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Véraison
De l'azote foliaire pour plus de thiols variétaux

Par Juliette Cassagnes Le 11 juillet 2008
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De l'azote foliaire pour plus de thiols variétaux
L
'apport d’apport d’azote foliaire à la véraison est intéressant pour enrichir les moûts en azote assimilable. Elle permet d’améliorer le niveau aromatique des vins en les rendant plus fruités, notamment par une augmentation de la quantité de thiols variétaux.

« L’apport d’azote foliaire à la véraison permet de modifier le statut azoté de la grappe de raisin pour apporter plus de fruité au vin, sans pour autant modifier le statut azoté de la plante » résume Thierry Durfourcq, ingénieur viticole à l’Ifv Midi-Pyrénées. Cette technique est intéressante pour les vignerons qui cherchent à élaborer des vins fruités, légers, à boire jeunes. « L’apport d’azote foliaire au moment de la véraison correspond à une période où l’azote est absorbé par la plante puis redistribué vers la grappe, et moins pour la croissance végétative de la vigne ».
Il en résulte des moûts plus riches en azote assimilable, qui donnent eux-mêmes des fermentations « plus franches ». Un raisin contenant à l'origine 80 mg/L d’azote assimilable, soit un niveau de carence moyenne, contient après pulvérisation de 10 unités entre 120 et 140 mg/L , « soit un gain compris entre +50% et +100% d’azote assimilable dans le moût » précise le spécialiste. Cette technique peut s’avérer efficace pour les moûts qui sont naturellement carencés en azote.

Des effets secondaires

Mais son objectif premier reste « d’améliorer le fruité des vins », les moûts enrichis en azote assimilable entraînant la production de certains composés fermentaires, donnant des vins plus aromatiques. « L’apport d’azote foliaire augmente notamment la teneur en thiols variétaux, qui sont très recherchés par le marché » précise l’expert. Ces résultats ont été obtenus après dégustation sur vins blancs issus de colombard et sauvignon, ou sur rosés issus des cépages négrette et merlot. « Nous avons constaté qu’une pulvérisation d’azote avec une petite quantité de soufre associée donne des résultats encore plus intéressants. Que le moût soit fortement, moyennement ou non carencé, si l’objectif est de faire plus de thiols variétaux dans les vins, on y parvient en faisant des associations azote plus soufre en foliaire », ajoute Thierry Durfourcq.
La pulvérisation d'azote foliaire au moment de la véraison permet aussi d'enrichir les moûts naturellement carencés en azote, lié notamment à l'enherbement inter-rangs (© JC)
Sur la méthode, le conseiller préconise un apport d'azote sous forme d’urée, à raison de 10 unités d’azote/ha, en deux passages, soit 5 unités/ha par passage, et à sept jours d’intervalle environ. Mais la technique demande aussi quelques points de vigilance. A commencer par le risque de brûlures des feuilles par l’urée : « il faut donc faire attention aux concentrations des bouillies en urée, prévient le spécialiste. Cela passe par 2 choses : la première, une concentration de 2,5%, et un mouillage important du feuillage, qui facilitent l’application. Deuxième point: je recommande une application entre 200 L et 400 L/ha, en début ou fin de journée ».

En cas d’apport associé avec du soufre, il existe aussi un risque en cas de surdosage de soufre, de présence de composés réducteurs, provoquant la réduction des vins.  Thierry Durfourcq conseille de ne pas dépasser plus de 10 kg/ha. Quant au risque de développement de botrytis, « des baies enrichies en azote et dont l’état sanitaire est dégradé peut effectivement favoriser le développement plus rapide du champignon ».


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