iticulteur sur deux exploitations de 40 ha chacune à Gaillac, dans le Tarn, Damien Vialard prétaille ses vignes depuis des années. En 2025, lorsqu’il renouvelle sa machine, il acquiert une prétailleuse Clemens à ouverture automatique au passage des piquets et Isobus, une technologie dont Clemens lui vante l’intérêt mais qu’il aura un peu de mal à mettre en route.
« Je possède deux Fendt Vario, dont un compatible Isobus, indiquetil. Mais ce tracteur n’était que précablé pour l’Isobus, il n’y avait pas la prise ni le faisceau de câbles correspondants. Ça a été un peu compliqué de tout activer, mais nous avons fini par trouver un moyen. »
Depuis, l’Isobus a tenu ses promesses. « Nous avons tous les réglages de la prétailleuse sur le joystick du Fendt : mise en route, hauteur de travail, correction du devers et ouverture au passage des piquets en cas de besoin, et l’affichage des fonctions sur l’écran du tracteur, témoigne le vigneron. On n’a pas de joystick ni d’écran supplémentaires en cabine pour piloter la prétailleuse. Une fois que la machine est branchée, l’électronique Clemens met la prétailleuse en relation avec le tracteur et on n'a plus qu’à mettre l’hydraulique en route. »
Après un an d’utilisation et 150 ha de vignes prétaillées sur ses deux exploitations et en prestation de service, le bilan est positif.
Benjamin Mast, salarié de Damien Vialard, est également de cet avis. Outre le gain de place en cabine, il apprécie la simplicité de branchement. « Nous faisons aussi de la taille rase avec une machine qui n’est pas Isobus. Derrière cette machine, nous trainons une remorque qui embarque deux tailleurs pour la repasse manuelle. Pour commander le tout, il nous faut raccorder les sept distributeurs hydrauliques du Fendt et installer un joystick supplémentaire en cabine. Avec la Clemens, je n’ai que deux flexibles à brancher et la prise Isobus. Ça aussi, ça simplifie les choses. »
Il se dit aussi ravi de l’ouverture automatique aux piquets. « Je roule à 8 km/h, précise-til. Ça détecte tous les piquets, qu’ils soient en bois ou en fer. Mais le matin, quand c’est humide, il arrive que la caméra s’encrasse. Il faut alors descendre du tracteur pour la nettoyer. » Un moindre mal.
D'après Sébastien Dhugues, commercial au sein des concessions Fourcade dans le Gers et le TarnetGaronne, l’intérêt de l’Isobus est le gain de place en cabine, mais aussi la simplicité d’utilisation. L’an dernier, il a eu l’occasion de rogner avec une Collard deux rangs Isobus accrochée à un Fendt 210P dans les vignes de son patron.
« Le chauffeur choisit les fonctions qu’il attribue aux différents boutons du joystick 3L Fendt, décritil. Ensuite, pour se rappeler de la fonction de chaque bouton, il n’a qu’à regarder l’écran du tracteur. C’est vraiment intéressant et utile lorsqu’un chauffeur qui n’a pas l’habitude de la machine prend les commandes. »
Guillaume Fourcade, dirigeant de la concession, estime que cette simplicité d’utilisation s’inscrit dans l’ère du temps. « Les exploitants ont de plus en plus de mal à trouver des chauffeurs. Avec l’Isobus, il est plus facile de recourir à de la maind’œuvre peu ou pas qualifiée. » Reste que l’heure n’est pas à l’investissement.
Depuis 2020, Fendt propose l’Isobus sur ses tracteurs viticoles en version Profi et Profi+. Mettre en Å“uvre cette technologie nécessite un câblage et une prise que le constructeur propose soit en option d’usine, soit en kit à installer soimême, et facturé 827 €.


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