment de l'argent).

L'association girondine (ADELFA 33) en a appelé aux syndicats viticoles, leur proposant une cotisation d'un euro par hectare protégé. La position de la filière sur la question n'est pas encore arrêtée, l'audit diligenté par le Comité Interprofessionnel des Vins de Bordeaux (ainsi que le département et la région) ayant été présenté le mois dernier. N'ayant eu accès qu'aux grandes lignes de l'audit, Claude Berthier reconnaît que « l'on sait que le dispositif actuel n'est pas parfait, mais on sait qu'il n'y a pas mieux qui soit proposé par la science ! D'après les grêlimètres, le système permet de réduire de l'ordre de 50 % les chutes de grêle*. »

 

L'ANELFA a recours à un dispositif de lutte contre la grêle par ensemencement d'iodure d'argent depuis le sol, ce qui, selon la littérature, a pour effet l'augmentation des concentrations en cristaux de glace et l'abaissement du niveau moyen de congélation. Pour protéger une surface donnée, l'ANELFA estime qu'il faut au bas mot une quinzaine de générateurs. Un maillage coûteux, dépassant les 2 000 euros par diffuseur, en coût de maintenance et d'approvisionnement, pour 18 alertes par an (soit le nombre d'alertes moyen en Gironde).

 

 

* : Plaque de polystyrène, les grêlimètres permettent de mesurer l'énergie cinétique d'un grêlon lors de sa chute (ce qui est relié à sa taille et au nombre de grêlons).

 

 

[Photo de Claude Berthier : ANELFA]

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Tous les commentaires (1)
Jean Barciet (EX Chambre d\'Agriculture de l\'H?rault, E.R.) Le 26 juillet 2015 à 22:15:53
C'est quand même curieux,la permanence de cet espoir quand on sait depuis cinquante ans, qu' on ne peut pas diminuer suffisamment l'énergie cinétique de la grêle pour éviter des dégâts au vignoble, la vigne étant plus ou moins détruite avec une énergie inférieure à celle qui résulte de l'action des noyaux d'iodure sur la diminution de la taille des grêlons. L'ANELFA devrait retrouver dans ses archives les résultats de l'expérimentation "Grossversuch" qui dans les année 60 a regroupé la France , l'Italie et la Suisse, pour étudier l'impact de la lutte anti-grêle en envoyant à l'intérieur même des nuages "grêligènes", repérés et suivis par radar des missiles sol-air ou air-air,remplis d'iodure, système plus performant que les générateurs au sol. Les résultats ont été hélas décevants. Ce qui est surprenant, c'est que les mêmes arguments et les mêmes propositions qu'avant cette expérimentation,qui semblait avoir conclu à la relative inefficacité du procédé, soient repris tels quels. L'espoir fait vivre paraît-il, mais dépenser de l'argent inutilement est quand même une attitude curieuse:il n'y a plus de paysans!
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