es vins blancs représentent aujourd’hui 13 % des volumes de vins commercialisés des appellations de la vallée du Rhône, à égalité avec les vins rosés. Les vins blancs poursuivent leur progression dans le bassin de production rhodanien, « et ce n’est que le début », appuie Philippe Pellaton, le président de l’interprofession des vins de la vallée du Rhône (Inter Rhône), ce 10 février sur Wine Paris. « La stratégie ‘Rhône in White’, visant à décliner l’ensemble de l’offre des appellations rhodaniennes, se poursuit avec la validation de la production d’une déclinaison en blanc pour l’ensemble des 21 appellations communales des Côtes du Rhône, il n’y en avait que 10 jusque-là », poursuit celui qui préside également la coopérative gardoise Maison Sinnae.
En outre, « les crus Rasteau, Vinsobres et Baumess-de-Venise ont également demandé la validation de leur cahier des charges de production en blanc », ajoute le président d’Inter Rhône lors d'une conférence de presse. L'occasion de dévoiler ouvertement la création « d’une marque collective privée, ouverte à tous ceux qui veulent l’intégrer, pour une bulle du Rhône ». Sur le modèle de marque collective créée il y a deux ans par les voisins des IGP du Gard, cette marque rhodanienne sera dotée « d’un cahier des charges consultatif mais non-engageant », loin des sentiers battus (et trop longs) de la création d’un cahier des charges d’indication géographique validé par l’Institut National de l'Origine et de la Qualité (Inao). Philippe Pellaton pèse d’ailleurs ses mots lors de cette annonce en sachant que l’institut d’origine veille au grain.
« Nous travaillons sur un nom englobant. Il fera référence au Rhône et son vignoble, sans le mentionner ouvertement », enchaîne le vigneron de Laudun. Alors qu’une première cuvée est déjà prévue pour un lancement en début d’été 2026, par Maison Sinnae justement, cette marque collective sera portée par une association à laquelle pourront adhérer tous les producteurs désireux d’exploiter ce qui se présente comme une marque ombrelle. « Elle ne nécessitera pas de modification d’étiquette, on s’oriente vers une coiffe amovible à ajouter sur les cols », précise Philippe Pellaton, « pour des bouteilles à vendre autour d’une dizaine d’euros, à la convenance de chacun ». Si la mention IGP Méditerranée permet la production de vins effervescents et pourra être utilisée dans les départements concernés (Ardèche, Drôme, Vaucluse, mais pas le Gard), la marque permettra d’intégrer également des vins sans IG.
S’il est encore trop tôt pour établir des objectifs de production pour cette marque en prégnance, le président d’Inter Rhône ne veut pas non plus froisser les régions déjà productrices de bulles en promettant de « ne pas les concurrencer mais plutôt compléter l’offre ». C’est d’ailleurs des vins élaborés sur une base de grenache noir que le cahier des charges recommande, un moyen de poursuivre le délestage d’une offre de vins rouges qui ne représente plus aujourd’hui que 74 % des volumes des appellations rhodaniennes. « Nous sortons d’une très petite récolte 2025, environ 2 millions hl, -7 % par rapport à l’an dernier, très loin des 3 millions hl réalisés il y a encore 10 ans », situe Philippe Pellaton.
La part des vins rosés recule également, 13 % des volumes, pour la première fois à égalité avec les vins blancs, « avec des difficultés, car c’était 20 % des volumes dans un passé proche, mais il n’y a pas de stocks de vins rosés qui pourraient peser ». Les stocks sont justement l’aspect sur lequel la petite récolte 2025 a un impact positif, alors que les sorties de chais de la campagne, 2,2 millions hl (-5 %), sont encore supérieures à la récolte. « Les stocks sont repassés à moins d’un an, une tendance plus favorable à la stratégie de valorisation de nos vins rouges ». Commercialement, cependant, le recul de l’export perdure, encore -5 % cette année avec des situations variables selon les appellations, « entre 650 et 700 000 hl alors que nous étions au million d’hl exporté il y a 15-20 ans », pose Philippe Pellaton, qui décrit un contexte difficile pour toute la filière à l’export. La volonté de poursuivre la diversification et les bulles s’inscrit donc dans une stratégie d’offre qui permettra à la vallée du Rhône de compenser les baisses de volume commercialisés par la valorisation.




