LE FIL

Moins de vers de terre dans les sols de parcelles bio

Lundi 11 juin 2012 par Juliette Cassagnes

Des parcelles conduites en viticulture biologique depuis 17 ans présentaient moins de vers de terre que des parcelles en conventionnel. C'est l'un des résultats qui ressort d'une thèse sur les effets des pratiques agricoles sur la qualité des sols viticoles en Languedoc-Roussillon.

Impact de la viticulture biologique sur la qualité du sol
Le travail du sol réalisé en viticulture biologique provoque un déclin des populations de ver de terre. (© Terre-net Média)

Une étude sur les effets à long terme de la viticulture biologique sur le fonctionnement des sols a été conduite, en 2009, par Patrice Coll, ingénieur agronome, dans le cadre d’une thèse. Ce dernier a suivi 24 parcelles d’une même zone pédoclimatique (Aude), dont 10 étaient conduites en viticulture conventionnelle et 14 en viticulture biologique depuis des dates de conversion différentes (1991,1997 et 2001). Les pratiques culturales étaient les mêmes pour l’ensemble des parcelles avant la conversion à la viticulture biologique, de même qu’elles étaient identiques pour les parcelles bios après conversion. Pour chaque parcelle, l'ingénieur a évalué la qualité des sols à l’aide d’indicateurs physiques, chimiques et biologiques, vers de terre notamment. Les vers de terre, « des ingénieurs des écosystèmes »
Les trois catégories de vers de terre
Les trois catégories de vers de terre (© Daniel Cluzeau - université de Rennes1 )
Parmi les résultats obtenus, celui sur la diminution importante de l’abondance des vers de terre est l’un des plus marquants. En effet, 17 ans après conversion, « la viticulture biologique a conduit à une diminution significative de l’abondance de vers de terre "endogés", de 65 % », indique* Patrice Coll.
Sur les parcelles en conventionnel, 12,5 vers de terre par m² ont en effet été prélevés, contre 4,4 pour les parcelles en bio converties depuis 17 ans. Les parcelles en bio depuis 7 et 11 ans ont révélé respectivement 6,9 et 6,1 vers de terre par m², soit moitié moins qu'en conventionnel.
Or, les vers de terre, considérés comme « des ingénieurs des écosystèmes », jouent des rôles prépondérants dans la structuration du sol, en créant des agrégats, la rétention et l’infiltration de l’eau et la décomposition de la matière organique.
« Ce n’est pas la viticulture biologique mais le travail du sol réalisé en viticulture biologique, plus fréquent et plus profond qu’en viticulture conventionnelle, qui a eu un effet négatif marqué sur les vers de terre endogés, commente l’ingénieur agronome. Toutefois, la tendance à l’augmentation de la compaction et de la teneur en cuivre disponible ont contribué à des modifications de l’état physique et chimique du sol, préjudiciables pour le fonctionnement du sol ».

Dans l’expérimentation, les parcelles conduites en bio totalisaient 18 passages de tracteur par an, contre 14 pour les parcelles en « conventionnel ». Le travail du sol effectué sur les parcelles bio était aussi effectué de façon plus profonde, à raison de 25 cm dans l’interrang, au lieu de 15 cm pour celui de l’interrang conduit en conventionnel.

Pour aller plus loin : télécharger la fiche « Mieux connaître le rôle des lombriciens dans le fonctionnement du sol » - Daniel Cluzeau - université de Rennes1 UMR EcoBio : daniel.cluzeau@univ-rennes1.fr - ou sur http://ecobiosoil.univ-rennes1.fr/OPVT_documents.php

 


* Propos tirés des actes de la 5ème journée scientifique organisée par l'Institut des hautes études de la vigne et du vin (Ihev), à Montpellier, le 5 avril 2012. L’intervention de P Coll avait pour thème : « Quels effets à long terme de la viticulture biologique sur le fonctionnement du sol ? »

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