ans son domaine La Commanderie de Cotelier à Saint‑Gilles (Gard), la vigneronne Ludivine Verlaguet travaille depuis un an et demi sur une démarche qu’elle juge essentielle pour l’avenir de sa profession : afficher un prix juste, transparent et assumé. Membre du groupement Vins et Territoires né en 2021, elle refuse de céder au découragement dans une filière viticole en crise et veut redonner du sens à la valeur d’une bouteille.
« Le but, c’est de co‑construire un prix avec nos distributeurs, qui soit rémunérateur pour le producteur et acceptable pour le consommateur », explique-t-elle. Une philosophie qu’elle rapproche volontiers de l’initiative "C’est qui le patron ?" (qui s'était un temps essayer aux vins, sans le succès escompté). Pour elle, chaque bouteille doit raconter le travail qu’elle représente : « Derrière chaque bouteille, il y a un vigneron et des heures de travail. L’idée, c’est aussi que le consommateur puisse faire un choix éclairé. »
Avec l’appui de Vins & Territoires, Ludivine Verlaguet a calculé précisément ses coûts de production afin de proposer un tarif cohérent. Résultat : une bouteille vendue moins de 6 € TTC au consommateur, tout en couvrant les charges du domaine. "C'est un essai. On verra si cela fonctionne et on dupliquera alors la démarche chez les autres vignerons du groupement qui le souhaitent".
L’expérimentation est pour l’instant menée uniquement sur son exploitation, mais les premiers retours sont encourageants. « Nous avons eu des échanges sur le salon avec les centrales d’achat. Le projet est bien accueilli, ça interpelle. Ça ne fonctionnera que si tout le monde joue le jeu », souligne-t-elle.
Pour rendre la démarche visible, trois étiquettes accompagnent désormais chaque bouteille : la première porte le message "À ce prix on vit", la seconde raconte l’histoire et présente les portraits des vignerons, et la troisième propose une citation littéraire sur le vin, pensée pour être conservée — en marque‑page, par exemple.
Un dispositif simple, lisible, qui vise à reconnecter le consommateur au producteur et à rappeler qu’un prix juste est aussi une condition de survie pour les domaines viticoles.




