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Vent supérieur à 19 km/h = pas de traitement phytosanitaire des vignes

Mardi 20 mai 2014 par Alexandre Abellan

Vent supérieur à 19 km/h = pas de traitement phytosanitaire des vignes

Stupeur, frayeur et colère ont saisi le vignoble bordelais à l'annonce, ce début mai, de l'intoxication aux produits phytosanitaires d'élèves de l'école de Villeneuve-de-Blaye. S'insérant dans le damier des parcelles de vignes, l'établissement scolaire a été soumis le 5 mai à la dérive d'un traitement phytosanitaire anti-mildiou et oïdium, entraînant de fortes nausées et toux des écoliers. Si depuis le 6 mai ces élèves ne souffrent plus d'aucun symptômes, les services de l'Etat ont pris cet incident comme un coup de semonce. En guise de rappel à l'ordre, la Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt a rapidement dévoilé les premiers résultats de son enquête, estimant que « tout indique que l’épandage des produits à proximité de l’école s’est déroulé dans des conditions inappropriées, sans qu’aient été prises toutes les précautions pour le voisinage ».

La DRAAF en a profité pour rappeler le contenu de l’arrêté ministériel du 12 septembre 2006, qui « impose aux utilisateurs de produits phytopharmaceutiques autorisés de mettre en place des mesures pour éviter leur entraînement hors des parcelles ou des zones traitées ». En pratique, cela passe essentiellement par le contrôle de la vitesse du vent, à partir de 19 km/h (soit la petite brise de l'échelle empirique de Beaufort) tout traitement par pulvérisation ou poudrage est strictement interdit. Il est à noter qu'en ce début de végétation, les risques de dérive sont accentués par la faible surface d'interception des produits.

Alors qu'un arrêté sur les épandages de produits phytosanitaires est en cours de rédaction, la préfecture annonce d'ores et déjà une campagne de sensibilisation des agriculteurs girondins sur les bonnes pratiques d'épandage, ainsi que l'ouverture d'une réflexion pour protéger les sites sensibles (« haies brise vent, barrières de protection, adaptation des horaires de traitement... »).

 

 

[Photo : IRSTEA-ITAP]

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VOS RÉACTIONS
LG Le 29 mai 2014 à 12:06:42
Je reste dubitatif. Qui relève que dans les années 60, 70 et 80 les vignes étaient largement plus traitées qu'aujourd'hui, avec des produits plus toxiques, et qu'on n'avait pas de telles intoxications ? Il faut savoir que l'institutrice est opposée au maire de Villeneuve, qui est une des viticultrices impliquées.
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