LE FIL

Gain de surface foliaire exposée de 30 à 40%

Jeudi 15 février 2007 par Nathalie Petit

Dans le but d'améliorer le rapport feuille/fruit, le mode de conduite Scott Henry expérimenté par l'Institut technique de la Vigne et du Vin dans le Gers se révèle intéressant. Résultats de 5 années d'essais.


Le principe du mode de conduite Scott Henry est une division verticale du feuillage dans le plan de palissage. Le tronc est divisé en deux bras disposés sur deux fils fixes séparés en hauteur de 20 cm. Les rameaux issus du bras installé le plus près du sol sont maintenus palissés vers le bas par deux fils mobiles, ceux issus de l'autre bras sont maintenus en position verticale par deux autres fil. Dans les essais, la charge laissée à la taille se situait entre 12 et 15 bourgeons par pied. » (© Institut Technique de la Vigne et Du Vin, Midi Pyrénées)
Le mode de conduite Scott Henry permet d'améliorer la qualité technnologique des raisins, par rapport à un système traditionnel de la vigne en espalier (taille Guyot). Ce mode de conduite déployé originaire des Etats unis, a été testé pendant 5 ans par la station régionale Midi Pyrénées de l'Institut technique de la Vigne et du Vin (Itv). Thierry Dufourcq, ingénieur à l'Itv, avait en charge ce dossier, au domaine de Mons, dans le Gers: « L'objectif de cette expérimentation était de proposer une solution pour augmenter le rapport feuille/fruit, dans les mêmes conditions de production, sachant que les vignerons dans le Gers ont des niveaux de production assez élevés. » Avec le Scott Henry, les viticulteurs conservent le même type de palissage que celui en place actuellement, auquel il suffit seulement de rajouter un fil.

Ajouter un fil  au palissage en place 

Le principe du mode de conduite Scott Henry est d'utiliser une division verticale du feuillage dans le plan de palissage, la moitié des rameaux est orientée vers le haut, l'autre vers le bas. « Le tronc est divisé en deux bras disposés sur deux fils fixes séparés en hauteur de 20 cm. Les rameaux issus du bras installé le plus près du sol sont maintenus palissés vers le bas par deux fils mobiles, ceux issus de l'autre bras sont maintenus en position verticale par deux autres fil. Dans les essais, la charge laissée à la taille se situait entre 12 et 15 bourgeons par pied », précisent les diffférents intervenants de l'Itv (*).
L'avantage principal réside dans le gain de surface foliaire exposée de 30 à 40%. « A cela s'ajoute le fait qu'avec une division verticale, nous avons une meilleure aération des grappes pour le même niveau de charges par rapport à une conduite Guyot », développe Thierry Dufourcq. « Il est constaté une amélioration du micro climat lumineux à l'intérieur de la végétation. »
Les essais ont été conduits sur deux cépages, le Colombard, à savoir celui qui est le plus planté dans le Gers et le Merlot afin de voir s'il était possible d'élargir à des cépages rouge, à d'autres régions viticoles éventuellement intéressées.

Pour produire un vin fruité, léger, à faible surface foliaire

Ce système de conduite demande une bonne vigueur et une bonne alimentation hydrique. « C'est un enseignement que nous avons tiré de ces essais, les vignes vigoureuses semblent plus adaptées pour optimiser la répartition de la végétation », souligne le spécialiste. « Là où nous avons testé le Colombard, les conditions de contrainte hydrique relativisent l'intérêt du système Scott Henry. Sur des sols en contrainte, avec un rapport feuille/fruit maîtrisé, on n'a pas intérêt à adopter ce mode de conduite. »
La première crainte des vignerons vis à vis de ce mode de taille concerne en priorité les risques de développement du mildiou du fait que la végétation aille jusqu'au sol. « Nos essais sont formels », assure Thierry Dufourcq. « Nous avons suivi cela de très près lors des essais et dans la mesure où la vigne est correctement protégée, nous n'avons pas observé de différences d'état sanitaire entre les deux modes de conduite. D'autant que le palissage vers le bas n'est réalisé qu'à partir de fin juin, début juillet où les risques majeurs à mildiou sont passés. Je pense par contre que la contrainte la plus forte de cette conduite se situe sur le plan de la main d'oeuvre », complète Thierry Dufourcq. « Le mode de conduite Scott Henry nécessite de réaliser les opérations de palissage en deux temps : la séparation de la végétation avant floraison. Après floraison, un second relevage est effectué ainsi qu'un baissage définitif de la végétation. » De plus, elle réclame une certaine technicité, et le vigneron doit être précis au moment où il passe.
En terme de conséquences sur le produit final, les dégustations n'ont pas mis en avant de différences significatives entre les deux modes de conduite. « Toutefois, les niveaux de sucres et d'antocyanes ont été supérieurs dans les raisins issus des vignes « Scott Henry », le niveau de maturité des raisins s'étant trouvé amélioré pour le Colombard conduit en Scott Henry par rapport à la taille Guyot. »
Ce mode de conduite reste cependant expérimental dans la région.«  Techniquement, il est possible d'arriver au même rapport feuille/fruit avec le mode traditionnel Guyot. Cela peut toujours intéresser le cas particulier des vignes larges », souligne Thierry Dufourcq. Par ailleurs, il reste persuadé que c'est un système intéressant, mais plutôt dans une démarche de plantation. « C'est un système de conduite assez technique qui correspond à un vigneron souhaitant produire un vin fruité, léger, à faible surface foliaire. On n'est pas dans cette démarche là en France aujourd'hui, même dans des zones géographiquement consacrées aux vins de pays. Sur le domaine, je continue à entretenir la vigne, pour voir comment les pieds vont vieillir et la vigne va se comporter au fil des années avec la conduite Scott Henry. »


(© Institut Technique de la Vigne et Du Vin, Midi Pyrénées)


Source : « Adaptation des modes de conduite Scott Henry et Smart-Dyson dans le vignoble de Gascogne sur cépages Merlot N et Colombard B », Thierry Dufourcq, Laure Gontier, Eric Serrano, de l'Itv France, station régionale Midi Pyrénées, Nathalie Ollat, Urefv Inra, Villenave d'Ornon (33)

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2018 - Tout droit réservé