i les données exhaustives par grand pays exportateur de vin ne sont pas disponibles, une constante s’impose déjà : en 2025, les exportations de vin reculent de manière généralisée, à la fois en volume et en valeur. Seuls les vins effervescents font figure d’exception, continuant, dans la plupart des cas, à tirer leur épingle du jeu.
L’Australie impactée par la Chine et le Royaume-UniOuvrant le bal, Wine Australia a publié son rapport annuel dès janvier. Le constat est sans appel : -8 % en valeur et -6 % en volume, pour 6,13 millions d’hectolitres exportés. Principal responsable des reculs : la Chine, qui a mis fin à son cycle de restockage suite à la levée des droits de douane punitifs, mais aussi le Royaume-Uni, en retrait sur les volumes. Evoquant une tendance de fond marquée par la déconsommation sur les principaux marchés du vin, Wine Australia souligne également l’impact des « barrières au commerce et conflits régionaux » qui ont « rendu l’accès aux marchés plus difficile et plus coûteux ». Revers positif de la médaille : les expéditions australiennes vers le Canada ont progressé de 12% en valeur, portées par le remplacement des produits américains par des origines alternatives.
Pivot salutaire vers l’Afrique pour les Sud-AfricainsLes exportateurs sud-africains dressent un constat similaire, avec une chute de 13,8% des volumes exportés en 2025, à 2,64 Mhl. S’ils invoquent les mêmes facteurs que leurs homologues australiens, ils se félicitent toutefois du quasi-maintien des valeurs (-2,4%), signe que les efforts engagés en faveur de la premiumisation commencent à porter leurs fruits. L’Afrique du Sud a dû toutefois composer avec un obstacle de taille l’an dernier : l’imposition par les Etats-Unis de droits de douane à 30%, contre 15% sur les exportations européennes, voire 10% pour certains autres pays. Dans ce contexte, le recentrage progressif sur d’autres marchés africains s’est avéré payant : « Ces marchés offrent des opportunités de croissance soutenue sur le long terme, notamment dans un contexte où les modes de consommation évoluent au niveau mondial », a souligné Siobhan Thompson, directrice de Wines of South Africa.
Résilience des effervescents sud-américainsLes pays exportateurs en Amérique du Sud s’inscrivent, eux aussi, dans cette dynamique de repli. Le Chili enregistre ainsi un recul de 8,4% de ses exportations en volume (6,86 Mhl) et de 4,2% en valeur au cours des onze premiers mois de 2025. La baisse est particulièrement marquée pour les vins en vrac, dont les expéditions chutent de 21,6% et de 17,2% en volume et en valeur respectivement. A l’inverse, les vins mousseux se montrent plus résilients, progressant de 6,3% et de 6,2% sur la même période. De l’autre côté des Andes, la trajectoire des effervescents argentins se révèle encore plus dynamique, avec une hausse de 13% en volume et de 13,8% en valeur sur l’année 2025. Cette hausse ne suffit toutefois pas à enrayer la régression globale des exportations argentines, en baisse de 6,8% en volume et de 7,2% en valeur l’an dernier, le prix moyen s’étant maintenu à 3,42 US$ le litre. Principale catégorie touchée là aussi par ces replis : les vins en vrac, perdant 13,6% en volume, comparé à un recul de 4,6% pour les expéditions conditionnées.
Vrac et vins de liqueur sauvent la mise en EspagneEnfin, en Europe, l’Espagne n’échappe pas au mouvement de repli globalement observé en 2025. Si les données annuelles n’ont pas encore été publiées, les chiffres sur onze mois montrent des pertes de 3% en valeur et de 1,8% en volume, à 17,54 Mhl. Il s’agit, en termes volumiques, du niveau le plus bas depuis neuf ans, à comparer aux 21,5 Mhl exportés en 2021. Toutes les catégories sont concernées, à l’exception des vins en vrac (+1,2% en volume/+5,1% en valeur) et les vins de liqueur (+5,3%/+4,4%). L’Espagne fait figure d’exception, en revanche, sur le segment des effervescents, dont les exportations baissent de 5,7% en volume et de 3,4% en valeur. Sur l’année mobile, les évolutions confirment cette tendance avec des pertes globales de 1,6% et de 2,1% en volume et en valeur respectivement. Autre fait notable : la Côte d’Ivoire a détrôné le Portugal à la quatrième place des pays acheteurs de vins en vrac espagnols.
L’Italie n’a pas encore publié de données officielles pour l’année civile 2025, mais les premières indications confirment également un recul, en valeur et en volume. Les exportations italiennes ont été particulièrement pénalisées par les droits de douane américains, les USA représentant environ un quart des volumes totaux. La France, impactée par le même phénomène, a connu des exportations « erratiques » en 2025 selon FranceAgriMer, pointant dans le même temps « une reprise importante en volume » sur certains marchés européens de taille moyenne, parallèlement à un repli des marchés asiatiques dans leur globalité.
Au-delà des disparités nationales, l’ensemble de ces données confirme un basculement des échanges mondiaux de vins, marqué par la contraction des volumes, la pression sur les valeurs et la nécessité de diversifier à la fois les positionnements et les marchés.




