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Les pépinières viticoles sont dispensées de traitement si dans un rayon de 500 mètres...
Mesure de précaution et précaution mesurée : traitement à l'eau chaude et flavescence dorée

Par Alexandre Abellan Le 22 janvier 2014
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Mesure de précaution et précaution mesurée : traitement à l'eau chaude et flavescence dorée
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ublié le 31 décembre 2013 (et abrogeant le texte de 2003), l'arrêté ministériel contre la flavescence dorée encadre notamment la lutte dans les pépinières françaises (visées par 10 articles sur 24). Dans les vignes mères de greffon et de portes-greffea, les traitements à l'eau chaude comme mesure de précaution semblent en passe d'être généralisés. L'article 21 impose notamment le traitement à l'eau chaude de « tout matériel de multiplication » en cas de « risque de contamination » par des « ceps de vignes situés à proximité ». L'article 23 dispense les pépinières de traitement s'il n'y a pas eu d'infection dans « un rayon de 500 mètres autour de la parcelle de vignes mères » et qu'a été assuré « une surveillance par ou sous le contrôle d'un organisme à vocation sanitaire reconnu ».

Si le traitement à l'eau chaude (le matériel végétal est soumis pendant 45 minutes à de l'eau chauffée à 50°C) permet de détruire le phytoplasme de la flavescence dorée, il entraîne des pertes de plant à la reprise qui peuvent s'avérer lourdes économiquement (cliquer ici pour en savoir plus). Ce ne peut de plus être qu'un outil préventif, et non une solution définive. Conseiller viticole à l'ADAR de Pauillac, Vincent Delbos estime que le « traitement à l'eau chaude devait être étendu à l'échelle de tout un bassin viticole pour espérer être efficace. Et encore, cela ne garantit rien contre une infection extérieure, par la cicadelle » (cliquer ici pour lire son interview).

Prenant acte du recours renforcé au traitement à l'eau chaude (la profession ayant été partie prenante dans la rédaction de l'arrêté), David Amblevert (président de la Fédération Française de la Pépinière Viticole) rappelle cependant que les pépiniéristes ont déjà « l’obligation de protéger [leur] outil de production ». Il suggére, et demande, à la filière et à l'administration « de renforcer la prospection dans les vignobles, veiller au bon positionnement des insecticides, s’assurer de l’efficacité des produits et renforcer la lutte contre les vignes abandonnées ».

 

 

[Illustration : Traitement du matériel à l’aide d’une unité de traitement à l’eau chaude de type RECS, Revue suisse Viticulture, Arboriculture, Horticulture]

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