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Bordeaux : les producteurs travaillent à une organisation du marché du vin en vrac

Par Vitisphere Le 04 mai 2010
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Bordeaux : les producteurs travaillent à une organisation du marché du vin en vrac
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oins visible et moins côté que le marché des vins en bouteilles, le marché du vin en vrac redore son blason : vins premium vendus en vrac à l'export pour diminuer les coûts de transport et la facture carbone, modification des contraintes logistiques dans les échanges avec la grande distribution... de nombreux courants d'affaires lui sont favorables. Mais dans le même temps, le marché du vrac reste essentiellement un marché de prix où la baisse des cours amène aujourd'hui les viticulteurs à travailler à perte, constate César Compadre dans les colonnes de Sud-Ouest. A Bordeaux aussi, la production en prend conscience et le vrac n'est plus seulement l'affaire du négoce (pour relire notre dossier, Marché international du vin en vrac : menace ou opportunité pour les vins français ?, cliquez ici).
Le vrac représente aujourd'hui 51 % des volumes mis en marché par le vignoble bordelais, 80 % de ces volumes sont mis en marché par les courtiers de la place de Bordeaux. C'est le syndicat des courtiers qui arrête chaque lundi le cours du vrac. Il en résulte une offre éclatée et une famille professionnelle production pas du tout organisée pour affronter les problématiques de vrac. Au sein de cette famille, la coopération représente 25 % des volumes du vignoble bordelais et son "inorganisation (...) ne fait pas de cette famille de producteurs un élément stabilisateur du marché" précise le quotidien bordelais.
Les enjeux sont de taille, en particulier pour l'AOC régionale de Bordeaux qui représente la moitié de la production bordelaise en volume et écoule 70 % de ses volumes en vrac. La problématique s'étend au-delà du seul vignoble bordelais, puisque 58 % de la production du Bergeracois trouve son débouché en vrac.
« L'inorganisation du marché porte préjudice à la filière et tout le monde y perd. Depuis des mois, les cours dévissent sans explication rationnelle », regrette Bernard Farges, président des AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur, « En Champagne ou en Alsace, les deux vignobles français s'en sortant le mieux, le marché fait l'objet de discussions au sein de l'interprofession, sans que l'on y fixe les prix, ce qui est évidemment interdit. En Bordelais, ce dialogue n'existe même pas ».
Problématique commune ? A leur niveau le plus bas en 2009, les cours du bordeaux rouge 2009 sont inférieurs à ceux du bergerac rouge 2009. Faute d'avoir trouvé un accord pour s'unir dans un bassin de production Atlantique commun (pour relire l'interview de Jérôme Despey à ce sujet, cliquez ici), Bergerac et Bordeaux cherchent des solutions chacun de leur côté. Côté Bordelais, des Collectifs de viticulteurs se sont formés dans le Sud de la Gironde et dans le Libournais. « Nous espérons être prêts en septembre », précise Bernard Farges, alors que les orientations retenues sont déjà claires : déclassement des vins d'AOC en-dessous d'un certain prix et regroupement de l'offre pour une meilleure cohérence et un positionnement plus clair de cette dernière. Il faudra toutefois concilier le regroupement de l'offre avec le travail des négociants en vrac, qui détiennent pour le moment les clés du marché.

[ Source : Sud Ouest ]
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